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Actualités

Les films à la télé La bonne humeur sous tous ses aspects(photos)

Visiblement, vous n’avez pas envie de vous triturer les méninges, en cette période estivale.
À la télévision, on vous proposera des raisons de vous divertir, avec les tribulations d’un couple qui reçoit une vedette de... la télévision dans «Cuisine et dépendance». Vous trouverez beaucoup d’agrément à «Royal Wedding», une comédie musicale comme on n’en fait plus. N’est pas Fred Astaire qui veut! Vous rirez moins avec «Les sœurs soleil» qui flirte trop souvent avec la facilité. Par contre «M.A.S.H.» est un modèle d’humour noir: c’est presqu’un film-culte tellement il défonce toutes les limites du bon goût.
Les cascades de «Fast and Furious» peuvent aussi vous amuser, le film étant mené à cent à l’heure, c’est bien le cas de le dire. Il y aura aussi «His Majesty O’Keefe» dans lequel Burt Lancaster découvre les charmes des îles Fidji.
Enfin «Death of the Nile» est une belle adaptation du roman d’Agatha Christie avec une pléiade de vedettes embarquées sur le Nil.

Le tandem Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui écrivit, il y a quelques années, une pièce qui connut un beau succès théâtral. Cuisine et dépendance est devenu un film, sous la direction de Philippe Muyl, avec toujours le duo Agnès Jaoui et Jean-Pierre Bacri, interprètes, mais aussi auteurs du scénario.
Une vedette de la télévision (qu’on ne verra jamais à l’écran) est invitée à un dîner entre amis. Sa présence fait tomber les masques, obligeant chacun à révéler ses amertumes et ses frustrations. Une soirée au final ratée mais riche d’enseignements. Une transposition intelligente d’un grand succès de la scène, auquel l’image donne, tout à la fois, plus d’âpreté et moins de profondeur. Des dialogues corrosifs et beaucoup de virtuosité de la part des comédiens. Zabou en tête. On peut toutefois lui préférer le rôle magnifique de justesse et si révélateur du misanthrope tenu par Jean-Pierre Bacri.
Diffusion dimanche à 20h55 sur France 2

Vin Diesel porte bien son nom. C’est la nouvelle vedette surdynamisée de films d’action énergiques, où le spectateur n’a pas le temps de respirer, vu l’accumulation des séquences chocs et des effets pyrotechniques.
Fast and Furious de Rob Cohen est le film qui a fait sa célébrité. À tel point qu’aujourd’hui, on lui a donné une suite. Mais ce soir, à l’antenne, nous n’en sommes encore qu’au premier opus.
Pour envoyer à l’ombre un gang de redoutables pirates de la route, un jeune flic californien, véritable tête brûlée, au culot monstre, infiltre une bande de fous du volant dans le collimateur du FBI.
Vu la minceur du scénario, largement décalqué de Point Break, seuls les fondus de bolides vrombissants y trouveront leur compte. Grâce à l’indéniable métier du vieux routier Rob Cohen à qui l’on doit l’énergique Triple X avec le même Vin Diesel. Malgré le succès, le tandem n’a pas résigné pour le second opus, actuellement à l’affiche.
Diffusion dimanche à 21h00 sur Canal +

Royal Wedding de Stanley Donen est un film de circonstance: la princesse Elizabeth allait se marier! Autour de ce prétexte on a construit le scénario suivant:
Célèbres danseurs américains, Tom et Ellen Bowen – ils sont frère et sœur – partent pour Londres qui s’apprête à célébrer le mariage de la princesse Elizabeth et du prince Philip. Ellen dit au revoir à ses nombreux soupirants et, à bord du paquebot, elle fait la connaissance du jeune et séduisant lord John Brindale. À Londres, Tom fait auditionner de nombreuses candidates pour son futur spectacle et, séduit par l’une d’elles, Anne Ashmond, il la fait engager...
En dépit d’un scénario particulièrement peu original, le film témoigne tout à la fois du talent de Donen et à nouveau du génie de Fred Astaire dont chaque numéro est un véritable éblouissement. De Sunday Jumps, le numéro dansé dans le gymnase du paquebot, à l’entraînant How Could You Believe Me When I Said I Love You When You Know I’ve Been a Liar All My Life (l’un des titres de chansons les plus longs qui soient), on ne peut être que fasciné par le style d’Astaire, sa manière de danser avec une massue ou autour d’un cheval d’arçon, comme si tout cela était parfaitement naturel et se faisait sans la moindre préparation. Le clou du film est la séquence où Astaire danse seul dans une pièce, sur le sol d’abord, puis, comme si la pesanteur n’existait pas, sur les murs et enfin au plafond, défiant l’imagination du spectateur. Face à cet exceptionnel partenaire qu’est Fred Astaire, Jane Powell est parfaitement à l’aise.
Diffusion dimanche à minuit sur LBCI

Ce n’est pas Les sœurs soleil de Jeannot Szwarc qui donnerait ses lettres de noblesse au cinéma français. Marie-Anne Chazel s’est écrite un rôle sur mesure mais a oublié l’essentiel: écrire une histoire. Car celle-ci se résume en ces quelques mots: l’explosive rencontre d’un couple de bourgeois, ultra B.C.B.G., et d’une chanteuse de rock sur le retour qui cherche à exploiter les désirs de créations refoulés de l’épouse pour mieux lui soutirer de l’argent nécessaire à un projet.
Scénario mince comme un fil, caricatures à foison aggravés par le jeu outrancier des comédiens. Jeannot Szwarc, qu’on a connu plus ambitieux dans sa période fantastique, ne nous épargne rien avec ce spectacle approximatif, plat et vulgaire.
Diffusion mardi à 20h55 sur TF1

L’athlétique stature de Burt Lancaster domine His Majesty O’Keefe de Byron Haskin. En aventurier des îles, il fait merveille. Rescapé d’une mutinerie, le capitaine David O’Keefe se retrouve sur une île du Pacifique Sud, Yap. Elle est habitée par des Polynésiens et son économie est presque entièrement contrôlée par le commerçant Alfred Tetens. O’Keefe, tout à la fois énergique et habile, comprend qu’il peut tirer parti des richesses de l’île et faire travailler les habitants de celle-ci. Mais Tetens voit un déplaisir de plus en plus grand O’Keefe contester son autorité et s’imposer aux indigènes comme un véritable chef.
His Majesty O’Keefe est avant tout un film d’aventures destiné à donner à Burt Lancaster un rôle lui permettant de mettre en valeur sa prestance et ses dons athlétiques. Le tournage se déroula sur l’île de Viti Levu, une des îles de l’archipel des Fidji, au bord de la Nouvelle-Zélande. Comparé à Crimson Pirate, de Robert Siodmak, et à The Flane and the Arrow, de Jacques Tourneur, His Majesty O’Keefe souffre d’un scénario souvent confus et d’une réalisation de série qui semblent avoir limité les ambitions du film. Reste une dymanique composition de Burt Lancaster, toujours très à l’aise.
Diffusion mardi à 00h30 sur Future TV

Les romans policiers d’Agatha Christie ont connu une vogue cinématographique certaine dans les années 70. Cette version de Death on the Nile date de 1978 et porte la signature de l’Anglais John Guillermin. Et quelle distribution: Peter Ustinov en Hercule Poirot, Bette Davis, Angela Lansbury, Maggie Smith, Mia Farrow, côté femmes, David Niven, George Kennedy, Harry Andrews, Jon Finch, côté hommes.
Linnet Ridgeway a épousé Simon Doyle, le fiancé de sa meilleure amie, Jacqueline de Bellefort. Les jeunes mariés effectuent leur voyage de noces en Égypte, à bord du Karnak. Mais cette croisière est gâchée par la présence de Jacqueline et de certains autres passagers qui ne cachent pas leur antipathie ou leur jalousie à l’égard de Linnet. Des incidents mystérieux se produisent et Linnet est tuée d’un coup de revolver. Les suspects sont nombreux, mais Hercule Poirot, le fameux détective, se trouve à bord et va tenter de dénouer les uns après les autres les fils de cette ténébreuse énigme...
Un dialogue brillant, une interprétation prestigieuse et de splendides paysages égyptiens filmés par Jack Cardiff, redevenu pour l’occasion chef-opérateur... C’est dire que cette adaptation d’Agatha Christie est un heureux mélange d’exotisme, de mystère et d’humour anglo-saxon.
Diffusion jeudi à 20h35 sur France 3

M.A.S.H. de Robert Altman fit beaucoup de bruit à son époque. Le film devait remporter le grand prix du Festival de Cannes et l’Oscar du meilleur scénario. Il faut dire qu’on n’était jamais allé aussi loin dans la contestation.
Hawkeye Pierce, Duke Forrest et Trapper John Mc Intyre rejoignent la 4077e Antenne chirurgicale militaire en Corée, pour y soigner les blessés venus du front. Les trois hommes sont des médecins remarquables mais, lorsqu’ils n’opèrent pas, ils se révèlent d’incorrigibles contestataires, bafouant l’autorité militaire, s’énivrant continuellement et poursuivant les femmes du camp. Le colonel Blake, qui commande l’Antenne chirurgicale, comprend vite que leur venue va bouleverser la vie paisible de son unité. Le major Burns, un bigot stupide qui passe son temps à endoctriner son boy, devient rapidement la cible préférée de Duke et de Hawkeye...
M.A.S.H. est l’une des plus étonnantes manifestations d’humour noir que l’on puisse voir. Le décor, c’est la Corée, avec ce mélange effrayant de sang et de chair meurtrie. Mais la guerre de Corée, c’est également ici une bande d’inlassables chahuteurs. Peu de films ont posé avec une telle cruauté le problème dramatique de la guerre. Car Altman ne se contente pas de peindre avec un humour féroce – que certains pourront trouver insoutenable ou déplacé – la vie quotidienne d’une Antenne chirurgicale où l’on rit tout à la fois du sexe, du suicide, de la religion et de l’armée. Derrière cette gaudriole militaire apparaissent le goût du cinéaste pour la dérision, son sens de la contestation permanente, mais également la grande fascination qu’exercent sur lui ces personnages qui vont jusqu’au bout d’eux-mêmes, ces médecins militaires, tour à tour clowns et techniciens d’élite. Volontairement dérangeant et provocateur, M.A.S.H. est un film étonnant.
Diffusion jeudi à 20h45 sur Arte

Prenez un metteur en scène danois qui a signé un succès et demandez-lui d’en refaire un remake à l’américaine. Qu’est-ce que cela donne: Nightwatch d’Ole Bordenal.
Four financer ses études de droit, Martin Bells a décroché une place de veilleur de nuit dans la morgue locale. Alors qu’il fête l’événement chez lui en compagnie de sa fiancée, Katherine, et d’un couple d’amis, James et Marie, le présentateur du journal télévisé annonce que le mystérieux tueur psychopathe qui sévit depuis quelque temps dans la ville a de nouveau frappé. Celui-ci s’attaque exclusivement aux prostituées et semble avoir des penchants nécrophiles. Aussi, lorsque des faits étranges se produisent dans la morgue, Martin fait-il très vite figure de suspect numéro un aux yeux de l’inspecteur Cray... S’il instaurait un climat glauque et conférait une inquiétante épaisseur à ses personnages dans Nightwatch, le cinéaste danois Ole Bornedal se contente d’une surenchère d’effets grand-guignolesques et sanglants dans ce remake hollywoodien.
Diffusion vendredi à 21h30 sur Future TV

COURRIER
Éliminons en rond!

Qu’en est-il de cette nouvelle vague de programmes français (ainsi qu’anglais et américains) des émissions style: Le maillon faible, Bachelor, Le gentleman célibataire ou À la recherche de la nouvelle star? Des programmes basés, conçus autour de l’élimination de l’autre, du plus faible, du moins bon. Dans Le maillon faible (animé par une présentatrice qui joue à merveille son rôle de méchante, ne perdant pas une occasion d’humilier les concurrents et d’encourager les participants à être impitoyables les uns envers les autres), les concurrents votent pour faire sortir le plus faible des maillons. Le but évidemment est de remporter la cagnotte assemblée par tous mais qu’un seul, le maillon fort, pourra gagner. Il est loin le temps de Jacques Martin où tout le monde était beau, tous étaients gagnants. Dans le Bachelor, la cagnotte est le bachelor lui-même (eh oui, le bel Olivier). C’est donc Olivier en personne qui répudie chaque semaine, pendant la pathétique cérémonie de la rose, une ou plusieurs femmes toutes tombées sous son charme. L’heureuse gagnante (je parierai sur Alexandra... ou peut-être Muriel... enfin bref, sur l’une des deux femmes qui restent) pourra vivre «Happily ever after» avec son prince charmant. Je ne suis pas une féministe, mais franchement, ceci est l’un des programmes des plus antiféministe (ou simplement antifemmes) qui soit. Dans À la recherche de la nouvelle star, le public élimine chaque semaine un candidat (l’ensemble des candidats ayant été sélectionnés auparavant par un jury d’ailleurs assez sympathique) jusqu’au jour où il n’en restera plus qu’un (ou une) qui sera proclamé(e) nouvelle star (vous l’aviez deviné).
Pour gagner donc à la télé dans les temps qui courent, il faut éliminer le concurrent, le faire sortir du jeu. La compétition acharnée ne laisse plus aucune place pour un jeu d’équipe, une coopération, une complémentarité dans le talent et la force. Non, ce sont les uns contre les autres, ou un contre tous. Ça ne peut que me renvoyer à une certaine réalité politique qui fait des ravages de nos jours. L’Irak vient d’en subir les meurtrières conséquences. Who’s next? L’Iran peut-être ou est-ce la Syrie? Mais cela est un autre sujet. Revenons à la télévision, au spectacle virtuel et non réel; bien que ces jeux et programmes télévisés soient ancrés dans la réalité et reflètent en quelque sorte une image bien réelle de nos sociétés d’aujourd’hui.
Ce que je mets en cause aujourd’hui ce n’est pas la compétition en elle-même mais la nouvelle forme qu’elle prend. Les connaissances, le talent ne suffisent plus pour gagner. Il faut apprendre à gérer l’autre, à se rapprocher de l’autre pour mieux le pénaliser. Ces groupuscules temporaires, ces équipes qui se forment le temps d’une émission (d’une demi-heure ou de plusieurs semaines) sont fondés sur un paradoxe: on joue ensemble mais on est, en fait, l’un contre l’autre. C’est cette nouvelle dynamique du groupe qui est inquiétante, ce nouveau pouvoir d’élimination qui est dangereux.
Heureusement que la télévision libanaise n’en est pas arrivée à ce stade là. Mais il est vrai que nous jouons à un jeu beaucoup plus grave, celui de l’autoélimination, bien réel et qui n’a rien de virtuel.

Nayla MOUKARBEL

VARIÉTÉS

«Les rencontres de Joëlle». Téléfilm français de Patrick Poubel avec Isabelle Candelier, Bernard Menez, Aurélien Recoing.
À la mort de sa mère, Joëlle, une jeune femme d’une trentaine d’années, décide de reprendre en main l’exploitation agricole de sa famille. Avec la bénédiction de son frère, qui ne s’intéresse pas du tout au travail de la ferme. Pour la faire évoluer, Joëlle décide de se consacrer à l’élevage extensif de bovins, au prix d’un emprunt assez important. Mais les traites sont lourdes et son banquier, Jacques Meslien, ne semble pas disposé à lui faire de cadeau, même s’ils ont partagé une histoire d’amour lorsqu’ils étaient plus jeunes. Pour l’heure, les seuls soutiens de Joëlle sont François, son voisin et ami d’enfance, et sa psychanalyste, qu’elle voit régulièrement. Un jour, François lui présente Pauline, la femme de sa vie. Il l’a rencontrée par l’intermédiaire d’une agence matrimoniale et il est tellement heureux qu’il conseille à Joëlle d’aller s’y inscrire à son tour...
Portrait d’une femme volontaire, courageuse et bien décidée à mener sa vie professionnelle et sentimentale comme elle l’entend. Une comédie très actuelle, qui a pour toile de fond les problèmes liés à l’agriculture moderne et pour thème central l’amour. Bruno Lochet incarne un paysan plus vrai que nature et Bernard Menez, un directeur d’agence matrimoniale obstiné.
Diffusion dimanche à 19h30 et lundi à 23h30 sur TV5 Orient

RUBRIQUE RÉALISÉE PAR Alain Plisson
Visiblement, vous n’avez pas envie de vous triturer les méninges, en cette période estivale.À la télévision, on vous proposera des raisons de vous divertir, avec les tribulations d’un couple qui reçoit une vedette de... la télévision dans «Cuisine et dépendance». Vous trouverez beaucoup d’agrément à «Royal Wedding», une comédie musicale comme on n’en fait plus. N’est pas Fred Astaire qui veut! Vous rirez moins avec «Les sœurs soleil» qui flirte trop souvent avec la facilité. Par contre «M.A.S.H.» est un modèle d’humour noir: c’est presqu’un film-culte tellement il défonce toutes les limites du bon goût.Les cascades de «Fast and Furious» peuvent aussi vous amuser, le film étant mené à cent à l’heure, c’est bien le cas de le dire. Il y aura aussi «His Majesty O’Keefe» dans lequel Burt...