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Ghazi Aad : « Désormais, tout est possible »(photo)

REPORTAGE
04/11/2002
Ghazi Aad, porte-parole de l’association Solide, s’occupe, depuis décembre 1989, du dossier des détenus libanais dans les prisons syriennes. Un dossier tabou qu’il continue à porter à bout de bras, malgré toutes les pressions, faisant entendre la voix de parents éplorés et désemparés devant les instances internationales. Cloué sur une chaise roulante depuis un accident de voiture, Ghazi Aad s’est consacré tout entier à cette cause humanitaire. Pour M. Aad, la rencontre des parents à Damas avec le ministre syrien de l’Intérieur, Ali Hammoud, était très importante. Le dossier des détenus s’étant heurté, au plan libanais, au déni des autorités exprimé en l’an 2000 par le procureur général près la Cour de cassation, Adnane Addoum, selon qui « le dossier est clos », les parents avaient pris l’ultime initiative d’aller dialoguer avec les autorités syriennes pour connaître le sort de leurs enfants. Quelles sont les raisons du revers qu’ils ont essuyé samedi ? « Les autorités syriennes ne peuvent pas nier la présence de ces personnes dans leurs geôles et clore le dossier. Les parents de l’un des détenus, Georges Chalawit, ont vu leur fils à plusieurs reprises ces dernières années. Ces responsables ne veulent pas non plus admettre leur existence et les libérer, pour la gêne que cela occasionnerait. Damas choisit donc la politique de l’autruche », estime M. Aad. Pense-t-il qu’il est pertinent de soulever la question des détenus alors que le contexte politique ne s’y prête pas ? « Mais l’affaire n’est pas politique! Elle ne doit pas être soumise aux aléas de la conjoncture locale ou régionale. Il s’agit d’une affaire humanitaire, et nous faisons tout pour la sortir du débat politique. Ensuite, la question des détenus ne date pas d’hier. Elle est vieille de trente ans. Les Syriens n’ont pas le droit d’arrêter des citoyens sur le territoire libanais, et encore moins de les transférer en territoire syrien. » « Si les conditions ne sont pas favorables maintenant, pourquoi ne pas avoir relaxé les prisonniers quand elles l’étaient ? Le problème, c’est que les autorités syriennes n’ont pas l’intention d’avouer qu’elles ont violé les conventions internationales, les principes des droits de l’homme et les accords bilatéraux au plan judiciaire », affirme-t-il. Que pourraient faire les parents, maintenant que ce recours a échoué ? « On ne peut plus les blâmer pour ce qu’ils pourraient faire. Ils ont œuvré dans le cadre de la loi, loin de la politique. Nous avons collaboré avec l’État libanais, puis avec la Syrie, manifestant une volonté évidente de dialogue. Maintenant, les parents ont le droit d’aller plaider leur cause devant les instances internationales. Si jamais cela arrive, ce sera la faute des autorités qui n’ont pas saisi la volonté de ces personnes de dialoguer et de collaborer avec le pouvoir », souligne-t-il. Sur le point de savoir s’ils auront de nouveau recours à la rue, pour un dossier qui touche toutes les communautés sans distinction, M. Aad répond : « C’est aux parents de décider. Mais désormais, tout est possible. » M. H. G.

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