On commence par des propos de Michel Piccoli, vedette (à 75 ans) du récent film du réalisateur portugais Manoel de Oliviera (93 ans), Je rentre à la maison. Piccoli n’est pas tendre pour la télévision. Extraits : «Oui, je refuse de tourner des téléfilms. Beaucoup d’acteurs travaillent pour la télé et je ne le leur reproche pas. Ça leur est sans doute indispensable. Mais c’est un peu malheureux. Quand on fait des métiers de passion, il faut essayer d’être plus qu’un professionnel. Je suis très critique par rapport à la télévision. La presse écrite, je trouve ça magnifique, on choisit les journaux, on s’arrête ou non sur un article... La télé, c’est l’inverse. Du matin au soir, il s’agit de vendre de la marchandise. C’est une honte. Et le phénomène n’est pas seulement français. C’est un abrutissoir mondial. Voilà la mondialisation contre laquelle il faut lutter...». Et Piccoli d’ajouter : «L’humour, et d’abord l’humour sur soi-même, est une absolue nécessité... Et puis, au cinéma, il faut travailler, plus que pour tourner des téléfilms. Songez que des gens comme Fred Astaire et Buster Keaton, qui avaient peut-être l’air d’improviser, travaillaient 20 heures par jour !». D’autres considérations rejoignent la question de la mondialisation. La multiplication des «multiplex», vastes complexes de 20 ou 30 salles ressemblant à des supermarchés de cinémas, où l’on entre (surtout les jeunes) pour consommer des films, accentue la notion de «produits filmiques», souvent oubliés presque aussitôt après avoir été vus. L’art du cinéma ? Les auteurs de films ? Tout cela existe de moins en moins. D’autant que les nouveaux films, après une carrière en salle qui tend de plus en plus à s’abréger, sont rapidement livrés aux DVD et diffusés sur les câbles et autres réseaux de télévision. Bientôt, ils seront (en général) complètement oubliés. Un seul impératif : consommer !
On commence par des propos de Michel Piccoli, vedette (à 75 ans) du récent film du réalisateur portugais Manoel de Oliviera (93 ans), Je rentre à la maison. Piccoli n’est pas tendre pour la télévision. Extraits : «Oui, je refuse de tourner des téléfilms. Beaucoup d’acteurs travaillent pour la télé et je ne le leur reproche pas. Ça leur est sans doute indispensable. Mais c’est un peu malheureux. Quand on fait des métiers de passion, il faut essayer d’être plus qu’un professionnel. Je suis très critique par rapport à la télévision. La presse écrite, je trouve ça magnifique, on choisit les journaux, on s’arrête ou non sur un article... La télé, c’est l’inverse. Du matin au soir, il s’agit de vendre de la marchandise. C’est une honte. Et le phénomène n’est pas seulement français. C’est un...
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