Une banderole à l'effigie du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu est déployée près d'oliveraies palestiniennes dans le village de Rantes, près de Ramallah, en Cisjordanie occupée, le 6 octobre 2026. Photo Ammar Awad/Reuters
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, est attaqué en diffamation par l'ancien chef du Shin Bet (sécurité intérieure), qui l'accuse d'avoir menti sur leurs responsabilités respectives concernant l'attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023.
Ronen Bar, qui dirigeait le Shin Bet au moment de l'attaque, estime, selon sa plainte déposée mercredi, que M. Netanyahu a porté contre lui des « accusations dont il savait qu'elles étaient fausses, dans le but de détourner le débat de sa propre responsabilité dans les événements du 7-Octobre ».
À deux semaines des législatives du 27 octobre, qui s'annoncent serrées, Benjamin Netanyahu voit sa campagne de plus en plus empoisonnée par les accusations de défaillances sécuritaires lors de l'attaque du mouvement islamiste palestinien.
En juin 2025, M. Bar a démissionné de ses fonctions après avoir reconnu les défaillances de son service il y a trois ans: « Tous les systèmes se sont effondrés. Le Shin Bet n'a pas su donner l'alerte », avait-il déclaré, avant de souligner « qu'en tant que chef de l'organisation, j'en ai assumé la responsabilité ».
Mais il affirme avoir alerté Benjamin Netanyahu à plusieurs reprises, avant le 7-Octobre, de menaces potentielles liées au Hamas. Il l'accuse ainsi de « mentir pour se couvrir », alors que le Premier ministre a toujours affirmé ne pas avoir été informé par M. Bar.
Dans un document de 134 pages, M. Bar revient sur les « calomnies » dont il estime avoir été victime de la part du Premier ministre et réfute notamment les accusations de « défaillances criminelles » portées contre lui.
« C'est la politique du Premier ministre pendant plusieurs années (...) qui a renforcé les dangers provenant des organisations terroristes de Gaza », affirme-t-il.
Benjamin Netanyahu a également reproché aux chefs de l'armée et du Shin Bet de ne pas l'avoir réveillé dans la nuit du 7-Octobre, assurant que les choses « se seraient passées différemment si ça avait été le cas ».
Ronen Bar affirme avoir téléphoné à l'attaché militaire du Premier ministre avant l'attaque, sur la base de renseignements faisant état de menaces potentielles, précisant qu'il ne disposait pas du numéro direct de Benjamin Netanyahu.
« Ronen, tu es sérieux ? », a réagi M. Netanyahu, cité mercredi par son parti, le Likoud. « Tu disposais pourtant de mon numéro sur la ligne rouge et tu pouvais m'appeler immédiatement, comme le font tous les chefs des services de sécurité. »
« Combien de vies aurions-nous pu sauver si seulement tu avais appelé à temps ? », interroge-t-il.
M. Bar, qui a présenté de nombreux documents au tribunal pour étayer ses accusations, réclame à Benjamin Netanyahu trois millions de shekels (environ 873 000 euros) de dommages et intérêts.
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