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Actualités - Conferences Et Seminaires

Max de Larminat : comment apprendre en jouant

«La lettre est un jeu magnifique» titre de la conférence donnée au Lycée Abdel Kader par Max-Henri de Larminat, écrivain, calligraphe peintre. Il a présenté des méthodes pédagogiques pour initier les enfants à l’art moderne, à la création contemporaine. Il s’attelle à cette tâche en publiant des livres, en organisant des expositions, en animant des ateliers d’arts plastiques...
Pour montrer aux enfants que la lettre n’est pas seulement quelque chose que l’on écrit sur du papier à l’aide d’un crayon, Max de Larminat a mis au point plusieurs jeux ludiques. Il y a d’abord les «classiques»: à découper des lettres dans des journaux, broder, faire un travail de vocabulaire sur ces lettres... Puis les jeux de forme où les enfants se mesurent à des lettres géantes découpées dans du papier couleur. Chaque enfant choisit une lettre et mime devant ses camarades un mot qui contient cette lettre. Mettant sur son nez un grand B, un mioche désigne des binocles... Un autre jeu consiste à fabriquer des lettres à partir de différents matériaux: des bouts de tissus, des ficelles, des tiges de bois, des allumettes... Les enfants s’amusent également à graver leur signature sur des murs en plâtre ou dans des bacs à sable. «le contact avec la matière prime», souligne le conférencier.
Il a cité de nombreux titres dont il est l’auteur, et qui circulent avec l’expo itimérante «Le tour du livre de jeunesse en 90 jours». Il signe en effet trois titres dans la collection «L’art en jeu»: «Kandinsky-Bleu de ciel». «Tanguy-jour de lenteur» et «Chagal-double portrait au verre de vin». Dans chacun de ces livres, de Larminal organise «une promenade» dans un tableau de maître de l’art moderne. Le lecteur découvre progressivement des formes et des couleurs énigmatiques qui prennent sens peu à peu au fil des pages grâce à des textes courts, des astuces graphiques ou typographiques, des gros plans, des caches ou des fenêtres découpées dans les pages.

Clés magiques

Il a ensuite projeté des travaux réalisés à «l’Atelier des enfants» du Centre Pompidou. Où il a par ailleurs organisé différentes expositions marquant l’intérêt qu’il porte à tout ce qui touche à la lettre et à l’écriture: «Un voyage en alphabet», «Rébus», «Moi aussi je signe».
Les ateliers liés à ces expositions ont été pour lui l’occasion de développer une pédagogie artistique reposant sur le jeu et l’éducation sensorielle. Entre les mains des enfants, les lettres de l’alphabet peuvent aussi bien être les pièces d’un meccano géant que de fragiles traces laissées dans le sable. «Chaque lettre est une sorte de passeport ou de clef pour entrer dans le monde des mots. Chaque lettre devient un mannequin à l’anatomie particulière que l’on habille de matériaux et de couleurs pour qu’ils suggèrent un mot dont ils sont la première lettre».
«On s’amuse aussi à créer des alphabets imaginaires, des codes secrets, des vocables nouveaux fabriqués en découpant des mots dans des journaux». Ce sont là quelques exemples d’exercices d’atelier dont il a parlé, images à l’appui, lors de la conférence.
Pratiquant à la fois la peinture et l’écriture, Max de Larminat cherche souvent, dans son travail personnel, à faire se rencontrer ces deux disciplines. Dans ses «Rébus» par exemple, il définit l’art du rébus comme «l’ouverture des choses qui se prennent pour des mots». Il assemble ainsi des objets ou des lettres isolés en d’étranges sculptures. Aussi pour traduire le mot «danger» (dents-G), il dote un massif G majuscule, qui ressemble à une gueule ouverte, d’une double rangée de dents dignes d’un ogre. Le mot ainsi aiguisé en objet en renforce le symbole. Dans une autre série de rébus à base d’images photographiques, il dessine et grave en trompe l’œil une ou plusieurs lettres qui, associées avec quelques éléments déjà présents sur le cliché, forment un mot.
C’est encore à partir de la fusion de l’image et du texte qu’il conçoit «La dictée». Une dictée beaucoup plus amusante et imaginative que celle donnée ordinairement. Entre dessin et calligraphie, les mots prennent la forme de leur sens. Ainsi, le mot «herbe» s’étend et pousse comme une... herbe folle, ou les «nuages», «papillons»...
Laisser les enfants voir, toucher, imaginer. La pédagogie de Larminat s’articule autour de ces trois axes.
Comme si le visible se substituait au lisible...

M.G
«La lettre est un jeu magnifique» titre de la conférence donnée au Lycée Abdel Kader par Max-Henri de Larminat, écrivain, calligraphe peintre. Il a présenté des méthodes pédagogiques pour initier les enfants à l’art moderne, à la création contemporaine. Il s’attelle à cette tâche en publiant des livres, en organisant des expositions, en animant des ateliers d’arts plastiques...Pour montrer aux enfants que la lettre n’est pas seulement quelque chose que l’on écrit sur du papier à l’aide d’un crayon, Max de Larminat a mis au point plusieurs jeux ludiques. Il y a d’abord les «classiques»: à découper des lettres dans des journaux, broder, faire un travail de vocabulaire sur ces lettres... Puis les jeux de forme où les enfants se mesurent à des lettres géantes découpées dans du papier couleur. Chaque...