Par contre, John Ford a collé à la réalité du moment en tournant «They Were Expendable», en pleine guerre du Pacifique.
Le monde du football est décrit d’une manière cynique dans «3 zéros» et celui du spectacle avec une touche de malice dans «Les grands ducs». «The Leading Man», qui se déroule dans les coulisses d’un théâtre, s’étale sur plus d’un registre tandis que Fernandel réussit à émouvoir dans «Le Schpountz» qui conte les déboires d’un pauvre type qui rêve de faire du cinéma...
Deux drames psychologiques, «Selon Matthieu» et «Term of Trial», suivent les méandres d’une vengeance et, enfin, du spectacle à l’état pur avec «Batman and Robin».
C’est à la cour de Louis XIV que se situe Le roi danse, et Gérard Corbiau aborde sous un nouvel éclairage les relations du roi et du compositeur Lully.
Encore adolescent, Louis XIV est un excellent danseur. Il s’enthousiasme pour la musique du jeune Italien Lully (Boris Terral), dont la fougue bouscule les règles des barbons académiques. La reine, sa mère, gouverne avec le cardinal Mazarin. À la mort de celui-ci, le roi (Benoît Magimel) décide de régner. Il impose sa marque en favorisant les arts, Lully devient le compositeur officiel, vouant à son maître un culte amoureux. Le roi, qui méprise les homosexuels, le tient à distance et lui ordonne d’épouser Madeleine (Cécile Bois), puis de collaborer avec Molière (Tcheky Karyo) pour composer de fastueux spectacles.
Mais Lully voudrait être le n°1 et ils vont jouer les Lennon-McCartney avec trois siècles d’avance. Ambitieux, le film de Gérard Corbiau traite trop de sujets à la fois. Si la prise de pouvoir du roi n’est pas escamotée, la passion amoureuse de Lully reste schématique, et le tout souffre d’un sérieux handicap: un Tcheky Karyo grimaçant qui défigure Molière.
Diffusion dimanche à 20h55 sur France 2
De la cour de Louis XIV passons aux coulisses du football, c’est le propos de 3 zéros, le film français de Fabien Onteniente.
Ce n’est pas un score comme vous le pensez, plutôt la définition des «héros» de cette comédie satirique sur les dessous du foot: le joueur prodige et naïf (Lorant Deutsch), son copain manager (Samuel Le Bihan), l’entraîneur légendaire (Gérard Lanvin) et l’as des magouilles (Gérard Darmon). À vous de choisir qui sont les trois zéros parmi ces quatre-là. Fabien Onteniente cultive un humour grinçant, les répliques font mouche et les comédiens s’amusent. Bien sûr, tout cela est pure imagination!
Diffusion dimanche à 21h00 sur Canal +
Leading Man de John Dugan est un film qui ne manque pas de charme, à part celui évident de Jon Bon Jovi, le chanteur dont c’est une des rares incursions à l’écran dans un rôle évidemment taillé sur mesure puisqu’il incarne un acteur américain, appelé à Londres pour participer à un spectacle théâtral. Il réussit à séduire tour à tour la femme négligée de l’auteur de la pièce qu’il doit interpréter et la vedette féminine qui est aussi la maîtresse de l’écrivain.
On ne sait pas trop s’il faut qualifier ce film de comédie noire ou de suspense dramatique. Quoi qu’il en soit, le résultat est divertissant et se laisse voir avec d’autant plus de plaisir que les deux vedettes féminines, Anna Galiera et Thandie Newton rivalisent de charme.
Diffusion dimanche à 00h30 sur Future TV
Après Michael Keaton et Val Kilmer, ce fut au tour de George Clooney d’endosser la tenue de Batman dans Batman & Robin de Joel Schumacher. Mais ce fut surtout Arnold Schwarzenegger la véritable attraction du film.
Une vague de froid s’abat sur Gotham City. Le responsable est Mr Freeze, un savant fou qui se livre à des expériences de cryogénisation pour conserver son épouse défunte jusqu’au jour où il pourra la ramener à la vie. Tombé dans le liquide réfrigérant, Mr Freeze doit sa survie à une combinaison qui le maintient à température négative mais qui nécessite pour son fonctionnement un carburant plutôt coûteux: le diamant. Armé d’un fusil qui transforme en pain de glace tout ennemi potentiel et avec la complicité de Poison Ivy, une femme au charme vénéneux, il veut s’emparer du plus gros diamant du monde. Batman et son fidèle Robin vont une fois de plus voler au secours de Gotham City. Avec, à leurs côtés, une nouvelle coéquipière, la délicieuse Batgirl. Pour ce quatrième opus, Schumacher, mieux inspiré que précédemment, joue la carte du spectaculaire, du foisonnement décoratif, du second degré. La composition de Schwarzenegger en méchant Mr Freeze vaut son pesant d’extravagance.
Diffusion lundi à 20h35 sur LBCI
Xavier Beauvois a réussi avec Selon Matthieu un film intelligent, bien ancré dans une réalité sociale. Une famille d’ouvriers, en Normandie. Son père étant brutalement licencié après une vie de travail acharné, Matthieu (Benoît Magimel) proteste avec véhémence auprès de la DRH de l’usine, puis tente de rameuter ses camarades. Tous se résignent, baissent les bras. Son propre frère (Antoine Chappey) reste passif, et ils finissent par en venir aux mains. Le père meurt. Convaincu qu’il s’est suicidé, Matthieu jure de le venger. Une idée germe dans sa tête: il va séduire la femme du patron de l’usine (Nathalie Baye), s’arrangeant pour la rencontrer au casino local, où il se fait passer pour un ingénieur des Eaux et Forêts. Mais au lieu d’une bourgeoise desséchée, il découvre une femme sensible, frémissante et tombe amoureux d’elle pour de bon...
Un film important, qui dénote chez Xavier Beauvois une intelligence aiguë du cinéma à travers la précision du montage et l’utilisation rigoureuse du cinémascope. C’est aussi la consécration incontestable de Benoît Magimel.
Diffusion lundi à 20h45 sur Arte
La truculence de Marcel Pagnol, chantre de la Provence, est dans Le schpountz au service d’une critique acerbe, portée par un Fernandel qui prouvait, à l’époque, qu’il était plus qu’un simple comique de pacotille.
Le film se déroule en 1938, entre la Provence et Paris, et conte les mésaventures d’un garçon épicier, un peu fada, qui rêve de devenir une vedette de l’écran. Victime d’une mauvaise farce, il saura pourtant en tirer profit.
Une satire cinglante des milieux cinématographiques, doublée d’une belle comédie de mœurs sur la France d’avant-guerre. À l’époque, un film mal accueilli. Aujourd’hui, un classique constellé de morceaux d’anthologie et l’une des plus mémorables créations de Fernandel.
Diffusion lundi à 20h55 sur France 3
Alors que Le schpountz critiquait le milieu du cinéma, Patrice Leconte dans Les grands ducs situe son film dans le milieu des gens de théâtre.
Victor Vialat, acteur sexagénaire de rôles secondaires, rencontre son ami Eddie Carpentier, un vieux séducteur qui court autant les femmes que les cachets. Ils apprennent qu’une tournée de la pièce de boulevard Scoubidou, comportant trois rôles d’hommes de leur âge, part dans le Midi. En cassant les prix, ils parviennent à se faire engager avec leur copain Georges Cox, personnage haut en couleur. Les premières représentations sont calamiteuses. De plus, le producteur, un escroc criblé de dettes, a souscrit une assurance sur l’actrice principale. Il tente de la trucider pour toucher la prime, mais le trio des grands ducs se met en quatre pour empêcher le carnage afin que le spectacle continue.
La satire est salutaire si elle ne s’encombre pas de caricatures. En choisissant de filmer des cabotins, Patrice Leconte en prenait le risque. Malgré son brelan de rois, sa surenchère de gags se retourne contre le projet. Dommage.
Diffusion jeudi à 20h55 sur France 3
They Were Expendable est certainement un des meilleurs (et aussi un des plus méconnus) films sur la guerre dans le Pacifique.
Le film porte une signature prestigieuse, celle de John Ford, et ce dernier a signé là un film néoréaliste, avant même l’utilisation de ce mot au cinéma.
Car pour décrire la vie des marins, à bord d’un torpilleur, John Ford obtint la permission de déplacer ses caméras à bord d’un véritable navire et non pas dans une reconstitution en studio.
Et, pour accentuer le réalisme de l’ensemble, John Ford donna le rôle principal du commandant du navire à l’auteur Robert Montgomery qui, justement, était engagé comme officier dans la marine.
On retrouvera, bien entendu, John Wayne, acteur fétiche de John Ford. Seul le général MacArthur refusa de jouer son propre personnage et fut remplacé par un comédien (Robert Barrat).
Aujourd’hui encore, cette authenticité est payante et le film a une véritable aura. Même s’il sacrifie aux impératifs hollywoodiens en incorporant une idylle entre John Wayne et une nurse incarnée par Donna Reed, John Ford le fait avec discrétion et pudeur.
Un grand film!
Diffusion jeudi à minuit sur LBCI
Deux monstres sacrés sont confrontés dans Term of Trial de l’Anglais Peter Glenville: Sir Laurence Olivier et Simone Signoret. Un couple inattendu mais qui fonctionne parfaitement dans cette sombre histoire d’un professeur timide, flanqué d’une épouse foncièrement antipathique, terrorisé par le directeur du collège, un homme sans cœur, et confronté à un élève brutal. Dans son univers, un rayon de soleil, une jeune étudiante qu’il rencontre lors d’un voyage à Paris.
Mais là aussi cette relation se retourne contre lui lorsqu’il est accusé par la nymphette de l’avoir violée.
Dans toute cette grisaille ambiante, où tous les personnages n’inspirent aucune sympathie, Term of Trial est à retenir comme un exemple du cinéma anglais des années 60, contestataire et iconoclaste.
Diffusion jeudi à 00h30 sur Future TV
C’est un personnage historique, le général Custer, qui est évoqué dans They Died With Their Boots On de Raoul Walsh, qui mourut lors de la bataille de Little Big Horn, un tournant dans la guerre contre les Indiens.
Revu par Walsh et magnifié par Errol Flynn, Custer devient un héros fabuleux, combattant les politiciens et les hommes d’affaires véreux, chargeant, en admirateur de Murat, au son du canon. La splendeur romanesque des scènes d’amour entre Errol Flynn et Olivia de Havilland n’a d’égale que le panache des scènes d’action, et la reconstitution de la bataille de Little Big Horn est un éblouissant moment épique. Certains reprocheront peut-être à Raoul Walsh l’admiration évidente qu’il porte à Custer, sans se rendre compte que le film dénonce avec beaucoup d’avance sur les autres westerns de l’époque la conduite scandaleuse des affairistes de l’Est, responsables de la spoliation des Indiens et des ultimes soulèvements de ceux-ci. Custer est d’ailleurs, de toute évidence, beaucoup plus proche que ces Indiens farouches qui combattent pour leur liberté que des rapaces de la politique et des spéculateurs des villes. Peu de films hollywoodiens sont aussi achevés que celui-ci.
Diffusion vendredi à 00h30 sur Future TV
variétés
«On ne peut pas plaire à tout le monde vu de la plage».
Magazine
Ariane Massenet, Stéphane Blakowski et Alexis Trégarot ont pris leurs quartiers d’été au bord de la mer, sans leur patron Marc-Olivier Fogiel. Chaque semaine, ils décryptent à leur manière et commentent, un brin ironiques, les coulisses d’«ONPP», sans oublier les nombreuses séquences à découvrir ou à revoir.
Diffusion dimanche à 19h25 sur TV5 Europe
«Force XXI»
Documentaire présentant les nouvelles techniques développées aux États-Unis et qui seront utiles pour les prochaines guerres dites «propres». De nombreuses interviews de scientifiques et de militaires alternent, tout au long du documentaire, avec la présentation des nouvelles technologies militaires.
Diffusion jeudi à 22h00 sur TV5 Europe
RUBRIQUE RÉALISÉE PAR Alain Plisson


Négociations avec Israël, normalisation, monopole des armes : les chiffres révèlent un Liban en morceaux