Les couples ne se portent pas bien cette semaine. Du moins certains d’entre eux. C’est le cas de ceux de «Don’t Do It» qui se cherchent sans se trouver, des deux amants sur le retour dans «The Bridges of Madison County» et bien de Othello, rongé par une folle jalousie qui le conduira au meurtre de la belle Desdémone, injustement accusée d’adultère! Heureusement que le couple Jack Carson-Jane Wyman n’a pas ce genre de problème. Dans «The Doughgirls», leur préoccupation est de trouver un hôtel pour y passer leur lune de miel. Quant à Robin et Marian, ils filent le parfait amour dans «Adventures of Robin Hood». Anthony Quinn et Katherine de Mille, n’ayant pas eu d’enfants dans «Black Gold», recueillent un orphelin... chinois! Et tant pis pour les autres! «Generation X»: c’est ainsi que l’on a surnommé ces jeunes qui ne savent plus que faire de leur vie et qui brûlent la chandelle par les deux bouts, dans un besoin évident de s’autodétruire à travers le sexe et la drogue. Dans Don’t Do It d’Eugene Hess, le message est évident. Il faut mettre un frein à toutes ces impulsions négatives. Le film met en scène quelques couples à la dérive dont les destins vont s’entrecroiser, au gré des rencontres amoureuses. Il y avait là un sujet intéressant et les interprètes, inconnus pour la plupart, sont toujours justes. Mais Eugene Hess n’a pas su contrôler le scénario qu’il avait entre les mains et il entretient une sorte de confusion, à la mesure des sentiments exprimés, qui finit par vous déconcerter et vous laisse insatisfait. Diffusion samedi à minuit sur LBCI C’est une véritable curiosité que ce Doughgirls, produit typique des studios américains durant la guerre et qui traitait, sur un ton comique, les tribulations de ceux qui devaient affronter non pas l’ennemi, mais les problèmes domestiques. L’action se déroule à Washington, dans un hôtel surchargé de clients. C’est là que débarque un jeune couple: c’est un militaire en permission qui n’a qu’une hâte, passer sa nuit de noces avec sa jeune femme, en attendant de repartir. Seulement voilà: il n’y a pas de place dans l’hôtel en question, la réservation n’ayant pas été faite. Il leur faudra donc partager un appartement avec quelques jeunes femmes délurées qui ont attéri là dans l’espoir de trouver... un époux. Le scénario de James V. Kern et de Sam Hellman est une adaptation d’une pièce de théâtre qui avait fait les beaux soirs de Broadway. Mais comme, à cette époque-là (1944), on ne plaisantait pas avec le code de décence, tout le piquant des situations avait été atténué pour n’offenser personne. Pourtant on rit de bon cœur. Si Ann Sheridan et Jane Wyman, les deux vedettes féminines du film, ne semblent pas très à l’aise dans ce climat «vaudevillesque», Jack Carson est très drôle et Ève Arden, dans le rôle d’une femme soldat russe, est tout simplement désopilante. Alexis Smith, bien que sacrifiée, tire très bien son épingle du jeu. Diffusion samedi à 01h00 sur Future TV Les femmes (surtout) ont adoré The Bridges of Madison County de Clint Eastwood, une histoire d’amour à l’ancienne avec ce qu’il faut: beaucoup de beaux sentiments et très peu de sexe. Entre Robert, reporter photographe grisonnant, et Francesca, jusqu’alors irréprochable épouse d’un fermier de l’Iowa, c’est le coup de foudre. Quatre jours seulement pour une passion, interrompue par le retour du mari et des enfants. Robert repartira pour toujours. Adaptée d’un best-seller qui émut 20 millions d’Américains, la rencontre d’Eastwood et de Meryl Streep apparaît comme un véritable miracle. Le film devait, à l’origine, être réalisé par Sydney Pollack, avec Robert Redford comme interprète. C’est finalement Clint Eastwood qui se retrouva dans ce double emploi. En face de lui, jamais autant d’actrices ne s’étaient bousculées pour un rôle depuis Autant en emporte le vent. Et pourtant, il semble impossible d’imaginer un autre couple pour rendre toutes les nuances de ce fascinant mélodrame. On peut supposer que le réalisateur, alors âgé de 65 ans et s’éloignant des emplois de justiciers athlétiques qui firent sa gloire, a mis beaucoup de lui-même dans ce portrait d’artiste vieillissant. Avec une totale franchise, il se filme au naturel, sans fard ni artifice, face à Meryl Streep, poignante d’une sensualité trop longtemps retenue. La scène de séparation finale, sous une pluie d’antichambre de la mort, est un modèle d’émotion vraie. Défions quiconque d’y être indifférent. Diffusion lundi à 20h35 sur LBCI House of Wax de André de Toth est un exemple-type du film d’horreur. Il s’agit d’un remake d’un classique des années 30, The Mystery of the Wax Museum, qui avait fait frémir des foules à travers le monde. Ce remake date de 1953 et il bénéficia à l’époque d’un tournage en 3 dimensions. C’était le genre de film qu’il fallait voir avec des lunettes spéciales distribuées à l’entrée et qui vous donnaient l’impression que certaines choses se détachaient de l’écran en direction des spectateurs. Le moment le plus éprouvant du film consistait à donner l’illusion qu’un chaudron de cire fondue se déversait sur les genoux du public... Frissons garantis. Aujourd’hui, il ne reste rien de tout cela puisque le film est présenté «normalement». Et même l’emploi d’un nouveau système d’enregistrement sonore intitulé Warnephonic ne vaut pas le son stéréophonique développé depuis. Vincent Price incarne dans ce film un sculpteur dont les œuvres sont exposées dans un musée. Un soir le musée est détruit pas un incendie et toute l’œuvre du sculpteur perdue à jamais. Devenu fou, il va inaugurer peu après un musée de cire où les personnages atteignent pratiquement à la perfection. On découvrira alors que ce dernier, pour réussir ses statues, tue des inconnus qu’il recouvre ensuite de cire pour donner l’illusion de la réalité. Il sera finalement démasqué par la police qu’une série de meurtres bizarres a mis en émoi et par une de ses futures victimes. House of Wax devait lancer la carrière de Vincent Price, alors au déclin: il devait se faire après ce film une spécialité des personnages fous dans des films de terreur dont certains sont devenus depuis des classiques du genre. Diffusion lundi à 01h00 sur Future TV C’est une histoire bien sentimentale que raconte Phil Carlson dans Black Gold. À l’annonce du titre, vous avez vite deviné qu’il était question d’or noir, autrement dit de pétrole. Juste! Mais il y a là autre chose que ce simple élément. Anthony Quinn, qui n’était pas encore devenu une super-vedette, incarne, comme il le faisait souvent à cette époque-là, un indien qui vit au seuil de la pauvreté jusqu’au jour où il découvre que ses terres sont riches en gisement pétrolifère. Ainsi il va pouvoir entraîner un petit orphelin chinois qu’il a recueilli à devenir jockey afin de pouvoir monter l’étalon qu’il possède et qui deviendra le vainqueur d’une course très disputée. Comme vous le voyez, tout cela baigne dans un sentimentalisme de bon aloi. Et bien qu’il s’agisse d’une modeste production, style série B, le charme opère grâce à l’émouvante interprétation d’Anthony Quinn et de Katherine de Mille, qui incarnent un couple sans enfants et qui étaient à l’époque, dans la vie, mari et femme. Diffusion mercredi à 01h00 sur Future TV On ne compte plus les versions cinématographiques de Othello. Les drames (et même les comédies) de William Shakespeare sont une source inépuisable d’inspiration. Cette version-là date de 1995. Elle fut réalisée par l’Anglais Oliver Parker. Lawrence Fishburne est un Othello véritablement noir et de ce fait véritablement authentique. Il est opposé à Kenneth Branagh qui est un parfait Iago, détestable à souhait. Et c’est la Française Irene Jacob (un peu faible pour le personnage) qui campe Desdémone. Faut-il rappeler la trame? Othello, capitaine farouche, candide et généreux, a épousé, contre les convenances de l’aristocratie vénitienne, la blonde et frêle Desdémone. Amour tendre et fou. Le conte bleu dérape dans le cauchemar quand surgit Iago, le jaloux, l’immonde. Ennemi juré de l’amour, il se donnera beaucoup de peine pour briser le miracle de cette harmonie. Si cette version-là n’est pas aussi brillante que celle d’Orson Welles, elle n’en constitue pas moins une approche beaucoup plus accessible, le texte étant joué comme le langage courant. Au total, une œuvre estimable et une adaptation intelligente. Diffusion jeudi à 21h30 sur Future TV Encore un personnage qui a souvent inspiré les cinéastes: celui de Robin des Bois. Nous allons le retrouver sous les traits de son interprète le plus célèbre, Errol Flynn, dans la version qui est indubitablement le modèle du genre, réalisée en 1938 par Michael Curtiz. Alors que le prince Jean, aidé de son bras droit, le cruel Guy de Gisbourne, règne sur l’Angleterre, Robin des Bois proclame sa fidélité au roi Richard Cœur de Lion, retenu prisonnier en Autriche. Dépossédé de ses biens par le prince Jean, Robin a formé avec quelques hommes audacieux et courageux une bande de hors-la-loi qui attaquent et dévalisent sans relâche les hommes du prince. Au cours d’un concours de tir à l’arc organisé par le prince Jean, auquel il participait, Robin est reconnu, arrêté, puis condamné à être pendu... C’est un film qu’on ne peut revoir sans émotion. Retrouver Errol Flynn, fougueux Robin des Bois, et Olivia de Havilland, la douce Lady Marian, sans oublier Basil Rathbone, splendide dans le rôle de Sir Guy de Gisbourne, c’est retrouver d’un coup le charme inimitable du vieux cinéma hollywoodien. L’Amérique de Roosevelt croyait encore aux rêves d’or et le public se passionnait pour les prouesses de Robin des Bois et de ses compagnons, luttant contre la tyrannie du prince Jean et pour le retour du roi Richard Cœur de Lion. La Warner Bros n’avait d’ailleurs pas lésiné pour assurer le succès de ce qui devait être un de ses chefs-d’œuvre: un budget colossal pour l’époque (1600000 dollars), des couleurs splendides, dues à la spécialiste du technicolor, Natalie Kalmus, et une distribution exceptionnelle. William Keighley commença le film. Jugé trop «superficiel», il fut remplacé par le vétéran Michael Curtiz, qui venait de diriger Errol Flynn dans Capitaine Blood et dans La charge de la brigade légère. Ce fut, une nouvelle fois, une osmose totale entre ce metteur en scène tyrannique, spécialiste des films d’action, et Errol Flynn, l’aventurier par excellence du cinéma américain. Depuis, les années ont passé, mais le film n’a pas vieilli et chaque nouvelle génération peut admirer l’authentique panache des Aventures de Robin des Bois. Le concours de tir à l’arc, l’apparition de Richard Cœur de Lion au milieu des proscrits de Sharwood et naturellement l’admirable duel final sont inoubliables... Diffusion jeudi à minuit sur Future TV Il est indéniable que Quentin Tarantino a marqué de son sceau le film policier actuel. Avec lui, ce n’est plus ce qu’on raconte qui est important, mais la façon dont on le raconte. Il en va ainsi pour Thing to Do in Denver When You’re Dead qui a déjà pour lui l’originalité du titre. Gangster repenti, Jimmy le Saint mène une vie tranquille à Denver, jusqu’au jour où son ancien patron, appelé l’Homme qui a un plan, lui demande d’exécuter pour lui une dernière mission très bien rémunérée. L’Homme est confiné sur une chaise roulante. Jimmy accepte et engage ses anciens acolytes, eux aussi rentrés dans le droit chemin. La nuit fatidique arrive. Tout va de travers et l’opération tourne au carnage. Furieux, l’Homme qui a un plan décide de punir les maladroits et lance à leurs trousses un tueur particulièrement sadique. Désormais, les heures qui leur restent à vivre sont comptées. Pour sa première réalisation, Gary Fleder cultive avec bonheur le néo-polar, y ajoutant une touche très personnelle grâce à un scénario ingénieux qui ménage la surprise et un beau casting autour d’Andy Garcia. Treat Williams trouve là un de ses meilleurs rôles, Christopher Walken est impressionnant, comme de coutume, et Steve Buscemi, dans le rôle d’un tueur, a un bien drôle de nom, M. Shhh... Diffusion vendredi à minuit sur LBCI PORTRAIT Clint Eastwood: le macho vieillissant de «The Bridges of Madison County» La longue silhouette est enveloppée d’un poncho, les yeux cachés sous un chapeau crasseux, le visage mangé par une barbe de trois jours, un cigarillo mâchonné au coin des lèvres qu’il desserre à peine: c’est sous les traits de cet antihéros que Clint Eastwood a bâti sa légende. Avec sa trilogie: Pour une poignée de dollars (1964), Et pour quelques dollars en plus (1965), Le bon, la brute et le truand (1967), Sergio Leone a redonné du sang neuf au western. Dès qu’il passe à la réalisation, en 1971, Eastwood s’emploie doucement à éroder les clichés qui ont accompagné sa carrière. Dans son deuxième film, High Plains Drifter (1972), un étranger aide des villageois à se défendre d’une bande de hors-la-loi, avant de régler une vengeance personnelle avec le village entier. Eastwood réalisera – parmi ses vingt-deux films – trois autres westerns où il finit de régler ses comptes avec le genre. Le dernier sera le somptueux Unforgiven, en 1992, un immense succès, couronné par l’Oscar du meilleur film et du meilleur réalisateur. Clint incarne un ancien desperado sanguinaire qui abandonne ses enfants pour venger des prostituées défigurées par des cow-boys dégénérés. «Il faut régulièrement rappeler que tuer n’a rien d’héroïque», explique ce pacifiste que l’on taxait de fascisme. Plus il vieillit, plus le macho s’intéresse aux fêlures de ses personnages. Il révèle à chaque film de nouvelles facettes de sa personnalité énigmatique. L’assassinat du père Noël Je ne suis pas plus le père Noël que Santa Clause. Si je l’étais, vous l’auriez su par la crise que j’aurais piquée après avoir vu le spécial Noël de Big Beit. «Big bête» plutôt! Les quelques farfelus de service étaient là à geindre parce que le père Noël se faisait attendre avec leurs cadeaux. Un joli chœur de pleureuses geignantes et grimaçantes à qui on aurait volontiers donné, en guise de cadeau, le fouet! Si tout cela s’adressait à des adultes je veux bien, mais c’était aux enfants que ce programme était destiné. Comme l’avait si bien dit Camille Salamé, un de nos estimables hommes de théâtre: «Pitié, c’est de nos enfants qu’il s’agit!» Il y avait-là de quoi traumatiser, pour les années à venir, les bambins... Même moi, qui n’ait plus l’âge, je ne m’en suis pas encore remis: c’est tout dire! Un assassinat, en bonne et dûe forme... Heureusement que, le lendemain, par le plus grand des hasards – l’émission en question n’avait pas été mentionnée dans la grille de la semaine – j’ai ressenti un réel motif de fierté en découvrant un Christmas Time, animé par des vedettes internationales de la chanson, parmi lesquelles Magida el-Roumi: notre Magida chantant notre Liban et participant aux cantiques avec toutes les autres grosses pointures du gospel et de la variété. Cela se passait en Italie, dans une ville dont je n’ai pas retenu le nom. Avec surprise, j’ai découvert que cette localité pouvait s’enorgueillir de posséder un théâtre superbe, à l’ancienne, avec balcons, loges et stalles. Quand je pense qu’ici le seul théâtre de cette envergure que nous ayons risque de finir en restaurant-boîte de nuit, il y a de quoi s’exclamer: quelle tristesse! Un dernier mot à propos de Noël: en Europe, on traite le père en question avec autrement plus de respect qu’au Liban, puisque les caméras sont allées jusqu’à le surprendre dans le Grand Nord, au moment où il s’apprêtait à commencer sa tournée à travers le monde. Et son traîneau, tiré par des rennes, s’est enfoncé dans l’immensité du Pôle Nord, cerné par des caméras qui suivaient son parcours dans la nuit boréale... Alors, je l’avoue: à ce spectacle-là, j’ai vraiment regretté de n’être ni papa Noël, ni Santa Clause... Alain PLISSON P.S.: L’assassinat du père Noël, film de Christian-Jacque avec Harry Baur et Raymond Rouleau. L’ACTUALITÉ Jean-Pierre Foucault voit rouge Zone rouge est un nouveau jeu, attendu sur TF1 en janvier, à la place d’Exclusif. Dans une arène high-tech, un candidat bardé de capteurs est allongé sur un «fauteuil de dentiste». Jean-Pierre Foucault lui fait face, debout sur un promontoire. En jetant un œil sur les deux écrans posés sur son pupitre, l’animateur peut suivre le rythme cardiaque du candidat tandis que, sur l’autre, s’inscrit la question qu’il va lui poser. Soudain, une alarme retentit, une lumière rouge clignote, des flammes surgissent. Le candidat est entré dans la zone rouge. Une frontière calculée sur la base de son pouls au repos augmenté de 70%. Pour répondre, il doit attendre que ses battements de cœur se calment. Mais il doit faire vite car il perd de l’argent à chaque seconde. Le candidat suffisamment zen et cultivé pourra repartir avec un gain maximum de 15000 euros. Il s’agit de l’adaptation d’un concept anglo-saxon, The Chair, popularisé outre-Manche par John McEnroe. RUBRIQUE RÉALISÉE PAR Alain Plisson
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