Il n’y en a que pour les Américains, cette semaine. Défendant le monde contre un virus mortel dans «Outbreak», défendant la démocratie contre le communisme dans «Silk Stockings», un bijou du musical avec Astaire et Charisse, défendant la liberté sexuelle des jeunes dans «Singles» et enfin posant le droit des Noirs dans «Clockers». Si vous n’aimez pas la société américaine, cette semaine n’est pas la vôtre ! Depuis qu’il a été établi que le virus du Sida est venu d’Afrique, on peut imaginer que beaucoup d’autres maladies mortelles peuvent se cacher dans la brousse africaine. C’est le propos de Outbreak de Wolfgang Petersen. Sur ordre du général Ford, le colonel Sam Daniels, de l’Institut de recherche sur les maladies infectieuses, arrive en Afrique pour étudier la cause d’une épidémie qui décime la population d’un village zaïrois. Il découvre que c’est un mystérieux virus, transmissible par voie aérienne, qui provoque la mort en quelques heures par hémorragie interne. De retour aux États-Unis, Sam demande au général Ford de prendre les mesures de sécurité qui s’imposent, mais celui-ci déclare qu’il n’y a aucun risque. Pourtant, le virus, importé aux USA par un singe, s’attaque à une bourgade de Californie et se propage à une rapidité foudroyante. Face à ce fléau, le Pentagone envisage d’éradiquer la maladie en bombardant la ville. Sam, lui, cherche le sérum salvateur. Il se heurte à ses supérieurs qui veulent garder le virus comme arme bactériologique. Un sujet grave et qui n’a rien perdu de sa brûlante actualité. Wolfgang Petersen en fait le motif d’un thriller d’aventures tout aussi spectaculaire que minutieusement documenté. Au point qu’on en oublie le schématisme de sa construction dramatique. Diffusion lundi à 21h35 sur LBCI Cyd Charisse et Fred Astaire à l’affiche d’un film de Rouben Mamoulian : que peut-on espérer, sinon un chef-d’œuvre de la comédie musicale. C’est Silk Stockings. L’histoire : le producteur américain Steve Canfield a engagé le compositeur russe Peter Boroff. Celui-ci décide donc de rester à Paris, au lieu de retourner dans son pays. Furieux, le gouvernement soviétique dépêche à Paris trois envoyés extraordinaires – Brankov, Ivanov et Bibinski – avec, pour mission, de ramener Boroff. Mais les trois émissaires cèdent, grâce à Canfield, aux délices de la vie parisienne. Nina Yoshenko est alors envoyée à son tour dans la capitale française, afin de tenter de ramener à la fois Boroff et les trois précédents émissaires. Elle fait la connaissance de Steve Canfield qui, séduit par son charme, décide de lui faire visiter Paris. À commencer par celui qu’ignorent habituellement les touristes : le Paris laborieux des ouvriers et des travailleurs. Peu à peu, Nina succombe à son tour aux attraits de la vie occidentale... «Je disposais – déclarait Rouben Mamoulian – des deux meilleurs danseurs du monde, et ce qui me passionna fut de donner à la danse une importance plus grande qu’à l’action proprement dite, qui n’était qu’une reprise de “Ninotchka”. La progression psychologique et dramatique n’existait que dans les ballets. C’est en dansant que les personnages prenaient conscience de telle ou telle chose, et les ballets n’étaient pas du tout conçus comme des moments de simple spectacle». Silk Stockings est, en effet, le remake du Ninotchka d’Ernst Lubitsch, dans lequel Greta Garbo était opposée à Melvyn Douglas. Devenue une comédie musicale, Ninotchka a perdu une partie de l’humour cinglant de Lubitsch, mais la très grande qualité de ses numéros chorégraphiques en fait une nouvelle réussite. Selon son goût, on préférera l’éblouissant Ritz Roll and Rock interprété par un Fred Astaire en grande forme, ou le charme sensuel de l’admirable Silk Stockings que danse Cyd Charisse en se métamorphosant. Réunis pour la première fois depuis Bandwagon de Vincente Minnelli, Astaire et Cyd Charisse incarnent une perfection artistique dont le secret semble avoir été perdu depuis... Diffusion mardi à minuit sur LBCI Des films, de plus en plus nombreux, sont consacrés aux jeunes et à leurs problèmes. Cela va de la comédie niaise au constat social. Singles de Cameron Crowe se situe plutôt du second côté ! 1992 à Seattle. Deux garçons et trois filles de 20 à 25 ans vivent dans un immeuble pour «singles» (célibataires). Cliff, guitariste dans un groupe de rock ringard, gagne sa vie en livrant des fleurs. Steve est ingénieur et il a conçu un train révolutionnaire. Janet travaille comme serveuse dans un restaurant. Linda, conseillère à l’environnement, attend le prince charmant et Debbie court les agences matrimoniales à la recherche d’un mari. Ils sont différents, mais ont un point commun : ils veulent tous aimer et être aimés. Au fil des jours, les couples se forment, se défont, se croisent... Présenté comme le premier film «grunge», Singles est en fait une gentille comédie sentimentale alerte et drôle, défendue par des comédiens sympathiques : Matt Dillon, Bridget Fonda et Campbell Scott. Diffusion jeudi à 01h00 sur Future TV Spike Lee est le chef de file d’un cinéma consacré aux problèmes de la communauté noire de New York. Clockers témoigne de l’engagement de ce réalisateur surdoué. Le propriétaire d’un restaurant de fast-food à Brooklyn est assassiné. Un jeune homme avoue être le meurtrier, mais le détective qui mène l’enquête est persuadé que, malgré ses aveux, le présumé coupable est innocent. Ses soupçons se portent plutôt sur le frère du jeune homme qui travaille pour le patron de la drogue dans le quartier. Comme toujours, en ayant recours à une manière quasi documentaire de tourner, Spike Lee cerne parfaitement la situation qui prévaut dans les quartiers noirs, à travers une galerie de personnages entraînés dans un cercle infernal. Le jargon du départ risque de déconcerter un peu le spectateur qui n’est pas un familier des lieux, mais dès que l’histoire commence à se mettre en place, on ne peut qu’être entraînés, à notre tour, dans la spirale de violence. Richard Price, auteur du livre dont est tiré le film, est également l’auteur du scénario. Et les interprètes, Harvey Keitel en tête, sont impeccables ! Diffusion vendredi à 21h00 sur MTV
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