La première alerte sérieuse avait été donnée après la découverte d’un taux de 1.685 becquerels (Bq) de Césium 137 et de 24 Bq de Césium 134 par kg dans la viande d’un sanglier, tué le 8 décembre en forêt de Saint-Jean d’Ormont.
Nouvelle émotion cette semaine à l’annonce de la contamination, légère, d’une famille de Senones, fanatique de la cueillette des champignons.
A l’occasion de son service militaire, il y a 18 mois, le fils avait subi des tests de dépistage de radioactivité, avant une plongée en sous-marin nucléaire. A la grande surprise des autorités militaires, le jeune appelé présentait une contamination au Césium 137 de 1.400 Bq. Seule une ingestion d’aliments pollués pouvait en être la cause.
Dispositif de surveillance
La preuve d’une contamination par les champignons a été fournie par sa sœur, vierge de toute trace de Césium: elle n’a jamais mangé de champignons tandis que son père et son frère en dégustaient tous les ans des dizaines de kg…
D’ailleurs, le changement de régime alimentaire du jeune homme, pendant son service, lui a permis d’évacuer une grande partie des becquerels: ceux-ci s’éliminent naturellement par moitié de l’organisme tous les trois mois.
Face à ces nouvelles alarmantes, les autorités ont pris à cœur de dépassionner le débat.
Pour dépasser le seuil tolérable de contamination, un homme devrait dévorer 200 kg de sangliers par an, a indiqué la préfecture.
«Le jeune appelé de Senones est bien loin du seuil» qui est 400.000 Bq par an en France, a souligné Roland Masse, directeur de l’Office de protection contre les rayonnements ionisants (OPRI). «A 1.400 Bq de contamination, il n’existe aucun risque sanitaire pour les populations», a-t-il affirmé.
Pour le responsable de l’OPRI, le massif forestier des Vosges, très arrosé, a été probablement pollué par le nuage radioactif de Tchernobyl en 1986 et, plus anciennement, par les essais nucléaires américains et russes en atmosphère des années 60.
«Ces traces présentent un grand intérêt pour la recherche sur les concentrations d’éléments radioactifs, dans la perspective d’un nouvel accident de type Tchernobyl», a-t-il affirmé.
«Nous pensons que les pluies et les ruissellements d’eau, le lessivage des sols expliquent la concentration des polluants radioactifs dans certaines zones bien précises», a-t-il expliqué.
C’est pourquoi la préfecture des Vosges, qui avait dès 1986 mis en place, comme dans tout le territoire français, un dispositif de surveillance de la contamination nucléaire, a renforcé son plan de prélèvement d’échantillons dans le département pour localiser les taches de contamination.
Le plan ne vise plus seulement les produits laitiers, les poissons, le gibier, les abats, champignons et carottes, mais aussi les mousses, l’eau, la terre, les lombrics, et, selon les saisons, les baies et pissenlits.


Le village de Deir Qanoun el-Nahr enterre les victimes du massacre israélien