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Moyen-Orient - Onu

Résolution 1559 : le dernier avertissement de Guterres à Israël et au Hezbollah

Le secrétaire général de l'ONU, qui quittera ses fonctions à la fin de l'année, réclame le désarmement du Hezbollah, le retrait israélien et met en garde contre les divisions internes au Liban.

Résolution 1559 : le dernier avertissement de Guterres à Israël et au Hezbollah

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, lors d'un forum à Jakarta, en Indonésie, le 19 octobre 2026. Photo BAY ISMOYO / AFP

À la veille de consultations à huis clos du Conseil de sécurité prévues mercredi, le secrétaire général de l'ONU António Guterres a livré son dernier rapport semestriel sur l’application de la résolution 1559 avant son départ le 31 décembre. Il y condamne fermement l’occupation israélienne et les destructions dans le sud du Liban, tout en exhortant le Hezbollah à déposer les armes.

Saluant une percée diplomatique historique entre Beyrouth et Tel-Aviv, qui ont signé en juin un accord-cadre pour la résolution du conflit, dont l'application est suspendue depuis août, il avertit que la restauration de la souveraineté libanaise exige à la fois le retrait israélien, le monopole de l’État sur les armes et un dialogue national capable d’écarter le spectre d’une confrontation intérieure.

Vingt-deux ans après l’adoption de la résolution 1559, dans un contexte de tensions autour de l'élection présidentielle au Liban alors toujours sous occupation syrienne, la souveraineté du Liban demeure inachevée, malgré une ouverture diplomatique « sans précédent », à savoir les sept cycles de négociations directes entre le Liban et Israël entre avril et août 2026. Tel est le constat dressé par le secrétaire général dans son dernier 44ᵉ rapport semestriel sur la 1559, qui couvre la période du 31 mars au 14 septembre 2026, que le Conseil de sécurité examinera mercredi.

« Violation flagrante du droit international » par Israël

M. Guterres condamne avec une fermeté particulière la présence militaire israélienne au nord de la Ligne bleue et la création d’une « zone tampon » qui s'étend jusqu’à une dizaine de kilomètres à l’intérieur du territoire libanais. Il s'agit d'une « violation de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban et une violation flagrante du droit international, notamment de la Charte des Nations unies », dénonce-t-il, critiquant également les déclarations de responsables israéliens qui annoncent la destruction de logements civils » dans le Sud, notamment par le ministre israélien de la Défense, Israel Katz.

Dénonçant le « coût humain effroyable » des opérations israéliennes, il rappelle que, selon le ministère libanais de la Santé, les hostilités depuis le 2 mars dernier avaient fait, au 7 septembre, 4 381 morts et 12 402 blessés. Au moins 21 soldats libanais ont également péri durant la période considérée.

Le secrétaire général souligne encore que cette présence militaire entrave le déploiement de l’armée libanaise au sud du Litani, le retour des déplacés et la reconstruction. « J’exhorte Israël à se retirer de toutes les zones situées au nord de la Ligne bleue et à mettre fin aux violations de la souveraineté et de l’intégrité territoriale du Liban », insiste-t-il.

Hezbollah : désarmement impératif, mais mise en garde contre la force

À l’égard du Hezbollah, le secrétaire général est tout aussi catégorique. Son refus persistant de déposer les armes au nord du Litani contrevient aux décisions du gouvernement et aux résolutions 1559 et 1701. « J’exhorte le Hezbollah à respecter les décisions de l’État libanais souverain », affirme M. Guterres. Il appelle également « ceux qui exercent une influence sur les groupes armés au Liban à soutenir leur désarmement et leur transformation en acteurs politiques exclusivement civils », en allusion probable à l'Iran, parrain du parti-milice libanais.

Il met toutefois en garde contre les risques d’une confrontation intérieure. « Une sécurité durable ne peut être obtenue par la pression militaire ; elle nécessite d’engager un dialogue constructif et de créer les conditions permettant de s’attaquer aux causes profondes du conflit » et d'éviter « le spectre d’une nouvelle confrontation entre les Libanais ».

Divisions internes et reconstruction

Le rapport souligne en outre les divergences entre les dirigeants libanais, alors que le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam défendent les négociations, tandis que le président de la Chambre, Nabih Berry, conteste les modalités de l’accord-cadre et défend un retrait du Hezbollah au sud du Litani parallèlement au retrait israélien. Le secrétaire général du parti-milice chiite Naïm Kassem rejette, lui, catégoriquement l'accord.

Guterres insiste parallèlement sur la reconstruction comme condition indispensable au rétablissement de la souveraineté et réclame un soutien politique et financier durable à l'armée libanaise et aux forces de sécurité.

Le rapport relève également l’absence de progrès dans le désarmement des groupes armés palestiniens, seules les armes du Fateh ayant été remises aux autorités depuis l'été dernier. Il salue en revanche l’évolution des relations avec Damas et le soutien affiché par le président syrien Ahmad el-Chareh au monopole des armes par l’État libanais.

À la veille de consultations à huis clos du Conseil de sécurité prévues mercredi, le secrétaire général de l'ONU António Guterres a livré son dernier rapport semestriel sur l’application de la résolution 1559 avant son départ le 31 décembre. Il y condamne fermement l’occupation israélienne et les destructions dans le sud du Liban, tout en exhortant le Hezbollah à déposer les armes. Saluant une percée diplomatique historique entre Beyrouth et Tel-Aviv, qui ont signé en juin un accord-cadre pour la résolution du conflit, dont l'application est suspendue depuis août, il avertit que la restauration de la souveraineté libanaise exige à la fois le retrait israélien, le monopole de l’État sur les armes et un dialogue national capable d’écarter le spectre d’une confrontation intérieure.Vingt-deux ans...
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