Évidemment, ils sont à l’affiche de films différents et si James Cagney a fait mieux que «The Mayor of Hell», Katharine Hepburn et Spencer Tracy sont merveilleux sous la direction de George Cukor dans «Adam’s Rib». Certes Isabelle Adjani a eu des rôles autrement plus prestigieux que dans «L’année prochaine si tout va bien» mais, depuis cette époque-là, elle brille au firmament du cinéma français. Marlon Brando, James Mason et Deborah Kerr magnifient la tragédie de Shakespeare «Julius Caesar», mais Kevin Spacey ne parvient pas à transcender «A Night in the Garden of Goof and Evil», par contre Jeff Bridges se tire mieux d’affaire dans «The Contender».
Il y eut un Mighty Ducks première mouture. En voici le second volet, réalisé par Sam Weisman. Produit 100% américain dont on ne comprend ni le succès ni l’intérêt.
Superdoué, Gordon Bombay a appris à patiner avant de savoir marcher. Il s’est consacré à l’entraînement d’une équipe de juniors et a fait des Ducks des vedettes du hockey sur glace. Parallèlement, il a mené sa carrière de joueur avec brio, mais un accident lui a cassé le genou, l’empêchant de devenir joueur professionnel. À 29 ans, brisé, physiquement et moralement, il revient dans son village natal. Tibbles, un représentant en équipements de hockey enthousiaste, lui propose d’être le nouveau coach des juniors de l’équipe des USA. Gordon accepte. Il retrouve la plupart des joueurs des Ducks, engage quelques nouveaux et les amène à leur meilleur niveau. La compétition a lieu à Los Angeles. Pris dans le tourbillon des cocktails et des offres promotionnelles lucratives, Gordon néglige l’entraînement. Résultat: lors du match contre l’Islande, les USA sont battus à plate couture. Gordon saura-t-il retrouver l’élan patriotique pour laver cet affront et mener son pays à la victoire?
Diffusion samedi à 13h00 sur Future TV
First Kid de David Mickey Evans est une production des studios Disney. Par conséquent, un spectacle familial garanti.
Le champion sportif Sinbad y fait ses débuts devant la caméra en interprétant un agent des services secrets américains qui se voit assigné à la Maison-Blanche comme garde du corps. Mais son travail consistera non pas à protéger le président mais son fils, un enfant terrible incarné par Brock Pierce qui va le mettre dans tous ses états en le plongeant dans des situations aussi invraisemblables les unes que les autres.
Bref, un divertissement amusant et plein de rebondissements.
Diffusion samedi à 16h30 sur Future TV
Le couple Spencer Tracy-Katharine Hepburn, le réalisateur George Cukor, un scénario de Ruth Gordon et Garson Kanin, que voulez-vous de plus? C’est tout ça Adam’s Rib.
Doris Attinger surprend Warren, son mari, en galante compagnie avec la belle Beryl Caighn. Elle lui tire dessus et le blesse. Le procès a lieu. Adam Bonner est chargé de défendre Warren alors que Doris a pour avocate Amanda, la propre femme d’Adam, ce qui a pour effet de transformer rapidement les débats en une querelle de ménage...
Ce film est une spirituelle et étincelante comédie dans laquelle George Cukor se livre à de subtiles variations sur les rapports qui unissent – ou opposent – les femmes aux hommes. Spencer Tracy et Katharine Hepburn s’y retrouvent pour la sixième fois, et leur amoureuse complicité est de toute évidence à la base de la réussite fu film. L’American Way of Life, la suprématie masculine et le féminisme sont également égratignés tout au long de cet élégant marivaudage dont le dialogue final est un véritable petit chef-d’œuvre. Face à Katharine Hepburn, Spencer Tracy témoigne d’un humour souvent surprenant.
Diffusion dimanche à minuit sur LBCI
The Mayor of Hell d’Archie Mayo est un exemple typique de ce qui se tournait dans les studios de la Warner durant les années trente. En vedette, James Cagney, vedette incontestée des films consacrés à la situation explosive d’une Amérique ravagée par les méfaits du banditisme.
L’action se déroule cette fois dans une institution où sont envoyés les jeunes voyous afin de pouvoir être réformés. James Cagney incarne un gardien qui se prend de sympathie pour un des jeunes prévenus et qui va tout mettre en œuvre pour que celui-ci puisse, en sortant, affronter la vie d’une manière honnête.
Il y a, dans l’entreprise, une volonté de révéler au public les conditions de vie dans ce genre d’institution où la violence n’est jamais absente. Mais le scénario a trop souvent recours à des clichés pour illustrer le combat du bien et du mal.
Quoi qu’il en soit, c’est très bien joué par James Cagney et le jeune Frankie Darro, tandis que Dudley Digges est tout simplement haïssable dans le rôle du gardien de l’institution.
Diffusion dimanche à 00h30 sur Future TV
Le sujet de The Contender de Rod Lurie ne manque pas d’audace et d’originalité.
Cela se déroule dans les coulisses de la Maison-Blanche. Et il n’y fait pas bon vivre si vous y avez quelques ennemis. Ainsi, le président Jackson Evans provoque un véritable tolée lorsque le vice-président meurt et qu’il décide de désigner à sa place une femme, le sénateur Hanson. Cette nana vive et droite adore son mari et se moque du qu’en dira-t-on. Sauf que ce qui se dit à son sujet, orchestré par le très malveillant sénateur Runyon, est affreux et qu’elle s’obstine à ne pas démentir. C’est spectaculaire de cynisme politicard, amusant en coulisses.
Malheureusement, la fin vient abîmer tout ce méli-mélo jusque-là politiquement incorrect. Quoi qu’il en soit, c’est défendu avec brio par une Joan Allen, remarquable de dignité dans l’intransigeance et par un extraordinaire Gary Oldman, vilain chauve à lunettes, écumant de rage.
Diffusion lundi à 20h35 sur LBCI
Une estimable comédie «à la française», ainsi se présente L’année prochaine si tout va bien de Jean-Loup Hubert.
Isabelle travaille à l’institut national de sondage. Maxime n’arrive pas à gagner sa vie en composant des bandes dessinées. Ils se sont mis «en ménage», sans être mariés, à l’insu des parents d’Isabelle, qui habitent Concarneau. Ceux-ci viennent à Paris. Pour sauver les apparences, Maxime va dormir chez ses amis Henry et Huguette. Par la suite, Isabelle veut avoir un bébé, Maxime refuse. C’est la brouille. Isabelle se laisse entraîner chez un dragueur, François Moinet, et découvre qu’il est l’amant d’Huguette, Henry veut divorcer. Maxime fait un esclandre mais reprend la vie avec Isabelle. La voilà enceinte. Le couple part pour Concarneau, afin d’expliquer la situation aux parents.
L’auteur-réalisateur montre, avec humour, le renversement des situations économiques et sociales (femme au bureau, homme au foyer) et les faux-semblants de la liberté sexuelle. L’amour et la jalousie sont toujours de rigueur. Jean-Loup Hubert ridiculise les «machos» mais se contente d’un féminisme tempéré. En fait, il prend parti pour le mariage traditionnel, dans un nouvel accord des sexes. Des situations vraies passent à travers cet agréable divertissement. Ainsi, les rapports d’Isabelle, Parisienne émancipée, avec sa famille de Concarneau, dont elle garde l’éducation première. Ainsi, Henry, le mari qui materne ses enfants et défend son foyer, Huguette l’épouse «évoluée» qui croit, à tort, dominer la situation. Les personnages parlent le langage d’aujourd’hui. Isabelle Adjani se retrouve très à l’aise dans la fantaisie, les sentiments, et forme avec Thierry Lhermitte un couple typique d’une génération approchant la trentaine. L’interprétation est, dans l’ensemble, excellente.
Diffusion lundi à 23h30 et mardi à 19h15 sur TV5-Europe
Le bien et le mal sont des mots que l’on emploie beaucoup ces temps-ci dans le langage planétaire. Ce sont, en tout cas, deux mots que l’on retrouve dans le titre du film de Clint Eastwood, Midnight in the Garden of Good and Evil.
À l’occasion d’un reportage sur la fête donnée la nuit de Noël par Jim Williams, un nouveau riche raffiné de Savanah, dans l’État de Géorgie, le journaliste John Kelson, tombe sous le charme de la ville sudiste. Cette même nuit, Williams tue son jeune amant. Accusé de meurtre, il plaide la légitime défense. Kelson couvre le procès.
Il y a deux parties distinctes dans ce film au rythme nonchalant, parfaitement adapté à l’ambiance du Sud. D’abord un film d’atmosphère, tourné à Savanah, qui exploite le point de vue d’un New-Yorkais ébloui par la magie du lieu et l’excentricité de ses habitants. Cette première partie, trop brève, joue à fond l’exotisme et l’ambiguïté. Par exemple, on ne connaît rien des préférences sexuelles des uns et des autres. Le mystère s’évapore au cours de la seconde partie en même temps que John Cusack affirme son attirance pour la fille d’Eastwood. Cet autre film, tourné en studio, est le récit du procès. Il a pour fonction de mettre de gros points sur tous les i. La multiplication des points de vue (l’accusation, la défense, le jury, sans parler de l’accusé) permet de mettre à jour toutes les facettes d’une étude de mœurs qui passe du réalisme magique au réalisme documentaire.
On comprend ce qui a intéressé Eastwood dans ce scénario adapté d’un roman à succès. C’est l’occasion de traiter de la cohabitation, des différences et de la difficulté de porter un jugement, thèmes qui renvoient, entre autres, à ses films précédents. Mais alors qu’Eastwood nous a habitués à explorer la pénombre, il évolue ici en terrain découvert. Plus le film avance, plus il est transparent. Même le recours au surnaturel (déjà présent dans L’Homme des hautes plaines et Pale Rider) arrive avec une précision un peu mécanique pour résoudre une situation à laquelle la justice des hommes n’a pu apporter de solution moralement satisfaisante (en l’occurrence «punir» le méchant). Mais c’est également un trait typique chez Eastwood de provoquer la perplexité à la première vision. Il est possible que ce film, plus complexe qu’il n’en a l’air, prenne de la valeur avec le temps.
En tout cas, c’est beaucoup trop long pour ce que le metteur en scène a à dire!
Diffusion mercredi à 21h30 sur LBCI
La libération de la femme est le problème que soulève La dilettante de Pascal Thomas.
Venue tout droit de Neuchâtel, l’élégante Pierrette Dumortier débarque sans crier gare chez son fils Éric qui, chômage oblige, se lève à l’aube pour travailler en usine. Mais Pierrette se moque de la crise: seul l’ennui l’effraie, au point qu’elle a fui la Suisse et son époux. Dès le lendemain, elle décroche un poste de surveillante dans un lycée, puis rallie Neuilly où sa fille Nathalie, née d’un premier mariage, vit avec son père et sa belle-mère. Ce soir-là, le trio reçoit des invités de choix, dont le séduisant Alberto qui anime des causeries à la radio...
Sur les pas de Voltaire, Pascal Thomas profite des tribulations de sa Candide pour égratigner ses contemporains. De cette chronique plutôt convenue, on retient une piquante galerie de portraits, dont Catherine Frot est la pièce maîtresse.
Diffusion jeudi à 23h30 et vendredi à 09h15 sur TV5-Europe
Le théâtre de Shakespeare est une mine d’inspiration pour les cinéastes. La tâche est pourtant difficile: le génie de l’auteur ne peut s’adapter à la médiocrité de certaines adaptations. Mais, ici, avec Julius Caesar de Joseph L. Mankiewicz, nous sommes en présence d’une œuvre exceptionnelle.
En l’an 44 avant Jésus-Christ, César est à l’apogée de la gloire et du pouvoir. L’excès même des honneurs le rendit odieux aux Romains jaloux de leur liberté. Cassius (John Gielgud) ourdit une conspiration et entraîne derrière lui une poignée de sénateurs. Parmi eux: Brutus (James Mason), homme intègre et pur. Malgré les mises en garde de ses proches, César se rend au Capitole le jour des ides de Mars. Il est poignardé. Marc Antoine (Marlon Brando), le dauphin, feint de comprendre le geste des meurtriers mais demande à parler au peuple après Brutus. Séduite par son trop habile discours, la foule se retourne contre les conspirateurs...
Shakespeare s’est inspiré de Plutarque. Et Mankiewicz, avec beaucoup d’humilité, s’est attaché à respecter fidèlement la pièce. Dans des décors travaillés et une mise en scène soignée, un grand acteur shakespearien (John Gielgud) distille son texte. Rien à voir avec les envolées baroques d’un Orson Welles. Pourtant Marlon Brando, avec son profil de jeune dieu grec, donne à Marc-Antoine une vigueur étonnante tandis que James Mason confère à Brutus une inquiétude vibrante et communicative.
Grâce à eux, au-delà des faits de l’histoire, on sonde les abysses du cœur humain et les passions que sont la vanité, l’ambition, la jalousie et la roublardise. Le pouvoir empoisonne et la vertu de Brutus, que Marc-Antoine, son rival, a l’intelligence de saluer («De tous les conspirateurs, ce fut là le plus noble»), ne sert à rien. «Vertu, tu n’es qu’un mot», soupire Brutus en mourant.
Diffusion jeudi à minuit sur LBCI
Et pour clôturer la semaine, voici Jean-Claude Van Damme, tous muscles dehors, dans Knock Off.
Les arts martiaux ont trouvé en Jean-Claude Van Damme un défenseur de poids. Après avoir surfé sur la vague de ce genre populaire, le cascadeur belge a fini par sombrer dans une forme de routine qui fait que tous ses films récents se ressemblent à peu de choses près. Dans Knock Off, c’est la virtuosité du réalisateur Tsui Hark qui fait la différence. Trois amis installés à Hong Kong découvrent l’existence d’une arme secrète prête à être mise sur le marché par la mafia russe. Ils vont tenter de mettre fin à ce trafic.
Hong Kong. Juin 1997, quelques heures avant la rétrocession à la Chine. Marcus Ray est représentant en Extrême-Orient de la marque de vêtements V-Six. Il importe plus ou moins légalement des jeans avec ses amis et associés Eddy et Tommy. C’est une couverture: en fait, Tommy est un agent infiltré de la CIA. Aidé de Karen Leigh, directrice des ventes, elle aussi membre des services secrets américains, il s’intéresse aux activités de Skaar, un client russe, dont il sait qu’il appartient à la mafia. Skaar et ses acolytes s’apprêtent à dissimuler des microbombes dans les boutons de braguette de faux pantalons V-Six, ainsi que dans des appareils ménagers destinés à l’exportation...
Ce film ne brille guère par son scénario abracadabrant et confus. Si la virtuosité du réalisateur transparaît dans les scènes d’action, l’ensemble est trop bâclé et trop insignifiant pour séduire.
Diffusion vendredi à 21h30 sur Future TV
DOCUMENTS
«Femme de l’ombre»
Série de quatre documentaires en hommage aux femmes qui, dans l’ombre, ont travaillé dans la résistance et auxquelles Régine Desforges a donné un visage dans La bicyclette bleue. 1942-1943, la population française est prise en otage par l’occupant nazi et vit dans l’attente de sa libération. Pour précipiter cette victoire, les réseaux de résistance intérieure multiplient leurs actions. Des femmes de tous âges et de tous horizons participent activement à cette guerre, au prix de terribles sacrifices. Pourtant, même derrière les murs de la prison, ces femmes continuent d’espérer et de se battre.
Le deuxième épisode, diffusé cette semaine, s’intitule S’engager.
Diffusion mercredi à 22h35 et jeudi à 18h05 sur TV5-Orient
L’actualité
Angela Lansbury tire sa révérence: «Arabesque», c’est fini!
Angela Lansbury, la célèbre Jessica Fletcher, arrête définitivement la série qui a redonné, dans les années 80, un deuxième souffle à cette célèbre figure de la scène londonienne. À la suite des 264 épisodes, tournés entre 1984 et 1996, la comédienne retrouvait le rôle de l’actrice détective dans des téléfilms spéciaux, à raison d’un par an. Le dernier, Murder She Wrote: the Celtic Riddle, vient d’être diffusé aux États-Unis. «À 77 ans, je crois que je suis maintenant vraiment bonne pour la retraite», a-t-elle expliqué.
RUBRIQUE RÉALISÉE PAR Alain Plisson


Négociations avec Israël, normalisation, monopole des armes : les chiffres révèlent un Liban en morceaux