Docteure en sciences du langage (Université Toulouse II – Jean Jaurès), enseignante-chercheuse, Anna Kéchichian est aussi clinicienne et consultante hospitalière, et collabore avec plusieurs écoles inclusives à Beyrouth. Photo DR
À quels besoins cette nouvelle formation répond-elle ?
Les besoins en orthophonie sont importants, aussi bien chez les enfants que chez les adultes, que ce soit pour les troubles du langage et de la communication, les difficultés d’apprentissage, les troubles de la voix, de la déglutition ou les troubles neurologiques. Il y a donc une demande pour des professionnels bien formés, capables de répondre à cette diversité de besoins. Notre objectif est justement de former des orthophonistes qui disposent d’une solide formation scientifique et clinique, mais qui sont aussi capables de s’adapter au contexte libanais et à sa diversité linguistique, culturelle et sociale. Le département souhaite ainsi contribuer à renforcer la qualité des services en orthophonie au Liban, tout en préparant nos étudiants à évoluer dans un contexte régional où les besoins sont également en constante évolution.
Quelle est l’ambition de ce nouveau département ?
La première promotion du programme d’orthophonie sera accueillie pour l’année académique 2027-2028. Notre vision est de former des orthophonistes compétents, éthiques et ouverts sur les besoins de la société, capables d’avoir un réel impact sur la vie des personnes qu’ils accompagnent. Notre mission est de leur offrir une formation solide, à la fois scientifique et pratique, qui leur permette d’évaluer les troubles de la communication avec précision, de proposer des prises en charge individualisées et fondées sur les données scientifiques, et de travailler en collaboration avec les différents professionnels. Nous souhaitons également développer chez nos étudiants une ouverture à la recherche et à la santé publique, afin qu’ils puissent répondre aux besoins réels de notre société et de ses différentes populations.
Qu’est-ce qui caractérise ce nouveau programme ?
Notre programme se distingue surtout par une formation à la fois scientifique et pratique. Nous voulons que nos étudiants acquièrent de bonnes connaissances, mais aussi qu’ils soient capables de les appliquer concrètement auprès de leurs patients. Ce qui est particulièrement intéressant dans notre programme, c’est l’importance donnée à l’approche interdisciplinaire. Par exemple, les étudiants auront l’occasion d’effectuer des stages d’observation auprès de pédiatres, d’otorhinolaryngologistes, de neurologues, d’audioprothésistes et de pédopsychiatres. Cela leur permettra de mieux comprendre le rôle de l’orthophoniste et sa collaboration avec les autres professionnels dès leur formation. Nous accordons également beaucoup d’importance à l’éthique, au respect de chaque personne et au travail en équipe avec les autres professionnels. Par ailleurs, le programme évolue avec les besoins de notre société. Par exemple, nous avons intégré la gériatrie pour mieux répondre aux besoins croissants de cette population.
Comment le cursus est-il organisé ?
Le cursus s’étend sur quatre ans, soit huit semestres, et comprend 129 crédits menant à une licence en orthophonie. La formation combine plusieurs domaines : les sciences médicales, comme l’anatomie et la physiologie, les matières spécifiques à l’orthophonie, ainsi que des matières comme la linguistique, la psychologie et la pédagogie. Les étudiants commencent par des stages d’observation en première et deuxième année, puis passent progressivement à des stages d’intervention en troisième et quatrième année, toujours avec un encadrement. Enfin, en quatrième année, les étudiants réalisent une note de recherche qui fait partie des exigences pour l’obtention de la licence.
Comment avez-vous composé votre équipe enseignante ?
L’équipe pédagogique réunit des professionnels et des enseignants avec des expertises complémentaires. Nous avons notamment des spécialistes en orthophonie dans différents domaines, comme la surdité, la voix, les troubles neurologiques et d’autres troubles de la communication. Le programme s’appuie également sur des enseignants issus des sciences du langage et des disciplines médicales. Cette diversité permet aux étudiants d’avoir une formation complète et de bénéficier de différents regards sur la prise en charge des patients.
Quels débouchés s’offrent aux diplômés ?
Les perspectives de carrière sont assez variées, car l’orthophoniste peut travailler dans différents environnements. Il peut exercer à l’hôpital, dans des centres spécialisés ou de rééducation, en cabinet privé, en milieu scolaire ou encore dans des institutions accueillant des personnes en situation de handicap. L’orthophonie concerne aussi bien les enfants que les adultes, ce qui ouvre des possibilités dans différents domaines (comme les troubles du langage et de la communication, la voix, la surdité, les troubles neurologiques ou encore la déglutition). C’est donc une profession qui offre un champ d’exercice assez large et qui répond à des besoins importants dans notre société.
Quel profil d’étudiant recherchez-vous ?
Nous recherchons avant tout des étudiants qui s’intéressent aux sciences de la santé, au langage et à la communication, mais aussi au contact humain. L’orthophonie demande de la curiosité, de l’écoute, de la patience et un réel intérêt pour les personnes. Nous cherchons donc des étudiants motivés, sérieux et ouverts au travail en équipe, qui ont envie d’apprendre et de développer leurs compétences tout au long de leur parcours.
Quelles sont les conditions d’admission ?
Pour intégrer le programme, il faut être titulaire du baccalauréat libanais ou d’un diplôme équivalent. L’admission se fait sur étude du dossier scolaire, notamment les notes de seconde et de première, suivie d’un examen ORL et d’un audiogramme, d’un test de français et d’un entretien oral. L’orthophonie étant une profession très humaine, les qualités relationnelles et l’envie de travailler avec les autres sont également importantes.