Il le fait bien, son cinéma... Car les cinéastes américains ont le sens du spectacle et savent bien que le 7e art est un art essentiellement populaire... Aussi est-ce à une belle leçon de cinéma que nous assisterons cette semaine avec l’étonnant «Face Off», le top niveau en matière de thriller. Top niveau aussi en matière de film «noir» avec «The Maltese Falcon», un chef-d’œuvre incontournable, plusieurs fois annoncé déjà. Puisse cette semaine être la bonne. Spectacle aussi avec «Honey I Shrunk The Kids» qui fera aussi bien la joie des petits que des grands. Quant à «Bandwagon», ce n’est ni plus ni moins qu’un chef-d’œuvre, un des plus beaux films de la comédie musicale à l’américaine. Et enfin quel spectacle plus époustouflant que cet «Armageddon» avec la fin annoncée de notre univers. Seul film anglais à pointer son nez dans cet univers «hollywoodien», «The Curse of Frankenstein» de l’Anglais Terence Fisher, un des joyaux du film d’épouvante. C’est un véritable tour de force que John Woo a réussi avec Face Off, un récit tellement «outrageant» qu’il aurait pu donner naissance à un produit totalement ridicule. Or non seulement le postulat invraisemblable du début devient, au fur et à mesure, parfaitement plausible mais, de plus, la virtuosité de la mise en scène vous laisse complètement pantelant. Sean Archer dirige une unité d’élite spécialisée dans la lutte antiterroriste. Depuis la mort de Michael, son petit garçon, tué six ans plus tôt par Castor Troy, un tueur impitoyable, Archer ne vit que pour le retrouver et l’abattre. Il parvient à le localiser et, au terme d’un affrontement sanglant, Castor, grièvement blessé, sombre dans le coma. Fier d’avoir accompli sa vengeance, Archer ne peut la savourer bien longtemps. Il découvre que le criminel venait de dissimuler, dans le Palais des Congrès de Los Angeles, une bombe à retradement qui pourrait décimer la population locale. Archer accepte alors de subir une opération de chirurgie esthétique visant à lui donner le visage de Castor pour faire parler le seul homme qui connaît l’emplacement exact de la bombe: Pollux, le frère et complice de Castor. Époustouflant de brio et d’invention, subtil dans sa réflexion sur le bien et le mal, nous subjuguant aussi par les rôles à double facette, magistralement tenus par le duo Travolta/Cage. Assurément le top niveau en matière de thriller. Diffusion samedi à 22h00 sur Future TV The Maltese Falcon est un film mythique. John Huston signait là une œuvre qui allait servir de modèle à toute une vague qui submergea le cinéma américain dans les années 40: le film noir. Deux détectives, Sam Spade et Archer, sont engagés par une certaine Brigid O’Shaughnessy pour retrouver sa sœur. La nuit suivante, Archer est abattu alors qu’il filait l’homme pouvant le conduire vers la personne disparue. Sam va découvrir que Brigid est, en fait, à la recherche de la précieuse statue d’un faucon incrusté de pierres précieuses et que d’autres individus inquiétants recherchent aussi, à n’importe quel prix. alors qu’il travaillait depuis dix ans en tant que scénariste pour la Warner, John Huston se voit confier la mise en scène du Faucon maltais. Il ne pouvait tomber mieux: Dashiell Hammett, l’auteur, traînait derrière lui un passé similaire au sien. Les deux hommes, en effet, avant de se lancer dans l’écriture avec succès, exercèrent l’un et l’autre nombreux métiers, boxeur, détective pour l’agence Pinkerton, soldat, vendeur de journaux, etc. Un vécu venant renforcer l’harmonie d’une œuvre perçue à juste titre comme un des meilleurs films noirs. Ce n’était pourtant pas la première fois que le livre de Hammett se trouvait adapté: Roy Del Ruth en 1931 et William Dieterle en 1936 (Satan Met A Lady, avec Bette Davis) s’y étaient déjà essayés. Mais la version qui reste gravée dans toutes les mémoires est celle de Huston; ajoutant aux qualités d’un découpage très précis et d’une mise en scène sans fioritures, le choix des acteurs fut, sans conteste, déterminant. C’est à George Raft que l’on proposa le rôle de Sam Spade, mais ne tenant pas à risquer sa réputation avec un nouveau réalisateur, le comédien refusa et laissa le champ libre à Bogart. Après une vingtaine de morts violentes, celui-ci connut enfin son heure de gloire. À ses côtés, la paire Peter Lorre (Hongrois d’origine)/Sidney Greenstreet (son premier film à 62 ans!) qui allait se «commettre» dans d’autres classiques. Diffusion samedi à minuit sur LBCI Dans les années 50, les studios anglais de la Hammer produirent une série de films d’épouvante qui demeurent jusqu’à aujourdui comme des classiques du genre. Reprenant les thèmes pourtant éculés de Frankenstein, de Dracula et des loups-garous, les films généralement réalisés par Terence Fisher apportèrent au genre un éclairage nouveau, grâce aussi à la présence du couple indissociable que formèrent dans l’horreur Peter Cushing et Christopher Lee. Les voici réunis dans Curse of Frankenstein, qui fut le premier d’une série triomphale. Le baron Frankenstein qui a consacré sa vie à la recherche scientifique s’est mis en tête de créer de toutes pièces un être humain idéal. Pour parvenir à son but, il vole le cadavre d’un criminel qu’on vient de pendre et, secondé par le professeur Paul Krempe, lui greffe les mains d’un sculpteur de génie. Plus tard, pour se procurer l’indispensable cerveau, il n’hésite pas à assassiner un vieux savant. Mais le cerveau est endommagé au cours d’une dispute entre Frankenstein et Paul qui, effrayé par leurs recherches, a voulu y mettre un terme. Frankenstein poursuit néanmoins et donne la vie à un être qui se révèle être un monstre. Ce dernier brisant ses chaînes s’enfuit dans la forêt et y tue un homme... Une réalisation raffinée, une atmosphère lourde de mystère et un sens naturel de l’horrible qui rend le film d’autant plus effrayant. Diffusion samedi à 01h00 sur Future TV Honey, I Shrunk the Kids de Joe Johnston va faire la joie des enfants d’autant plus qu’il est diffusé à une heure qui leur sied. Inventeur excentrique, Wayne Szalinski habite en banlieue dans une maison qu’il a transformée en laboratoire. Il y poursuit inlassablement la mise au point d’un rayon laser destiné à rétrécir les objets. Mais ses expériences n’ont guère été concluantes, au point que ses employeurs doutent de ses capacités tandis que ses voisins se plaignent du bruit et que sa femme, lasse d’être délaissée, est allée vivre momentanément ailleurs. Seuls ses deux enfants, Amy et Nick, contraints de se débrouiller, l’observent avec patience et philosophie. Mais un jour où Wayne est absent, une balle de base-ball lancée par l’un des enfants du voisinage vient heurter le rayon laser qui se met à fonctionner contre toute attente, avec des conséquences inattendues. En un instant, Amy et Nick, ainsi que leurs deux voisins Ron et Russ, se retrouvent réduits à une taille presque microscopique dans un monde soudainement transformé en jungle mortelle... Sur le thème de «L’homme qui rétrécit», Johnston brode une fable nouvelle où le spectaculaire flirte avec l’insolite. Et comme c’est produit par Disney, on y croise moult animaux dont certains presque... humains. Les fantastiques effets spéciaux font le reste. Diffusion dimanche à 15h30 sur Future TV La justice est malmenée dans Just Cause d’Arne Glimcher basé sur un roman à succès de John Kazenbatch. Fervent adversaire de la peine de mort, Paul Armstrong, un ancien avocat devenu professeur de droit à Harvard, a accepté de rouvrir le dossier de Bobby Earl, un jeune Noir condamné à mort il y a huit ans pour le viol et l’assassinat d’une fillette. Dès le début, il constate que l’enquête a été bâclée. Lorsqu’il rend visite à Bobby en prison, celui-ci lui révèle que ses aveux ont été extorqués par la violence et qu’un voisin de cellule, tueur en série, s’est vanté auprès de lui d’être le meurtrier de la petite fille. Armstrong obtient la révision du procès et la libération de Bobby. La suite des événements va bouleverser l’homme de loi et le faire douter de ses plus intimes convictions. Les lecteurs du roman ne retrouveront pas, à travers les nombreux changements survenus dans la rédaction du scénario, ce qui fit le succès du livre. Car Just Cause, sur un thème éculé, proposait un traitement ambigu des relations inter-raciales. Elles se résument ici à une intrigue policière, dont la conclusion est, pour le moins, pénible à regarder. La composition de Sean Connery est au-dessus de toute critique. Il est irréprochable en défenseur de l’ordre et de la justice. Diffusion lundi à 20h35 sur LBCI Dangerous Mind de John N. Smith est l’histoire vraie d’une femme-soldat, reconvertie dans l’enseignement. À l’écran, elle a les traits de la belle Michelle Pfeiffer. Après avoir quitté l’armée où elle ne se sentait plus à sa place, LouAnne est engagée comme professeur d’anglais dans un collège où elle se voit confier une classe d’élèves asociaux et incontrôlables venus des ghettos. Dès le premier instant, elle réalise l’ampleur et la difficulté de sa tâche: tous ces jeunes révoltés ne croient plus en rien et ne connaissent qu’une seule loi, celle de la rue. Face à leur violence, elle oppose une sérénité qui, peu à peu, leur en impose. Elle réussit à les faire progresser, à les intéresser à la poésie et reste disponible lorsqu’ils ont des problèmes personnels. Mais son enseignement peu orthodoxe déplaît à ses supérieurs. Si le problème – l’absence de perspectives d’une jeunesse déshéritée – est aigu, les solutions proposées ici semblent un peu trop simplistes. D’autant que les fameux esprits rebelles se révèlent étonnamment dociles. Reste un message d’espoir et des interprètes justes et émouvants. Diffusion lundi à 01h00 sur Future TV Tous à vos postes. Ne sortez pas ce soir, car on vous propose Bandwagon de Vincente Minnelli. Et même si vous détestez les films musicaux, vous allez adorer celui-ci. Autrefois très célèbre, Tony Hunter est aujourd’hui oublié. Il retrouve ses amis Lily et Lester Marton qui veulent monter avec lui un grand «musical» dont le fameux metteur en scène de théâtre Jeffrey Cordova assurerait la création. Brillant touche-à-tout, Cordova est intéressé par le projet, voyant dans le sujet de cette comédie musicale une nouvelle version de Faust... Est-il encore besoin de le dire: Bandwagon est, avec Singin’ in the Rain, l’un des joyaux de la comédie musicale hollywoodienne. Tout y est réuni pour concourir à une perfection permanente. Alors que parfois les numéros musicaux sont plus ou moins bien intégrés à l’hisoitre, c’est sans la moindre rupture de ton que l’action dramatique se change ici en ballet. Quittant leur calèche, Fred Astaire et Cyd Charisse découvrent au cours d’un ballet à deux dans Central Park la profondeur de leur amour et, soudain, le brouhaha de la ville, et l’énervement des répétitions s’efface au profit de l’amour qui unit ces deux être isolés dans la nuit. À l’opposé de ce numéro intimiste, le ballet final, l’admirable Girl Hunt, rend hommage et parodie en même temps le roman policier américain du type de ceux de Mickey Spillane. Variation souvent ironique et nostalgique sur le monde du spectacle et celui de la création, Tous en scène a bénéficié de la qualité artistique de la Metro-Goldwyn-Mayer qui, sous la houlette d’Arthur Freed, donnait à la comédie musicale ses plus purs chefs-d’œuvre. Retrouver Fred Astaire, dirigé par Minnelli et chantant By Myself, revoir Cyd Charisse en vamp des bas-fonds est un spectacle fabuleux et, comme toujours, Minnelli laisse au passage sourdre ses fantasmes les plus chers, créant une relation troublante entre le rêve et la réalité. Fred Astaire, Cyd Charisse, Minnelli... Un rendez-vous à ne manquer sous aucun prétexte! Diffusion mardi à minuit sur LBCI Armageddon est l’exemple-type de ces grosses productions hollywoodiennes où tous les éléments suscpetibles de séduire les publics les plus divers sont mis à contribution; vedettes (l’irrésistible Bruce Willis), effets spéciaux, scénario à rebondissements, etc., le tout sur toile de fond d’apocalypse et de fin du monde! Après qu’une pluie de météorites s’est abattue sur New York, la Nasa découvre qu’un astéroïde de la taille du Texas se dirige vers la Terre à la vitesse de 35000 km/h. L’impact, prévu dans dix-huit jours, anéantira toute vie à la surface du globe. Il apparaît très vite à Dan Truman, le directeur de la Nasa, et ses collaborateurs que le seul moyen d’éviter le désastre est d’aller placer une charge nucléaire au cœur de l’astéroïde. Et Harry S. Stamper, éminent spécialiste du forage pétrolier, semble tout désigné pour conduire l’opération. Harry accepte mais exige d’être entouré de son efficace mais peu reluisante équipe: à savoir sa fille Grace, le soupirant de celle-ci, A.J. Frost, «Chick» Chapple, Oscar Choi, Rockhound, Max Lennert et Ronald Quincy... Si l’on frise par instant l’overdose d’explosions, de morceaux de bravoure ou d’emphase, on doit reconnaître l’efficacité de cette grosse artillerie non dénuée d’humour et dotée d’impressionnants effets spéciaux (le bombardement de météorites sur New York notamment). Diffusion jeudi à 21h30 sur Future TV PORTRAIT Vincente Minnelli l’enchanteur! Dans l’univers parfois vulgaire d’Hollywood, Vincente Minnelli était l’élégance même. Au milieu de ceux qui parlaient haut et fort en se poussant du col, sa réserve et sa modestie détonaient. Pourtant, cet homme fluet et discret savait se faire respecter. En trente-cinq ans de carrière, il a bâti, film après film, une œuvre fascinante qui, avec les années, gagne encore en richesse et en densité. Enfant de la balle, il débute à quatre ans sur scène aux côtés de ses parents. À seize, il travaille comme décorateur et metteur en scène pour la chaîne de théâtres Baladan et Katz. Un an plus tard, il crée les décors et les costumes des grandes revues de Broadway. Le cinéma s’intéresse au jeune prodige. Le producteur Arthur Freed, grand maître de la comédie musicale à la MGM, le fait venir à Hollywood. Hormis trois films, réalisés à la fin de sa carrière, Minnelli restera toujours fidèle à cette compagnie. Dès ses débuts, il apparaît comme un prince de la comédie musicale. Il lui donne même ses lettres de noblesse en plaçant An American in Paris sous le patronage des grands peintres français: Dufy, Toulouse-Lautrec, le Douanier Rousseau... Mais il est aussi l’auteur de comédies légères (Father of the Bride, Designing Woman) et de mélodrames flamboyants Four Horsemen of the Apocalypse. Coloriste magistral et chorégraphe de la caméra, Minnelli laisse une œuvre dont l’apparence polie et raffinée ne cache plus, désormais, la profondeur et la sagacité. Une des dernières joies de sa vie fut sans doute de diriger sa fille Liza. À celle dont il suivait la carrière avec tendresse, (il avait dessiné son maquillage dans Cabaret), il offrit Nina, somptueux écrin vénitien, film maudit et méconnu, le dernier qu’il nous ait donné. COURRIER Est-ce que vous connaissez la chaîne Show Time? Comme vous savez pertinemment, depuis le temps que je le répète, que je n’ai pas d’antenne parabolique, ni de câble, j’ignorais l’existence de cette chaîne qui vient de se manifester à moi, par courrier interposé. Le courrier en question comportait une carte me permettant de suivre les films diffusés dans l’émission Home Cinema. Me voilà comblé, bien que... Je tiens donc à remercier ici ceux qui m’ont fait ce cadeau qui a dû faire la joie de beaucoup d’autres, comme l’acteur égyptien Mohammed Saad, sur notre photo.
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