Je ne vis pas dans le passé et pourtant, en relisant quelques-uns de ces papiers que je vous débite à longueur d’année, j’ai été rattrapé par ce que j’écrivais. Vous vous souvenez peut-être de l’époque où je me plaignais, une semaine sur deux, de la déferlante publicitaire à la télé. Elle avait atteint de telles proportions que, souvent, le temps de la pub à l’antenne dépassait largement celui de l’émission dans laquelle elle s’insérait.
Aujourd’hui, force est de constater que la pub à l’antenne, il y en a presque plus. Ou si peu. Signe évident que les choses ont changé. Et comme un phénomène en entraîne forcément un autre, l’imagination aussi des publivores s’est rétrécie comme peau de chagrin. Rappelez-vous les somptueuses images de promotion d’une de nos chaînes, tournées aux quatre coins du monde, ou dans le somptueux décor d’un opéra plein à craquer. C’était quelque chose. Nous pouvions nous prévaloir d’une qualité digne des paramètres internationaux. À présent, que de platitudes tournées dans des décors ridicules, avec des figurants recrutés on ne sait ni où, ni pourquoi, ni comment!
«Plus d’argent, plus de Suisses», se vit rétorquer un pape financièrement coincé! Moins de pub, moins d’argent: c’est ce que j’en déduis. D’ailleurs, l’an dernier, les publivores se sont abstenus d’organiser «leur nuit». Pour récompenser qui, ou quoi?
Par contre, un motif de satisfaction prévaut: la qualité évidente de nos clips. Au moins là, l’effort d’imagination est plus évident que celui de nos compositeurs et paroliers. Car rien ne ressemble davantage à une chanson libanaise qu’une chanson... libanaise. Même rythme, même tempo. La musique n’a qu’une seule et unique raison d’être: accompagner les trémoussements de toutes celles qui s’imaginent être de nouvelles Nadia Gamal!
Il n’y en eut qu’une! Tant pis pour les autres...
Alain PLISSON
P.S.: Nostalgie (Nostalgia), film d’Andrei Tarkovski avec Oleg Jankovski.


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