La Banque mondiale a suspendu trois de ses employés et diligenté plusieurs enquêtes pour faire le clair sur des soupçons de corruption et malversations en son sein. Le président James Wolfensohn a confié un audit au cabinet PriceWaterhouse Coopers ainsi qu’à deux autres spécialistes sur plusieurs cas de corruption, a indiqué la banque dans un communiqué, confirmant des informations de presse. «Si la banque lutte contre la corruption auprès des pays emprunteurs, nous devons être absolument sûrs en interne que nous sommes irréprochables», a déclaré le patron de la Banque mondiale dans un communiqué. Une première enquête a déjà débouché sur une poursuite judiciaire contre un employé de la banque, qui a démissionné depuis. Selon le «Washington Post», il s’agit de Fritz Rodriguez, un ingénieur sanitaire, accusé d’avoir favorisé un voisin, moyennant finances, pour un contrat de traitement des eaux en Algérie. La banque ne veut pas faire de commentaires sur ces enquêtes, ni identifier les fautifs présumés. «D’autres enquêtes sont en cours et plusieurs allégations sont passées en revue. Certains de ces cas pourraient déboucher sur des actions en justice, sans compter des mesures disciplinaires internes», a toutefois indiqué M. Wolfensohn. Plan rouge La Maison-Blanche a de son côté appelé à une enquête minutieuse. «Il doit exister une foi et une confiance complètes dans la capacité de la Banque mondiale à financer des projets nécessaires au développement économique des pays dans lesquels elle travaille», a déclaré le porte-parole de la Maison-Blanche, Michael McCurry. «Et en tant qu’un des principaux donateurs et un des principaux décideurs au sein de la Banque mondiale, nous n’attendrions pas moins que l’attention minutieuse qu’ils portent à cette question», a-t-il ajouté. Deux autres employés, basés également au siège de la banque à Washington, ont été suspendus, selon la presse. «Nous ne contestons pas l’information», a indiqué un porte-parole de la banque. James Wolfensohn qui, il y a deux ans lors des assemblées générales de la Banque mondiale et du FMI, avait dénoncé vigoureusement «le cancer de la corruption» a déclenché un plan rouge. «J’ai mis en place une équipe spéciale du département d’audit interne, en collaboration avec le Bureau d’éthique professionnelle», une cellule interne de la Banque mondiale. «J’ai alerté le département juridique, engagé deux spécialistes de la fraude et retenu un groupe d’experts du cabinet PriceWaterhouse Coopers habilité à enquêter sur ce genre d’affaires. J’ai alerté nos conseils en audit Deloitte Touche. Je suis en contact personnel permanent avec ces équipes», indique le président de la banque. Une autre firme, «réputée pour ces affaires», a été contactée par la banque pour délimiter «dans les semaines à venir une ligne rouge» qui permettra au personnel de dénoncer des irrégularités lorsqu’il en soupçonne. La Banque mondiale emploie près de 9.000 personnes. La banque ne dit pas sur quelle somme portent les éventuels pots-de-vin et malversations. Cité par le «New York Times», Mark Mallon Brown, le directeur de la communication, évoque le montant de «quelques dizaines de milliers de dollars», ce qu’il qualifie de «peu important» au regard de la stature de l’institution. Le budget de prêts de la Banque mondiale tourne autour de 25 milliards de dollars. (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La Banque mondiale a suspendu trois de ses employés et diligenté plusieurs enquêtes pour faire le clair sur des soupçons de corruption et malversations en son sein. Le président James Wolfensohn a confié un audit au cabinet PriceWaterhouse Coopers ainsi qu’à deux autres spécialistes sur plusieurs cas de corruption, a indiqué la banque dans un communiqué, confirmant des informations de presse. «Si la banque lutte contre la corruption auprès des pays emprunteurs, nous devons être absolument sûrs en interne que nous sommes irréprochables», a déclaré le patron de la Banque mondiale dans un communiqué. Une première enquête a déjà débouché sur une poursuite judiciaire contre un employé de la banque, qui a démissionné depuis. Selon le «Washington Post», il s’agit de Fritz Rodriguez, un ingénieur ...