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Actualités - Opinion

Viennent de paraître |Baghdad Diaries" de Noha Al-Radi

La guerre, l’embargo et cet exil qu’elle coule chez nous au Liban. Trois thèmes traités dans un ouvrage (aux éditions al- Saki) de Noha al-Radi, peintre irakien. Il s’agit de mémoires autobiographiques où les confessions se mêlent à l’histoire récente de l’Irak. L’ouvrage commence par une description des événements de la «tempête du désert» vus à travers les yeux de l’artiste, ou comment survivre dans un pays en guerre, sans eau courante, sans électricité, sans essence, ni téléphone. «Pour ce qui est de la nourriture», raconte al-Radi, «nous étions, avant la dévaluation phénoménale de la monnaie, les rois du stockage. Partout où on voyait une ligne d’attente se former on s’y joignait automatiquement sans avoir la moindre idée de ce qui était vendu à l’autre bout». On apprend qu’elle avait un chien baptisé «Salvador Dali», un jardin où elle cultivait des orangers et des dattes et qu’elle avait «inventé» une lampe au kérosène... Peintre, sculpteur et céramiste, Nouha al-Radi, née à Bagdad en 1941, a suivi des études au Byam Shaw School of Art de Londres au début des années 60. Elle a ensuite enseigné à l’Université américaine de Beyrouth. Fine observatrice, elle brosse des portaits de gens de son entourage. Ce qui nous donne une idée assez personnalisée sur la psychologie des gens en temps de crise: la majeure partie qui refusait l’imminence de la guerre jusqu’à la dernière minute et les «few» qui prenaient les menaces US au sérieux et avaient tout prévu: un générateur pour l’électricité, des tonnes de bouffe dans le frigo. «Il y a une similitude. Même la guerre devient une routine». Tous ceux qui ont vécu la guerre trouveront à cet ouvrage un air de déjà vu. Les autres se forgeront une idée assez réaliste de la guerre: l’horreur des massacres et des bombardements aveugles, les injustices... Puis l’inflation, la pauvreté, la faim. Et la pénurie, ce sentiment d’être coupé, ignoré, oublié du monde. Un journal témoignage où l’auteur publie tout fort ce que ses compatriotes n’osent pas ou n’ont pas l’opportunité de dire. Sans prendre un ton ouvertement accusateur, elle expose les faits et exprime tour à tour son étonnement, son incompréhension et sa révolte. Des moments d’intensité dramatique mais aussi une bonne dose d’humour noir, et d’autodérision.
La guerre, l’embargo et cet exil qu’elle coule chez nous au Liban. Trois thèmes traités dans un ouvrage (aux éditions al- Saki) de Noha al-Radi, peintre irakien. Il s’agit de mémoires autobiographiques où les confessions se mêlent à l’histoire récente de l’Irak. L’ouvrage commence par une description des événements de la «tempête du désert» vus à travers les yeux de l’artiste, ou comment survivre dans un pays en guerre, sans eau courante, sans électricité, sans essence, ni téléphone. «Pour ce qui est de la nourriture», raconte al-Radi, «nous étions, avant la dévaluation phénoménale de la monnaie, les rois du stockage. Partout où on voyait une ligne d’attente se former on s’y joignait automatiquement sans avoir la moindre idée de ce qui était vendu à l’autre bout». On apprend qu’elle...