S’il n’y avait pas eu le report de «Silk Stockings» de Rouben Mamoulian, vous n’auriez pas eu grand-chose à vous mettre sous la dent cette semaine. Heureusement, qu’il y a ce petit bijou de la comédie musicale américaine avec les deux plus grands danseurs du monde : Fred Astaire et Cyd Charisse, éblouissants en solo ou en duo... Sinon, qu’y a-t-il ? «Best Men» l’histoire d’un casse défendu par une équipe de jeunes, William Holden et Nancy Olson dans une histoire d’amour sur fond de guerre avec «Force of Arms», James Cagney défendant avec acharnement son «Lion is in the Streets» sans convaincre vraiment, Cindy Crawford ratant son entrée au cinéma avec «Fair Games» et une bonne illustration d’un classique de Mark Twain «The Adventures of Hucklberry Finn». Le tout en attendant (sans grand espoir !) des lendemains meilleurs... Cyd Charisse et Fred Astaire à l’affiche d’un film de Rouben Mamoulian : que peut-on espérer, sinon un chef-d’œuvre de la comédie musicale. C’est Silk Stockings. Le producteur américain Steve Canfield a engagé le compositeur russe Peter Boroff. Celui-ci décide donc de rester à Paris, au lieu de retourner dans son pays. Furieux, le gouvernement soviétique dépêche à Paris trois envoyés extraordinaires – Brankov, Ivanov et Bibinski – avec, pour mission, de ramener Boroff. Mais les trois émissaires cèdent, grâce à Canfield, aux délices de la vie parisienne. Nina Yoshenko est alors envoyée à son tour dans la capitale française, afin de tenter de ramener à la fois Boroff et les trois précédents émissaires. Elle fait la connaissance de Steve Canfield qui, séduit par son charme, décide de lui faire visiter Paris. À commencer par celui qu’ignorent habituellement les touristes : le Paris laborieux des ouvriers et des travailleurs. Peu à peu, Nina succombe à son tour aux attraits de la vie occidentale... «Je disposais – déclarait Rouben Mamoulian – des deux meilleurs danseurs du monde, et ce qui me passionna fut de donner à la danse une importance plus grande qu’à l’action proprement dite, qui n’était qu’une reprise de “Ninotchka”. La progression psychologique et dramatique n’existait que dans les ballets. C’est en dansant que les personnages prenaient conscience de telle ou telle chose, et les ballets n’étaient pas du tout conçus comme des moments de simple spectacle». Silk Stockings est, en effet, le remake du Ninotchka d’Ernst Lubitsch, dans lequel Greta Garbo était opposée à Melvyn Douglas. Devenue une comédie musicale, Ninotchka a perdu une partie de l’humour cinglant de Lubitsch, mais la très grande qualité de ses numéros chorégraphiques en fait une nouvelle réussite. Selon son goût, on préférera l’éblouissant Ritz Roll and Rock interprété par un Fred Astaire en grande forme, ou le charme sensuel de l’admirable Silk Stockings que danse Cyd Charisse en se métamorphosant. Réunis pour la première fois depuis Bandwagon de Vincent Minnelli, Astaire et Cyd Charisse incarnent une perfection artistique dont le secret semble avoir été perdu depuis... Diffusion mardi à minuit sur LBCI Dans Best Men Tamara Davis bénéficie d’une distribution de jeunes interprètes qui contribuent beaucoup, par l’énergie dont ils font preuve, à faire de ce petit film une agréable surprise. Ce sont Sean Patrick Flannery, Luke Wilson, Dean Cain, Andy Dick et la mignonne Drew Barrymore, en brunette. Dans une petite ville du sud des États-Unis, quatre jeunes gens en smoking, Billy, Buzz, Teddy et Sol viennent cueillir leur pote Jesse à la sortie du pénitencier où il vient de passer trois ans. Ce dernier a revêtu la jaquette. Et pour cause : il doit se marier le jour même. Mais sur la route de l’église, Billy, fils du shérif local, se fait déposer devant une banque «pour y prendre du liquide», dit-il. Comme il se fait attendre, Buzz va le chercher pour découvrir que celui-ci est en train de dévaliser l’établissement en déclamant du Shakespeare. Quelques instants plus tard, les cinq copains se retrouvent bloqués à l’intérieur de l’agence, assiégés par la police et avec une poignée d’otages sur les bras... Malgré quelques lourdeurs, l’ensemble laisse une impression favorable. Diffusion mercredi à 01h00 sur Future TV Par beaucoup de côtés, le scénario de Force of Arms rappelle le roman de Hemingway A Farewell to Arms. Même similitude dans le titre aussi... Mais le scénario de Oris Jannings, basé sur une histoire de Richard Tregaskis, s’il se situe toujours en Italie, se déroule cette fois-ci au cours de la Seconde Guerre mondiale. William Holden incarne un soldat américain qui, durant la bataille de San Pietro, rencontre et tombe amoureux non pas d’une infirmière, comme dans le roman d’Hemingway, mais d’une Américaine qui fait partie des services de l’armée. Cette dernière, traumatisée par l’expérience quotidienne qu’elle vit sur le front, refuse de répondre aux avances du beau militaire, mais elle finira par céder... Michael Curtiz, qui dirigea Casablanca, a visiblement privilégié, comme dans l’autre film, la relation touchante entre les deux personnages. Ils sont bien entourés de Frank Lovejoy, dans le rôle du commandant, de Gene Evans, Dick Wesson et Paul Picerni, les «potes» de William Holden. Max Steiner a signé la partition musicale qui contribue beaucoup à l’atmosphère désenchantée du film. Trois ans plus tard, William Golden remportait l’Oscar dans Stalag 17 et le film connut une nouvelle carrière sous un nouveau titre A Girl For Joe. Diffusion jeudi à 10h30 et 23h30 sur Zen TV A Lion is in The Streets fut un des derniers films que James Cagney tourna pour la compagnie dont il avait été une des grandes vedettes, la Warner. Le film est basé sur un roman qui, en 1945, remporta un beau succès de vente en librairie. James Cagney y incarne le personnage principal, celui d’un colporteur de Louisiane qui se découvre des ambitions politiques. Et pour arriver au poste convoité de gouverneur, il ne va pas hésiter à corrompre tous ceux qui gênent sa progression. Bien entendu James Cagney se taille la part du «lion» dans un scénario fait sur mesure, d’autant plus sur mesure que ce furent ses deux frères William et Edward qui produisirent le film et que sa sœur Jeanne s’y vit attribuer un rôle secondaire. Pratiquement une entreprise familiale à laquelle contribua également derrière les caméras Raoul Walh, qui avait signé quelques-uns des films les plus célèbres de la star. A Lion is in The Streets ne fut pas à la hauteur de ce que l’on attendait: le film ne convainquit personne, comme d’ailleurs l’accent du Sud que James Cagney dut adopter pour le rôle. Par contre, Anne Francis, dans le rôle d’une blonde tentatrice nommée Flamingo, fit forte impression. Diffusion vendredi à 11h30 et 00h30 sur Zen TV Les débuts de Cindy Crawford à l’écran dans Fair Game d’Andrew Sipes n’ont pas fait de vagues et pour cause. Kate McQuean, avocate de Miami, engage une action pour faire saisir le bateau d’un mari indélicat dans une affaire de divorce. Dans les jours qui suivent, elle devient la cible d’un mystérieux commando dirigé par Kazak, un ancien colonel du KGB, dont elle contrarie involontairement les projets criminels. Kate subit plusieurs agressions, dont un attentat à l’explosif auquel elle survit miraculeusement. La police charge Max, un inspecteur fort séduisant, de la protéger. Ensemble, ils tentent d’échapper aux tueurs et de résoudre cette énigme. Un scénario inexistant où quelques cascades tiennent lieu d’action. Le talent de comédienne de Cindy Crawford est, hélas, inversement proportionnel à sa plastique. Un ratage navrant qui fut, en outre, un cuisant échec commercial. Diffusion vendredi à 21h30 sur Future TV The Adventures of Hucklberry Finn: de toutes les versions nombreuses des aventures de Hucklberry Finn, celle-ci est la plus longue. Elle dure 160 minutes, ce qui explique sa diffusion en deux parties. Comme tous les romans de Mark Twain, celui-ci se situe dans le vieux Sud à la fin du siècle dernier. Hucklberry Finn est affligé d’un père violent et ivrogne. Heureusement, il est élevé avec tendresse par la veuve Douglass et Mademoiselle Watson. Mais le père de Hucklberry voit là une occasion de soutirer de l’argent aux deux femmes. Pour satisfaire aux exigences de l’ivrogne, la veuve est prête à vendre Jim, son esclave fidèle... Mais Hucklberry décide de s’enfuir avec Jim et les voilà tous les deux partis sur les routes de la Louisiane. L’aventure sera leur lot... Ce qui n’aurait pu être qu’un banal film de série illustrant un classique de la littérature américaine devient ici une chronique tendre et nostalgique, amère et parfois inquiétante de l’Amérique profonde vue par les yeux d’un enfant, où il fait bon pêcheur au bord de la rivière mais où, également, la foule est toujours prête à se réunir pour lyncher un Noir, éternel présumé coupable. Cette version fut produite par American Playhouse, une compagnie qui se distingua dans l’adaptation des classiques américains. Peter H. Hunt a signé un film dont l’imagerie est souvent très belle, et dans lequel Patrick Day, dans le rôle de Hucklberry, et Samm-Art Williams, dans le rôle de Jim, font merveille. Et quel plaisir de retrouver ses vétérans du 7e art que sont Lilian Gish, Geraldine Page, Richard Kiley, dans des emplois épisodiques. Diffusion samedi à 14h45 sur MTV
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