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Économie - Liban

Salam : l’économie devrait reculer de 6,4 % ; pas de nouvelles taxes dans le budget 2027

Le nouveau budget donne la priorité aux salaires du secteur public, aux soins de santé et à l'aide sociale, déclare le chef du gouvernement.

Salam : l’économie devrait reculer de 6,4 % ; pas de nouvelles taxes dans le budget 2027

Le Premier ministre Nawaf Salam lors d'une allocution télévisée le jeudi 12 mars 2026. Photo publiée sur le compte X du Grand Sérail/@grandserail

L’économie libanaise devrait se contracter de 6,4 % cette année, après avoir vu sa reprise interrompue par la guerre, a annoncé jeudi le Premier ministre Nawaf Salam en défendant le projet de budget 2027 de son gouvernement et en assurant que ce projet « n’introduit aucune nouvelle taxe ».

Lors d’une conférence de presse au Grand Sérail, M. Salam a abordé la hausse du coût de la vie, des prix du carburant et des factures de générateurs, ainsi que les salaires du secteur public, la santé et l’aide sociale, tout en présentant les grandes priorités économiques et financières de son gouvernement.

« L’économie du Liban a connu une croissance de 4,2 % l’an dernier, après des années de contraction », a rappelé le Premier ministre, qualifiant cette progression de « début de reprise économique ». Mais « la guerre imposée au Liban a interrompu cette trajectoire et fait reculer l’économie », a-t-il ajouté, en référence à la reprise des affrontements entre le Hezbollah et Israël en mars 2026, dans le sillage de la guerre menée par les États-Unis contre l’Iran.

Nawaf Salam a reconnu la pression croissante exercée sur les ménages, notamment en raison de « la hausse des factures d’abonnement aux générateurs électriques au cours des deux derniers mois et de l’augmentation des prix du carburant ». Ces hausses ont, selon lui, « forcé certaines familles à choisir entre acheter du carburant et répondre à d’autres besoins du foyer ». Si certains facteurs, notamment l’évolution des cours mondiaux du pétrole, échappent au contrôle du gouvernement, cela « ne le dégage pas de ses responsabilités », a-t-il insisté. Il a également mis en garde les exploitants de générateurs, les commerçants et les importateurs contre toute hausse injustifiée des prix destinée à accroître leurs marges, soulignant que toute baisse des coûts d’importation et de transport devrait se répercuter sur les prix des biens et services.

Salaires, santé et ménages vulnérables

Le Premier ministre a également détaillé les grandes lignes du projet de budget 2027, approuvé jeudi dernier par le gouvernement et transmis le même jour au Parlement. Le budget devrait s’établir entre 6,9 et 7 milliards de dollars. Il a toutefois souligné que cette hausse des dépenses « ne signifie pas que l’État dispose de suffisamment d’argent pour répondre à tous les besoins des citoyens ». Une part importante des dépenses supplémentaires sera consacrée à la revalorisation des salaires du secteur public, dont le pouvoir d’achat s’est fortement érodé depuis 2019. Ces ajustements représenteront environ 1,2 milliard de dollars pour l’État. « Les agents du secteur public, les militaires et les enseignants ont le droit de vivre dans la dignité et de gagner suffisamment pour couvrir leurs besoins essentiels », a-t-il affirmé.

Le budget du ministère de la Santé augmentera, lui, d’environ 16 % par rapport à cette année. Ces crédits supplémentaires serviront notamment à financer les hospitalisations, les médicaments et les soins de santé, afin d’alléger le poids de ces dépenses sur les ménages. La contribution de l’État au programme d’aide sociale Aman atteindra par ailleurs 70 millions de dollars. Avec le financement attendu de la Banque mondiale, le nombre de familles bénéficiaires pourrait passer d’environ 100 000 à 150 000 en 2027, a annoncé M. Salam. Aman est le Programme national d’aide ciblée contre la pauvreté (NPTP) au Liban, et fournit une aide financière aux ménages les plus vulnérables. Il est financé par l’État avec le soutien de la Banque mondiale.

Le projet de budget prévoit également 20 millions de dollars pour des programmes visant à favoriser l’autonomie économique, notamment à travers la formation professionnelle, l’aide à l’acquisition d’équipements et d’outils de production, ainsi que le soutien aux petites entreprises, aux artisans et aux agriculteurs.

« Nous ne dépenserons pas l’argent que nous n’avons pas »

Nawaf Salam a également réaffirmé l’engagement de son gouvernement en faveur de la stabilité monétaire et de la préservation du pouvoir d’achat.« Nous ne dépenserons pas l’argent que nous n’avons pas », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’améliorer le recouvrement des recettes publiques et de mieux les orienter vers les secteurs prioritaires. Le Premier ministre a également évoqué les projets d’infrastructures, soulignant que les citoyens commençaient à constater les résultats du travail du ministère des Travaux publics et des Transports, notamment à travers la réhabilitation et l’asphaltage des routes, ainsi que la réparation des ponts à travers le pays.

Le chef du gouvernement a par ailleurs rejeté les accusations selon lesquelles le projet de budget 2027 introduirait de nouvelles taxes. « Les modifications concernent certains droits qui sont encore calculés sur la base de taux de change obsolètes, ainsi que les taxes sur les yachts et les avions privés », a-t-il expliqué. « Le ministère des Finances a également engagé des procédures contre les sociétés qui n’ont pas reversé la TVA au Trésor. Il a transmis des avertissements à 107 entreprises, tandis que d’autres dossiers, d’une valeur estimée entre 200 et 250 millions de dollars, sont en cours d’examen », a-t-il poursuivi, ajoutant qu'une « nouvelle série d’avertissements devrait être émise. »

M. Salam a insisté sur le fait que « la TVA exigée n’est pas une nouvelle taxe ». « Les consommateurs ont déjà payé cette taxe lors de l’achat de biens et de services, tandis que les entreprises ont collecté l’argent sans le reverser au Trésor, a-t-il expliqué. Le gouvernement n’autorisera pas les entreprises à conserver des fonds dus à l’État alors que les hôpitaux, les écoles et l’administration ont besoin de financements ». Le gouvernement a également commencé à examiner le paiement de l’impôt sur les sociétés, en ciblant dans un premier temps les grandes entreprises. Les dossiers de 64 entreprises font actuellement l’objet d’un examen et d’un audit, selon le Premier ministre, avec des contrôles répartis entre les différents secteurs économiques.

Le débat sur le budget intervient alors que le gouvernement est confronté à une pression croissante liée au coût de la vie et à la capacité de l’État à assurer les services de base. Le ministre de l’Énergie, Joe Saddi, a annoncé mardi qu’il suspendait sa participation aux séances du Conseil des ministres, dénonçant la gestion gouvernementale du secteur de l’électricité. Il réclame notamment une augmentation de l’approvisionnement en électricité, une baisse du coût du carburant et le règlement des factures impayées à Électricité du Liban.


L’économie libanaise devrait se contracter de 6,4 % cette année, après avoir vu sa reprise interrompue par la guerre, a annoncé jeudi le Premier ministre Nawaf Salam en défendant le projet de budget 2027 de son gouvernement et en assurant que ce projet « n’introduit aucune nouvelle taxe ».Lors d’une conférence de presse au Grand Sérail, M. Salam a abordé la hausse du coût de la vie, des prix du carburant et des factures de générateurs, ainsi que les salaires du secteur public, la santé et l’aide sociale, tout en présentant les grandes priorités économiques et financières de son gouvernement.« L’économie du Liban a connu une croissance de 4,2 % l’an dernier, après des années de contraction », a rappelé le Premier ministre, qualifiant cette progression de « début de reprise économique ». Mais « la...
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