C’est un bien joli mot: tradition... Le Larousse le définit comme suit: «Transmission de doctrines, de légendes, de coutumes pendant un long espace de temps...». Autrement dit, dans mon langage à moi, «conservation de tout ce qui, dans le passé, a été pour nos aïeux un motif de fierté et dont ,à notre tour, nous nous orgueillissons!» Ma définition ne figurera jamais dans le Larousse, ni dans les annales du journalisme. Mais je m’en console en me disant que le mot «tradition» ne figure pas dans le vocabulaire des dirigeants de nos chaînes de télévisions... Du moins, celles qui en restent. Qu’a-t-on fait, depuis les premiers balbutiements du canal officiel jusqu’au déferlement des stations partisanes de ces dernières années, pour rappeler aux téléspectateurs des traditions qui sont bien à nous? Je ne dirai pas «rien», ce serait peut-être «excessif» et comme, ces temps-ci, le mot «extrémiste» est à la mode, je me contenterai, pour ne pas être qualifié de l’être, de dire «pas grand-chose». Pourtant, comme nous aurions été comblés de voir la télévision prôner nos qualités de générosité, d’hospitalité (autrement qu’en flouant les pauvres touristes étrangers), de convivialité, de tolérance, d’ouverture sur le monde, de tempérance et de tolérance. Combien nous aurions aimé voir le petit écran illustrer la vie de ces martyrs qui furent pendus pour avoir résisté aux Turcs et dont le souvenir nous était jadis rappelé par une place qui n’existe plus. Et d’autres: du grand Béchir au flamboyant Fakhreddine, de Youssef Karam à Riad el-Solh, sans oublier tous ceux qui, à l’étranger, brillent dans des domaines aussi divers que la défense du consommateur, la médecine ou bien la physique. Il ne reste, pour réveiller ce qui reste encore de mémoire collective, dans une société tellement individualisée que s’en est scandaleux, que ces quelques troubadours qui manient, avec une verve poétique remarquable, un art qui n’appartient qu’au Liban: le «zajal». Jadis – la télévision a quand même cinquante ans d’existence au Liban – le «zajal» faisait notre joie à tous. Il n’y a plus qu’une seule chaîne pour nous proposer ce qui est, peut-être, la dernière troupe de ces poètes-troubadours. À la poésie, on préfère aujourd’hui des émissions «alléchantes», autrement dit: vides et vulgaires. Et à la musique du terroir, les décibels de la stéréo hurlante... Alain PLISSON P.-S.: Raison et sentiment, titre français de Sense and Sensibility d’Ang Lee avec Emma Thompson, Hugh Grant et Kate Winslet.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats C’est un bien joli mot: tradition... Le Larousse le définit comme suit: «Transmission de doctrines, de légendes, de coutumes pendant un long espace de temps...». Autrement dit, dans mon langage à moi, «conservation de tout ce qui, dans le passé, a été pour nos aïeux un motif de fierté et dont ,à notre tour, nous nous orgueillissons!» Ma définition ne figurera jamais dans le Larousse, ni dans les annales du journalisme. Mais je m’en console en me disant que le mot «tradition» ne figure pas dans le vocabulaire des dirigeants de nos chaînes de télévisions... Du moins, celles qui en restent. Qu’a-t-on fait, depuis les premiers balbutiements du canal officiel jusqu’au déferlement des stations partisanes de ces dernières années, pour rappeler aux téléspectateurs des traditions qui sont bien à nous? Je ne dirai...