Le président Joseph Aoun (à droite) et le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, lors de leur rencontre au palais présidentiel de Baabda, à l'est de Beyrouth, le 3 juin 2025. Photo Présidence libanaise
Le président libanais Joseph Aoun a reçu mercredi un appel téléphonique du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, au cours duquel ils ont convenu de « la nécessité de soutenir les solutions diplomatiques pour mettre fin aux conflits dans la région », a annoncé la présidence libanaise dans un communiqué.
Les deux responsables ont discuté de la situation régionale à la lumière des derniers développements, partageant la conviction que les solutions diplomatiques constituent « le meilleur moyen de mettre fin aux conflits dans la région », précise la présidence.
De son côté, le ministère iranien des Affaires étrangères a indiqué que M. Araghchi avait insisté au cours de cet entretien sur « la nécessité de mettre fin aux attaques israéliennes contre le Liban et à l'occupation de territoires dans le sud du pays », tout en informant le président Aoun des « efforts diplomatiques » entrepris par Téhéran au cours des dernières semaines.
Visite à Beyrouth d'une délégation iranienne
Cet échange intervient deux semaines après une rencontre entre le Premier ministre libanais Nawaf Salam et le président iranien Massoud Pezeshkian à New York, fin septembre, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies. M. Salam avait alors souligné l'importance de ne pas faire du Liban un théâtre de conflits régionaux et appelé à des « relations bilatérales fondées sur le respect mutuel et la non-ingérence ». Il avait également exhorté Téhéran à nommer un nouvel ambassadeur à Beyrouth, après la polémique entourant son représentant désigné, Mohammad Reza Shibani.
Parallèlement, le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Saïd Khatibzadeh, est arrivé mercredi à l'Aéroport international de Beyrouth (AIB) à la tête d'une délégation diplomatique, selon plusieurs médias. Il a été accueilli par une délégation du mouvement chiite Amal conduite par Khalil Hamdane, représentant le président du Parlement Nabih Berry, ainsi que par le député du Hezbollah Ali Mokdad.
Le chef du parti chrétien Kataëb, Samy Gemayel, a réagi à cette visite dans une publication rédigée en persan sur X mercredi, dans laquelle il écrit : « Comme vous, comme votre ambassadeur : persona non grata. »
Ces développements surviennent dans un contexte d'escalade entre l'Arabie saoudite et les rebelles houthis au Yémen, qui ont revendiqué mardi des attaques contre des installations du géant pétrolier saoudien Aramco et l'aéroport de Riyad, après que les autorités saoudiennes ont fait état d'une frappe contre un bâtiment appartenant à l'entreprise. La capitale saoudienne subit depuis plus d'une semaine des attaques quotidiennes d'une intensité inédite, marquant une nouvelle escalade dans la guerre opposant les houthis, soutenus par l'Iran, à la coalition militaire dirigée par Riyad, qui appuie le gouvernement yéménite.
En juin dernier, un protocole d'accord conclu entre les États-Unis et l'Iran prévoyait notamment l'arrêt immédiat et permanent des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban. Les responsables libanais avaient alors rétorqué que seul l'État libanais était habilité à négocier au nom du pays, avant de signer quelques semaines plus tard un accord-cadre avec Israël sous médiation américaine.

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