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Actualités - Reportage

Les films à la télé Marlon et Humphrey For Ever!(photos)

Les films... du moins ce qu’il en reste, étant donné le retard avec lequel certaines stations opèrent!... ne nous offrent pas la possibilité de vous dire grand-chose sinon que les énormes personnalités de Marlon Brando et de Humphrey Bogart dominent le tout, même si le second est à l’affiche d’un film «Dark Passage» qui n’est pas son meilleur. Mais le fait qu’il y retrouve sa femme Lauren Bacall avec laquelle il forma un couple mythique mérite qu’on s’y attarde. Quant à Marlon Brando, il est tout simplement extraordinaire dans «Jules Cesar», que Joseph L. Mankiewicz adapta de la célèbre tragédie de Shakespeare. Bien qu’entouré d’authentiques tragédiens, James Mason et John Gielgud en tête, Brando vous étonnera une fois de plus. Et comme il était beau! Et si la menace domestique avait pour traits un petit blondinet à qui on donnerait le Bon Dieu sans confession? Tel est Denis, et la menace, c’est lui! Denis The Menace! Denis n’a pas encore 6 ans, mais, avec son visage d’ange, c’est la terreur des baby-sitters. Imaginatif et doté d’une énergie débordante, il accumule les bêtises et provoque les catastrophes. Cela amuse beaucoup ses parents, mais cause le désespoir de son voisin George Wilson, un postier à la retraite qui déteste les enfants. Les parents de Denis doivent partir plusieurs jours à l’étranger et ils confient leur bambin à l’épouse de George. Celui-ci, accablé, voit arriver dans sa maison le redoutable prédateur. Pour cet homme tranquille, c’est le début d’un cauchemar. Les quatre cents coups d’une tornade en culottes courtes adaptés d’une BD de 1951 remise au goût du jour. Mais on rit peu, l’intrigue est sommaire et la réalisation convenue. Le regretté Walter Matthau tire son épingle du jeu avec son personnage, bien rodé, de bon vieux grincheux. Diffusion samedi à 13h05 sur Future TV Biographie romancée, The Great Waltz est un de ces fastueux spectacles dont la MGM s’enorgueillissait à son âge d’or, c’est-à-dire à la fin des années 30. Le héros de ce film: Johann Strauss. Employé de banque à Vienne, vers le milieu du siècle dernier, Johann Strauss, fils d’un musicien célèbre, est renvoyé parce qu’il compose des valses au lieu de tenir les comptes. Soutenu par sa fiancée Poldi, fille du pâtissier Vogelhuber, il fonde un orchestre amateur qui débute à la brasserie Dommayer. La belle cantatrice Carla Donner s’intéresse à lui, soutient sa carrière. Après le triomphe de Carnet de bal, couronné à la Biennale de Venise 1937, Julien Duvivier fut invité à Hollywood pour tourner un film dans les studios de la MGM. On lui confia finalement la réalisation d’une vie de Johann Strauss fils, dont le scénario fut écrit par des émigrés autrichiens et allemands qui avaient fui le nazisme. Ce scénario, pas très fidèle à l’histoire du roi de la valse viennoise, reposait sur des éléments sentimentaux et romanesques permettant d’introduire des intermèdes musicaux. Duvivier s’adapta d’instinct à la technique des studios hollywoodiens. Avec les grands décors de la Métro, un budget très important, une nombreuse figuration, il recréa l’atmosphère viennoise et traita la double histoire d’amour sur un ton mélancolique et quelque peu dramatique. The Great Waltz n’est pourtant pas un exercice de style à l’américaine. Si Duvivier a délaissé, ici, l’univers noir du «réalisme poétique» de ses œuvres françaises, il n’en a pas moins donné un film extrêmement attachant par son climat historique, l’exaltation de la valse et la direction d’acteurs (Fernand Gravey et la merveilleuse Luise Rainer en particulier). Certaines séquences ont grande allure, telle la fuite en forêt de Strauss et de Carla Donner au moment de la Révolution de 1848, qui donne naissance à la valse Légende de la forêt viennoise. Diffusion samedi à minuit sur LBCI Un western de série: ainsi se présente The Charge at Feather River de Gordon Douglas. Ce dernier, bien que spécialiste du genre, s’est contenté de tourner ce film avec un seul et unique objectif en tête: utiliser toutes les possibilités de la 3D (Troisième dimension), procédé qui venait d’être remis au goût du jour afin de lutter contre la concurrence de la télé. La 3D réussissait à donner l’illusion d’une forme de relief qui faisait que certaines choses semblaient sortir de l’écran en direction du spectateur. C’est pourquoi tout au long du film des Tomahawks, des flèches, des couteaux, des meubles et même une giclée de tabac mâché sortent de l’écran... Mais en échange, rien de bien neuf ne sortait du scénario qui comportait la classique opposition entre les forces de la cavalerie américaine et les Cheyennes. Ces derniers ayant kidnappé deux jeunes femmes Blanches, les militaires sont envoyés à la rescousse. Les jeunes femmes sont sauvées, mais le retour ne se fera pas sans difficultés. Diffusion samedi à 01h00 sur Future TV Les histoires de jumeaux ou de sosie ont toujours été largement exploitées au cinéma. Avec des résultats mitigés. Ainsi, malgré de bonnes intentions, Steal Big, Steal Little d’Andrew Davis risque de vous laisser sur votre faim. Frères jumeaux et orphelins, Ruben et Robby ont été adoptés par Mona, une danseuse célèbre aussi riche que généreuse. Ensemble, ils ont grandi dans un immense ranch, bercés de principes humanistes. Pourtant, devenus adultes, tout les sépare. Ruben, doux et idéaliste, aime la nature et aide son prochain. Robby, cupide et arriviste, ne s’intéresse qu’à l’argent. À la mort de Mona, Ruben hérite de la totalité des biens de sa mère adoptive. Entre les deux frères, c’est la guerre. Robby rêvait de réaliser une formidable opération immobilière en vendant le domaine à des promoteurs. Il échafaude alors un plan pour récupérer l’héritage avec la complicité des notables de la ville. Mais le gentil Ruben va se battre, car il tient à sa terre. Spécialiste du polar musclé, Andrew Davis a voulu s’offrir des vacances, en même temps qu’il donnait sa chance à Andy Garcia, talentueux second rôle ici doublement mis à l’honneur. On reste, hélas, sur sa faim, tant le film est bavard et mal construit. Diffusion lundi à 20h30 sur LBCI Le théâtre de Shakespeare est une mine d’inspiration pour les cinéastes. La tâche est pourtant difficile: le génie de l’auteur ne peut s’adapter à la médiocrité de certaines adaptations. Mais, ici, avec Julius Caesar de Joseph L. Mankiewicz, nous sommes en présence d’une œuvre exceptionnelle. En l’an 44 avant Jésus-Christ, César est à l’apogée de la gloire et du pouvoir. L’excès même des honneurs le rendit odieux aux Romains jaloux de leur liberté. Cassius (John Gielgud) ourdit une conspiration et entraîne derrière lui une poignée de sénateurs. Parmi eux: Brutus (James Mason), homme intègre et pur. Malgré les mises en garde de ses proches, César se rend au Capitole le jour des Ides de Mars. Il est poignardé. Marc-Antoine (Marlon Brando), le dauphin, feint de comprendre le geste des meurtriers mais demande à parler au peuple après Brutus. Séduite par son trop habile discours, la foule se retourne contre les conspirateurs... Shakespeare s’est inspiré de Plutarque. Et Mankiewicz, avec beaucoup d’humilité, s’est attaché à respecter fidèlement la pièce. Dans des décors travaillés et une mise en scène soignée, un grand acteur shakespearien (John Gielgud) distille son texte. Rien à voir avec les envolées baroques d’un Orson Welles. Pourtant Marlon Brando, avec son profil de jeune dieu grec, donne à Marc-Antoine une vigueur étonnante tandis que James Mason confère à Brutus une inquiétude vibrante et communicative. Grâce à eux, au-delà des faits de l’histoire, on sonde les abysses du cœur humain et les passions que sont la vanité, l’ambition, la jalousie et la roublardise. Le pouvoir empoisonne et la vertu de Brutus, que Marc-Antoine, son rival, a l’intelligence de saluer («De tous les conspirateurs, ce fut là le plus noble») ne sert à rien. «Vertu, tu n’es qu’un mot», soupire Brutus en mourant. Diffusion lundi à minuit sur LBCI On a tant de fois annoncé ce film que nous nous demandons si cette fois sera la bonne... Dark Passage de Delmer Daves constitue une occasion de revoir à l’écran un couple mythique, celui que formèrent dans la vie comme à l’écran Humphrey Bogart et Lauren Bacall. Le scénario (de Delmer Daves également) ne leur permet pas pourtant d’exprimer cette fascination qu’ils exercèrent dans leurs deux films précédents To Have and Have Not et The Big Sleep. Et pourtant Humphrey Bogart incarne un personnage qui lui est familier: celui d’un meurtrier (présumé!) qui réussit à s’enfuir. Il a recours à un chirurgien qui lui refait un nouveau visage, afin de lui permettre de démasquer le véritable criminel. Durant toute la première partie du film, Humphrey Bogart est invisible. La caméra subjective le remplace et nous fait voir les choses à travers son regard. C’est lorsqu’on lui enlève ses pansements qu’on découvre enfin son visage. Entre-temps, Boguie a trouvé refuge dans l’appartement d’une artiste (Lauren Bacall) et, bien entendu, celle-ci tombe amoureuse de l’homme sans visage. Ce sont les seconds rôles qui se tirent le mieux de cette histoire: Agnès Moorehead dans le rôle de la meurtrière, Tom d’Andrea, en chauffeur de taxi, Clifton Young, un petit voyou, et Housseley Stevenson, dans le rôle du chirurgien accommodant, tirent au mieux leur épingle du jeu. Diffusion jeudi à minuit sur LBCI PORTRAIT Andy Garcia (Steal Big, Steal Little): le Cubain catholique de Hollywood! Le mot compromis ne fait pas partie du vocabulaire bilingue d’Andy, acquis à 5 ans sous le soleil de Miami à coups de poing, sous les moqueries de ses camarades. Son père, avocat à La Havane, et sa mère, prof d’anglais, venaient de débarquer en Floride avec leurs trois fils, chassés par la révolution. Le petit ramassait des douilles de balles dans la rue pendant le débarquement anti-castrite manqué de la baie des Cochons, en 1961. «Mes autres souvenirs de Cuba, je les ai inventés. Nous sommes arrivés aux États-Unis avec nos droits civiques pour seule richesse. Mon père a dû emprunter 25 cents pour téléphoner.» Sa seule exigence d’acteur est de ne pas tourner de scènes dénudées. La seule à qui Andy se réserve exclusivement, depuis vingt ans, s’appelle Marivi. Romantique au point d’avoir demandé sa brune compatriote en mariage le soir de leur rencontre, ce catholique pratiquant est défini comme «très marié» par ses partenaires. Les Cubains ne badinent pas avec les valeurs familiales. Andy élève ses trois filles (Dominik, 17 ans, Daniella, 13 ans, Alessandra, 9 ans) et refuse même un rôle qui ne lui permet pas d’aller chercher ses «chicas» à l’école. Cubain il est, Cubain il restera. «Si l’île changeait de régime, j’y repartirais dans la seconde. Je contemplerais mes avocatiers, je surveillerais mon business, le soir je jouerais de la conga.» Ce petit-fils d’un fabricant de cigares rend hommage aux siens dès qu’il peut. Avant le Buena Vista Social Club, il a réhabilité, dans un documentaire, un papy de la musique latino, le mambo king Cacahao Lopez. Et il compte toujours réaliser Lost City, film autobiographique sur une famille cubaine dans la tourmente révolutionnaire.
Les films... du moins ce qu’il en reste, étant donné le retard avec lequel certaines stations opèrent!... ne nous offrent pas la possibilité de vous dire grand-chose sinon que les énormes personnalités de Marlon Brando et de Humphrey Bogart dominent le tout, même si le second est à l’affiche d’un film «Dark Passage» qui n’est pas son meilleur. Mais le fait qu’il y retrouve sa femme Lauren Bacall avec laquelle il forma un couple mythique mérite qu’on s’y attarde. Quant à Marlon Brando, il est tout simplement extraordinaire dans «Jules Cesar», que Joseph L. Mankiewicz adapta de la célèbre tragédie de Shakespeare. Bien qu’entouré d’authentiques tragédiens, James Mason et John Gielgud en tête, Brando vous étonnera une fois de plus. Et comme il était beau! Et si la menace domestique avait pour traits un...