Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Arrêt sur image Le plaisir

Hier encore (Aznavour, dixit!), la télé vivait ses belles soirées avec des émissions – lucratives – de variétés. Les interprètes venaient y faire gratuitement la promotion de leur dernier (et souvent dernier) disque, sans pour autant se fatiguer, play-back oblige. Cela dure jusqu’au moment où le public eut atteint le ras-le-bol, et Michel Drucker, qui avait été le maître de ces émissions-là, mit la clé sous le paillasson. Voilà que l’autre soir, en lieu et place d’Élie Nacouzi – où était-il ce lundi-là? – je vis apparaître, tenez-vous bien, Céline Dion pour son come-back, entourée de Garou, Jean Jacques Goldman, Pascal Obispo, Gérald de Palma. De quoi saliver mais surtout de quoi s’enflammer, d’autant plus que la très belle Flavie Flament officiait et qu’elle avait invité sur le plateau Dany Brillant, Lâam et Frédéric Sherbourne (quel duo!), et ces nouveaux grands talents canadiens que sont Natasha St-Pierre et France d’Amour. Explication de Cécile Dion sur la vague déferlante des interprètes canadiens: «Nous venons d’un pays proche de l’Amérique et nous sommes proches de la France. Nous essayons donc de combiner ce qui se fait de meilleur chez l’un comme chez l’autre!». On applaudit! On pourrait en faire de même nous qui sommes à mi-chemin entre l’Occident et l’Orient! Un grand moment d’émotion fut atteint lorsque 34 enfants vinrent chanter Il suffirait d’aimer pour les 34 ans de Céline Dion. Bien entendu, ce programme «non communiqué» n’a dû être suivi que par quelques very few dont je suis très heureux d’avoir fait partie. Le hasard fait parfois bien les choses. En tout état de cause, cette émission aura réussi à me réconcilier avec la chanson française d’aujourd’hui! Ici, où tout le monde chante et danse, c’est devenu l’ambition de tout un chacun parmi les moins de 18 ans et pour cause, quelle chance de vivre de son talent à condition d’en avoir. Aussi peut-on se demander pourquoi nos programmes de variétés se limitent à la tonitruante émission de Ya Leil Ya Eyn où tout le monde chante faux... sauf le gentil animateur, où nos artistes sont réduits à passer dans des émissions de jeux ou à briller dans des clips aussi artificiels les uns que les autres. Quand donc, à l’image de Céline Dion, nos artistes, comme Magida el-Roumi, Ghassane Saliba, Sabah, Marcel Khalifé et pourquoi pas Feyrouz, accepteront-ils de venir chanter – en direct – entourés de leurs camarades? Pour leur plaisir et pour le nôtre. Alain PLISSON P.-S.: Le plaisir, film de Max Ophuls avec Jean Gabin, Danielle Darrieux.
Hier encore (Aznavour, dixit!), la télé vivait ses belles soirées avec des émissions – lucratives – de variétés. Les interprètes venaient y faire gratuitement la promotion de leur dernier (et souvent dernier) disque, sans pour autant se fatiguer, play-back oblige. Cela dure jusqu’au moment où le public eut atteint le ras-le-bol, et Michel Drucker, qui avait été le maître de ces émissions-là, mit la clé sous le paillasson. Voilà que l’autre soir, en lieu et place d’Élie Nacouzi – où était-il ce lundi-là? – je vis apparaître, tenez-vous bien, Céline Dion pour son come-back, entourée de Garou, Jean Jacques Goldman, Pascal Obispo, Gérald de Palma. De quoi saliver mais surtout de quoi s’enflammer, d’autant plus que la très belle Flavie Flament officiait et qu’elle avait invité sur le plateau Dany...