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Actualités - Opinion

Arrêt sur image Des mots pour le dire

Retour à un passé récent. Du français, on a beaucoup dit, durant le sommet de Beyrouth, que c’était une très belle langue, une des plus belles. Ce «parler-français», ils ont été nombreux dans ces colonnes et ailleurs à se plaindre de ne pas l’avoir assez entendu – pour ne pas dire, pas du tout, – à la télévision. Et pourtant, il eut été si simple de remplacer la traduction simultanée orale par une traduction écrite. Un sous-titre comme au cinéma, il suffisait d’y penser. Mais ce que je trouve personnellement beaucoup plus grave, c’est le manque total d’intérêt de toutes nos stations confondues pour la langue de Molière. Et là aussi, il eut été si simple de faire un effort «pensé». Certes, il y a eu TV5, qui nous a fait un superbe cadeau de diffuser, désormais au Liban sur la chaîne nationale, ses émissions destinées au monde arabe. Un somptueux cadeau qui mérite bien un énorme merci au président de cette chaîne, Serge Adda, et à tous les membres de son équipe. Durant le sommet, TV5 a diffusé une vingtaine de journaux quotidiens, sans compter les reportages, interviews et magazines. Même si ce qui a été dit ou vu dans certains de ces magazines n’a pas toujours été au goût de tous. Mais le dialogue des cultures, c’est cela: ne pas avoir toujours la même vision des choses et confronter les avis même s’ils divergent. Localement, il y eut des efforts: l’initiative d’al-Manar de diffuser un bulletin en français, De chez nous, un magazine proposé par la charmante Elsa, Espace francophone, qui a pour mérite d’exister depuis un an déjà... Mais nous savons qu’il ne s’agit là que d’opérations ponctuelles, vouées à l’oubli, sans compter qu’on peut arguer sur la qualité et le style de ce qui nous fut proposé. Et pourtant, il eut été si facile, une semaine durant, de faire localement de la francophonie. En nous proposant, par exemple, tous les soirs un film parlant français et pas forcément un produit français. On aurait pu mobiliser les écoles, comme à l’époque de la dictée de Pivot, et organiser une sorte de tournoi scolaire autour de la langue française. D’autant plus que cette semaine-là coïncidait avec l’inauguration d’un nouveau CCF à Jounieh. L’équipe de Ya Leil, Ya Ayn aurait pu organiser un karaoké géant autour de la chanson française avec des équipes francophones. Les émissions de jeux auraient pu être centrées cette semaine-là sur la francophonie. Ce ne sont là que quelques idées parmi tant d’autres... Chez nous, à la télévision, on ne sait plus ni parler ni penser en français. Alain PLISSON P.-S.: Les mots pour le dire, film de José Pinheiro avec Nicole Garcia et Marie-Christine Barrault.
Retour à un passé récent. Du français, on a beaucoup dit, durant le sommet de Beyrouth, que c’était une très belle langue, une des plus belles. Ce «parler-français», ils ont été nombreux dans ces colonnes et ailleurs à se plaindre de ne pas l’avoir assez entendu – pour ne pas dire, pas du tout, – à la télévision. Et pourtant, il eut été si simple de remplacer la traduction simultanée orale par une traduction écrite. Un sous-titre comme au cinéma, il suffisait d’y penser. Mais ce que je trouve personnellement beaucoup plus grave, c’est le manque total d’intérêt de toutes nos stations confondues pour la langue de Molière. Et là aussi, il eut été si simple de faire un effort «pensé». Certes, il y a eu TV5, qui nous a fait un superbe cadeau de diffuser, désormais au Liban sur la chaîne nationale,...