Un homme portant un drapeau libyen. Photo d'archives AFP
L'ONG Human Rights Watch a affirmé mercredi qu'au moins 31 personnes avaient été exécutées depuis la fin août par les autorités militaires de l'est de la Libye, les premières exécutions signalées dans le pays depuis 2010 selon l'organisation.
Les forces contrôlées par le maréchal Khalifa Haftar et son clan, au pouvoir dans l'est et le sud de la Libye, ont exécuté ces personnes « à l'issue de procès militaires manifestement inéquitables », a dénoncé l'ONG dans un communiqué.
Selon Human Rights Watch, il s'agit des « premières exécutions connues en Libye depuis 2010, alors qu'au moins 50 autres personnes détenues à la prison militaire de Guernada courent un risque imminent d'exécution », a-t-elle averti.
La prison de Guernada est située à environ 100 km au nord-est de Benghazi. Elle est en grande partie sous contrôle militaire, en dehors de la compétence des autorités judiciaires.
Cette infrastructure est souvent dénoncée pour de graves violations des droits humains, des actes de torture et des mauvais traitements.
Les forces contrôlées par le maréchal Haftar et ses fils « exécutent des personnes à la suite de procès secrets basés sur des aveux obtenus sous la torture et devant des tribunaux (...) non compétents pour juger des civils », a indiqué Bassam Khawaja, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de HRW.
La peine de mort est toujours en vigueur en Libye et reste prévue par le Code pénal pour des faits de meurtre, des actes terroristes ou d'atteinte à la sécurité de l'État. Si des tribunaux libyens prononcent des peines capitales, celles-ci sont restées, jusque-là, non appliquées.
« Durant 15 ans, la Libye n'a mené aucune exécution » mais le moratoire a été brisé « en l'espace de quelques semaines », a déploré M. Khawaja.
« La vie d'au moins 50 autres personnes dépend désormais du fait que les forces de Khalifa Haftar, ainsi que les gouvernements qui les soutiennent, décident ou non de mettre fin » à ces exécutions, a-t-il ajouté.
La Libye peine à retrouver sa stabilité depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011.
Deux exécutifs s'y disputent actuellement le pouvoir : celui dirigé par Abdelhamid Dbeibah, reconnu par l'ONU, et un autre dans l'Est, contrôlé par le puissant maréchal Khalifa Haftar et son clan.
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