L’ancien président zaïrois avait été hospitalisé dans la capitale marocaine le 30 juin, après avoir subi une semaine auparavant à l’hôpital civil Avicennes de Rabat une intervention chirurgicale destinée à colmater «des complications hémorragiques graves» dues à son cancer de la prostate.
Son état de santé, jugé à l’époque «préoccupant mais pas alarmant», s’est brusquement détérioré ces dernières semaines au point qu’il était devenu «méconnaissable» selon ses proches et pesait moins de 40 kilos à la veille de sa mort.
«Il était très fatigué, souffrait, et avait manifestement envie d’en finir», a indiqué un des employés de l’hôpital.
Arrivé en exil au Maroc le 23 mai en provenance du Togo, après avoir vainement tenté de se rendre en France, l’ancien président zaïrois a été accueilli pendant près d’un mois dans un hôtel de Skhirat, au sud de Rabat, sur les bords de l’océan Atlantique, avant d’être prié d’aller s’établir près de Tanger, dans le nord du Maroc.
«Personne ne voulait de lui»
Sa présence sur ce lieu de villégiature estival, ainsi que celle de la quarantaine de membres de sa famille et de son entourage qui l’accompagnait, avait en effet été plutôt mal accueillie par les habitants de la capitale marocaine à qui l’on avait interdit l’accès aux plages voisines de l’hôtel.
Arrivé près de Tanger le 19 juin, M. Mobutu fut rapidement contraint de regagner Rabat par avion spécial en raison d’une première brusque détérioration de son état de santé, et c’est sur une chaise roulante qu’il dut gagner l’hôpital Avicennes pour y subir une intervention chirurgicale destinée à colmater un certain nombre d’hémorragies.
Le Maroc, seul Etat à avoir finalement accepté d’accueillir le dictateur déchu, avait justifié la présence de M. Mobutu et des siens à Rabat par «des raisons humanitaires», en espérant que leur séjour serait «de courte durée».
Dans l’esprit des autorités, en effet, le Maroc ne devait être pour l’ancien président zaïrois qu’une étape provisoire en attendant la fin des élections législatives françaises et un départ vers la France. Départ qui n’eut jamais lieu, les autorités françaises ayant finalement refusé d’accueillir l’ancien président dans le sud de la France, malgré la précarité de son état de santé.
Paris, en effet, a estimé qu’il pouvait parfaitement être soigné au Maroc quitte à ce que des médecins spécialistes fassent le trajet Paris-Rabat, ce que certains ont fait.
«Personne ne veut de lui», avait déclaré à l’époque un de ses proches.
Depuis lors, Rabat a également fait savoir à la plupart des membres de son entourage que l’hospitalité marocaine avait des limites et qu’ils devraient quitter le pays à l’issue d’un séjour limité à trois mois. Presque tous l’ont fait et beaucoup, semble-t-il, se sont rendus en Afrique du Sud. (AFP)