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RELIGION Premier mariage vaudou officialisé en Haïti

06/05/2003
Un mariage célébré le 15 mars dans un temple vaudou de Port-au-Prince a été pour la première fois dans l’histoire du pays officiellement enregistré par l’état civil haïtien, a rapporté le quotidien haïtien Le Nouvelliste. Dans un article intitulé Vers la légalisation du vaudou, ce journal respecté souligne qu’un mariage célébré dans un temple vaudou enregistré au ministère des Cultes a désormais la même valeur qu’une union scellée dans une église chrétienne. Cette reconnaissance « est contestée par de nombreuses églises protestantes, des prêtres catholiques et des membres des différentes sectes religieuses », souligne le quotidien. Un arrêté présidentiel du 4 avril dernier stipule « qu’en attendant une loi relative au statut juridique du vaudou, l’État haïtien le reconnaît comme religion à part entière ». L’arrêté, signé par le président Jean Bertrand Aristide, ancien prêtre ayant renoncé à ses vœux et aujourd’hui marié et père de famille, précisait également que les chefs de culte vaudou pouvaient demander une reconnaissance du ministère des Cultes et, une fois « assermentés devant le doyen du tribunal civil (...), célébrer baptêmes, mariages et funérailles ». Interdite du temps de la colonisation française et de l’esclavage, où elle était considérée à juste titre comme un foyer de résistance aux colons, la religion populaire vaudou, culte animiste qui mêle la sorcellerie à des éléments pris au rituel chrétien, est depuis l’indépendance de 1804 en butte à l’hostilité feutrée ou ouverte des Églises catholique et protestante en Haïti. La plus grande vague de persécution a été déclenchée en 1939 par le président Élie Lescot et l’Église catholique dans la campagne dite des « rejetés », largement condamnée par les intellectuels haïtiens qui ont dénoncé à cette occasion la destruction par le feu de pièces ethnologiques d’une valeur inestimable telles que des tambours géants « assotor ». Le vaudou a été aussi utilisé politiquement, plus ou moins ouvertement, notamment par la dictature des Duvalier (1957-1986). Après la chute du régime en 1986, des hougans (prêtres du vaudou) accusés d’être proches du régime ou d’appartenir au corps des miliciens duvaliéristes (tontons macoutes) avaient été tués et des temples brûlés.

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