L’Egypte s’est hissé sur le toit du football africain pour la quatrième fois de son histoire, samedi dans la touffeur de Ouagadougou. Mais des quatres succès égyptiens en Coupe d’Afrique des nations, celui acquis au pays des «hommes intègres» est sans nul doute le plus beau et le plus significatif. En 1957 et en 1959, les deux premières éditions de la CAN étaient en effet réduites à leur simple expression avec la participation d’une poignée d’équipes seulement. En 1986, le succès des «Pharaons» avait eu lieu au Caire, à l’ombre des pyramides, et la phase finale ne réunissait encore que huit équipes. Au Burkina-Faso, ce sont seize équipes qui s’étaient donné rendez-vous. Hormis le «géant» nigérian, banni pour cause de suspension, l’élite du continent était présente. L’équipe mise sur pied par l’expérimenté entraîneur Mahmoud El Gohari — l’homme qui dirigeait l’Egypte au Mondial italien en 1990 — était bien la meilleure de la compétition. Basée sur un collectif sans faille, la formation égyptienne, à partir d’une défense de fer (un but encaissé en six matches), a toujours essayé de construire un jeu cohérent. Elle a su s’adapter à la chaleur, elle est montée progressivement en puissance pour finir en apothéose en finale, surclassant son adversaire sud-africain. Un seul petit accroc — une défaite en match de poule contre le Maroc sur un but venu d’ailleurs de Hadji à la 90e minute —, ne l’a absolument pas déstabilisée. Outre leur collectif, les «Pharaons» ont pu s’appuyer sur des individualités de grande valeur comme le gardien El Sayed, les défenseurs Hany Ramzy et Samir Kamouna, les milieux de terrain Ahmed Hassan et Sabry El Satar ou encore l’attaquant Hossam Hassan, meilleur réalisateur du tournoi avec 7 buts, à égalité avec le prometteur Sud-Africain Benedict McCarthy. Un objectif de trop Dommage que l’Egypte ne fasse pas partie des cinq représentants africains au Mondial-98. Hormis l’Afrique du Sud, en plein renouvellement et qui a accompli un parcours très honorable, les trois autres «Mondialistes» présents au Burkina ont déçu. Le Maroc, mais plus encore le Cameroun et la Tunisie, ont du travail d’ici la Coupe du monde. A leur décharge, il est pratiquement impossible — seul le Nigeria y est parvenu en 1994 — d’être sacré champion d’Afrique et de briller en Coupe du monde quelques mois plus tard. La meilleure illustration de cette difficulté à concilier deux objectifs si rapprochés dans le temps est venue du Cameroun justement, en 1990. Eliminés au premier tour de la CAN-90 en Algérie, les «Lions indomptables» de Roger Milla avaient atteint les quarts de finale du Mondial italien. Mais Camerounais, Marocains et Tunisiens sont conscients des progrès qu’ils doivent accomplir en trois mois. Honneur au Burkina et au Congo La Côte d’Ivoire, qui disposait de plus gros potentiel offensif du tournoi, n’a pu aller au bout pour s’être montrée trop prudente en quarts de finale face à l’Egypte, vainqueur aux tirs au but. Deux équipes, la République démocratique du Congo (3e) et surtout le Burkina-Faso (4e), ont réalisé une performance dont on ne les croyait pas capables. Invités-surprises du dernier carré africain, elles ont su se surpasser. Les Burkinabés, bien préparés par le Français Philippe Troussier, portés par leur enthousiaste et un très sportif public, ont écrit la plus belle histoire d’un football qui, jusque-là, faisait figure de parent pauvre sur le continent. Le plus dur — confirmer—, commence pour eux. Cette 21e Coupe d’Afrique des nations, superbement organisée par le Burkina-Faso — un exemple pour tous les pays africains — a été également marquée par un regain du jeu offensif. 93 buts, soit une moyenne de 2,90 buts par rencontre, ont été inscrits au cours des 32 matches du tournoi. Un bel encouragement pour l’avenir d’un football africain débordant de vitalité mais qui devra progresser au niveau de son arbitrage. M. Moubarak au premier rang pour le retour des «Pharaons» Le président égyptien Hosni Moubarak a accueilli chaleureusement dimanche à l’aéroport du Caire, les «Pharaons» vainqueurs la veille de la Coupe d’Afrique des Nations, alors qu’à l’extérieur une foule en liesse agitait des drapeaux et dansaient en l’honneur de ses héros. «Mille Mabrouks (bravos), je vous félicite tous, car vous tous avez gagné. J’étais toute la soirée sur des charbons ardents jusqu’à votre victoire», a-t-il dit en embrassant un à un les joueurs qui rapportaient cette Coupe que l’Egypte n’avait pas gagnée depuis 12 ans. Tapis rouge et garde d’honneur, le chef de l’Etat a également tenu à se faire photographier au milieu des joueurs et a signé l’étendard de l’équipe avant de la mettre dans la coupe. «Maintenant, vous avez besoin d’une semaine de repos», a-t-il lancé aux joueurs. Outre le président Moubarak, le premier ministre Kamal al-Ganzouri, le ministre de la Défense Mohammad Hussein Tantaoui et le ministre de l’Information Safouat al-Chérif étaient à l’aéroport. Plus de 30.000 hommes, femmes, enfants et vieillards sont venus accueillir leur héros avec des tabours et des drapeaux en entonnant le chant patriotique arabe «Les héros sont revenus». (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’Egypte s’est hissé sur le toit du football africain pour la quatrième fois de son histoire, samedi dans la touffeur de Ouagadougou. Mais des quatres succès égyptiens en Coupe d’Afrique des nations, celui acquis au pays des «hommes intègres» est sans nul doute le plus beau et le plus significatif. En 1957 et en 1959, les deux premières éditions de la CAN étaient en effet réduites à leur simple expression avec la participation d’une poignée d’équipes seulement. En 1986, le succès des «Pharaons» avait eu lieu au Caire, à l’ombre des pyramides, et la phase finale ne réunissait encore que huit équipes. Au Burkina-Faso, ce sont seize équipes qui s’étaient donné rendez-vous. Hormis le «géant» nigérian, banni pour cause de suspension, l’élite du continent était présente. L’équipe mise sur pied...