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Actualités - Chronologies

DANS LE MONDE - Vus à Venise : les lauréats

Le Palmarès de la 58e Mostra de Venise a déçu les journalistes qui auraient imaginé les trophées distribués autrement. De manière générale, il y eut autant de bons que de mauvais films au festival, cette année, Raya Abi Rached commente les œuvres gagnantes. l Monsoon Wedding, de Mira Nair. Le film lauréat du Lion d’Or 2001 qu’il ne méritait pas plus qu’un autre, est une comédie sociale décrivant l’Inde d’aujourd’hui où se confondent tradition et modernité. Mira Nair a réussi un film vif, spontané et sincère, à la fois drôle et touchant, qui exprime bien la culture intérieure de son pays et est agréable parce qu’il est bien joué. Ce n’est pas un grand film, mais Monsoon Wedding méritait de ne pas passer inaperçu. l L’Emploi du temps, de Laurent Cantet. Le thème de ce drame social n’a rien de nouveau : un chômeur mène une double vie, de peur d’avouer à son entourage ses échecs, mais Laurent Cantet, qui fut récompensé par un Lion d’Argent, a su créer une atmosphère pesante et parfois même tragique dans ce film qui réussit à émouvoir. l Y tu mama tambien, de Alfonso Cuaron. La bonne surprise du festival de Venise : le film d’Alfonso Cuaron a tous les atouts du monde : un script original, léger mais touchant qui lui a valu le prix du meilleur scénario, ainsi que deux jeunes interprètes exceptionnels. Gael Garcia Bernal et Diego Luna crèvent l’écran ils ont bien mérité le trophée Marcello Mastroianni des meilleurs jeunes espoirs et auraient même mérité, à notre goût, la Copa Volpi des meilleurs acteurs... l Secret Ballot, de Babak Payami. Que tous ceux qui se sont lassés de voir des films iraniens toujours dans le même genre se réjouissent : Secret Ballot est une comédie satirique sur le thème de la démocratie, fort bien réalisée. Payami, qui a mérité son trophée, sera présent au Liban à l’occasion du Festival de Beyrouth, et les intéressés devraient se presser pour aller voir son film. l Luce de mei occhi, de Giuseppe Picconi. C’est une histoire d’amour inhabituelle entre deux êtres à l’apparence incompatible ; le film est touchant, parfois un peu trop édulcoré, mais bien joué par deux acteurs italiens, Luigi Lo Cascio et Sandra Ceccarelli, qui ont su créer une alchimie inhabituelle à l’écran. Ce travail leur a valu à chacun le prix de la meilleure interprétation (Copa Volpi), bien que ce résultat ait été très discuté. l Abril Deprecados, de Walter Salles. C’est indiscutablement, à notre goût, le meilleur film du festival... et par conséquent le plus grand oubli du palmarès. Le film tant attendu du brésilien Walter Salles après Central do Brasil, n’a pas déçu les fidèles, mais pas non plus séduit le président du jury, Nanni Moretti. Injustice, car il aurait largement mérité le Lion d’Or pour son souffle et son émotion, un prix de la meilleure cinématographie (s’il existait !) pour ses images époustouflantes, et le trophée Marcello Mastroiani pour les jeunes interprètes. On espère que les Oscar lui rendront justice. l The Others, d’Alejandro Amenabar. Tout le monde pensait que Nicole Kidman retournerait à Venise pour y recevoir le prix d’interprétation. Car elle est époustouflante et complexe comme un héroïne hitchcokienne dans le très bon film d’Alejandro Amenabar. Encore un oubli choquant ! l Bully, de Larry Clark. C’est probablement l’un des meilleurs films du déroutant Larry Clark. Bully décrit les actions dérangeantes d’un groupe de jeunes insouciants et irresponsables. Le jeune interprète, Brad Renfro, aurait, lui, mérité une mention spéciale pour son interprétation. Légendes: A: Monsoon Wedding : Lion d’or (Inde). B: Luce de mei occhi, de Giuseppe Picconi. C: Abril Deprecados, de Walter Salles. D: Bully, de Larry Clark.
Le Palmarès de la 58e Mostra de Venise a déçu les journalistes qui auraient imaginé les trophées distribués autrement. De manière générale, il y eut autant de bons que de mauvais films au festival, cette année, Raya Abi Rached commente les œuvres gagnantes. l Monsoon Wedding, de Mira Nair. Le film lauréat du Lion d’Or 2001 qu’il ne méritait pas plus qu’un autre, est une comédie sociale décrivant l’Inde d’aujourd’hui où se confondent tradition et modernité. Mira Nair a réussi un film vif, spontané et sincère, à la fois drôle et touchant, qui exprime bien la culture intérieure de son pays et est agréable parce qu’il est bien joué. Ce n’est pas un grand film, mais Monsoon Wedding méritait de ne pas passer inaperçu. l L’Emploi du temps, de Laurent Cantet. Le thème de ce drame social n’a rien...