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Lifestyle - Mode

De Bethléem à Tunis, les multiples visages du palmarès de l’IMA

Aux côtés des Libanais Salim Azzam et Hazem Kaïs, le Prix de la mode du monde arabe distingue des créateurs qui renouvellent la joaillerie, explorent les textiles et font vivre les savoir-faire locaux.

De Bethléem à Tunis, les multiples visages du palmarès de l’IMA

La cérémonie de remise des prix du 2e Prix de la mode du monde arabe s'est déroulée jeudi 8 octobre à l'IMA. Photo fournie par l'IMA

Une broderie qui devient bijou, une formation d’architecte qui se prolonge dans le vêtement, une expérience palestinienne qui nourrit la recherche textile : les autres talents distingués par l’Institut du monde arabe ont chacun leur manière d’entrer dans la mode. Révélé le 8 octobre à Paris, le palmarès de cette deuxième édition récompense, aux côtés de Salim Azzam et de Hazem Kaïs, trois créateurs établis entre l’Égypte, la Tunisie et la Palestine. Une mention très honorable vient également saluer le travail de Hind Hilal, à Bethléem. Dans le communiqué accompagnant l’annonce, l’IMA présente leurs parcours et les démarches qui ont retenu l’attention du jury.

Fatma Mostafa, le fil et le métal

Entre fil et métal, l’Égyptienne Fatma Mostafa donne à la broderie une nouvelle vie dans ses bijoux. Photo fournie par l'IMA

Lauréate dans la catégorie « Talent accessoires », l’Égyptienne Fatma Mostafa rapproche deux métiers que l’on rencontre rarement dans un même atelier : la broderie et l’orfèvrerie. Ses parures associent structures textiles et éléments métalliques, dans des compositions qui empruntent au bijou comme à la sculpture.

Le fil y occupe une place essentielle. Il participe à la construction des pièces et apporte au métal une autre texture, une autre manière de prendre forme. Pour nourrir ce travail, la créatrice regarde du côté de l’architecture, des ornements et des récits transmis en Égypte et dans le monde arabe. Elle en retient des références qu’elle transforme au gré de ses expérimentations, sans chercher à reproduire les modèles anciens.


Ibrahim Shebani, une garde-robe au long cours

Avec Born in Exile, Ibrahim Shebani puise dans l’histoire et l’architecture pour dessiner une garde-robe destinée à traverser les saisons. Photo fournie par l'IMA


Avec Born in Exile, Ibrahim Shebani remporte le prix « Talent entrepreneuriat créatif ». D’ancrage libyen et tunisien, la marque développe et produit ses collections en Tunisie, à partir de matières provenant notamment d’Italie et d’Espagne.

Son ambition se lit dans l’attention portée aux coupes, aux silhouettes et à la fabrication : concevoir des pièces que l’on gardera. L’histoire, l’architecture et l’identité culturelle alimentent ses collections, jusque dans les accessoires et les bijoux. Le vêtement doit pouvoir accompagner celui qui le porte au-delà d’une saison, par sa qualité autant que par ce qu’il évoque.


Ayham Hassan : de la Palestine aux musées


Nourri par son expérience de la vie en Palestine, Ayham Hassan fait dialoguer les gestes des artisans locaux avec ses recherches textiles. Photo fournie par l'IMA

Distingué comme « Talent émergent », Ayham Hassan bénéficie déjà d’une belle visibilité internationale. Sa collection de fin d’études à Central Saint Martins, IM-Mortal Magenta, a retenu l’attention de publications telles que Vogue, i-D ou Dazed. Elle est également présentée dans l’exposition The Only True Protest Is Beauty, organisée par la Fondazione Dries Van Noten dans le cadre de la 61e Biennale de Venise. Son travail a rejoint les collections du Victoria and Albert Museum et du MoMu d’Anvers.

Cette reconnaissance accompagne une démarche profondément nourrie par son expérience de la vie en Palestine. En collaboration avec des artisans locaux, Hassan travaille les techniques ancestrales, développe de nouveaux textiles et construit des silhouettes contemporaines. La mode lui offre un moyen de raconter cette expérience, avec toute sa charge intime et culturelle.


Hind Hilal : le regard de l’architecte

À Bethléem, Hind Hilal compose ses vêtements avec un regard d’architecte, attentive aux proportions et à la tenue des tissus naturels. Photo fournie par l'IMA

À Bethléem, Hind Hilal apporte au vêtement le souci des proportions et des structures acquis dans l’architecture. Sa marque, Hindhilal, reçoit une mention très honorable, ajoutée cette année par le jury au vu de la qualité des créations.

Dans son studio, la conception commence par la matière. Les tissus naturels, leur tenue et leurs qualités orientent le développement de pièces proposées en éditions limitées. La fabrication est ensuite confiée à des partenaires locaux, avec lesquels la créatrice entretient des liens étroits. Cette proximité lui permet de suivre avec précision l’exécution de ses modèles.

Le communiqué annonce également que la Fondation Sawiris soutiendra l’édition 2027 du prix. Il s’agit de la première collaboration issue de la lettre d’intention signée avec l’IMA le 16 juin 2026 et destinée à favoriser le développement des créateurs et leur visibilité internationale.

Une broderie qui devient bijou, une formation d’architecte qui se prolonge dans le vêtement, une expérience palestinienne qui nourrit la recherche textile : les autres talents distingués par l’Institut du monde arabe ont chacun leur manière d’entrer dans la mode. Révélé le 8 octobre à Paris, le palmarès de cette deuxième édition récompense, aux côtés de Salim Azzam et de Hazem Kaïs, trois créateurs établis entre l’Égypte, la Tunisie et la Palestine. Une mention très honorable vient également saluer le travail de Hind Hilal, à Bethléem. Dans le communiqué accompagnant l’annonce, l’IMA présente leurs parcours et les démarches qui ont retenu l’attention du jury.Fatma Mostafa, le fil et le métalEntre fil et métal, l’Égyptienne Fatma Mostafa donne à la broderie une nouvelle vie dans ses bijoux....
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