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Politique - Sécurité

Explosifs du Hezbollah saisis à Dahr el-Baïdar : les premières réactions politiques

Contacté par L’Orient-Le Jour, le mouvement Amal s'est refusé à tout commentaire, « en attendant l’issue de l’enquête et la position officielle » du parti chiite.

Explosifs du Hezbollah saisis à Dahr el-Baïdar : les premières réactions politiques

Des partisans du Hezbollah assistent à la deuxième commémoration de l'assassinat de Hassan Nasrallah, le 27 septembre 2026 dans la banlieue sud de Beyrouth. Photo Mohammad Yassine/L'Orient-Le Jour

La saisie samedi de plusieurs centaines de kilos d’explosifs à bord d’un véhicule à un barrage de Dahr el-Baïdar dans la Békaa, conduisant à l'implication de deux éléments du Hezbollah dans cette affaire, continue de faire réagir la classe politique libanaise. Cet incident relance le débat sur l'arsenal militaire du parti pro-iranien que le Liban s'est engagé à désarmer, tout en menant des négociations directes avec Israël. L'affaire ravive aussi les craintes de nouveaux attentats et autres projets d'assassinats qui pourraient secouer le pays.

Le Liban a connu, notamment au début des années 2000, une série d’assassinats qui avaient ciblé des personnalités politiques et médiatiques opposées à l’ancien régime syrien de Bachar el-Assad, allié du Hezbollah. Nombre de ces meurtres demeurent non élucidés, mais le Tribunal spécial pour le Liban (TSL) avait condamné trois des quatre accusés, tous liés au parti chiite dans l’affaire de l’assassinat en 2005 de l’ancien Premier ministre Rafic Hariri.

Conformément à l’accord de cessez-le-feu du 27 novembre 2024, signé à l'issue de plus d'une année de guerre entre Israël et le Hezbollah, l’armée libanaise doit mettre fin à la présence militaire de ce dernier et démanteler son arsenal. Lancé pendant plusieurs mois au Liban-Sud, ce chantier a été gelé par l'entrée du parti chiite dans une nouvelle guerre avec l’État hébreu le 2 mars 2026, dans le sillage du conflit entre Israël, les États-Unis et l'Iran.

Voici les principales réactions à cette saisie d'explosifs :

  • Contacté par L’Orient-Le Jour, le mouvement Amal de Nabih Berry, l’allié le plus constant du Hezbollah, s'est refusé à tout commentaire, « en attendant l’issue de l’enquête et la position officielle » du parti pro-iranien.
  • Sollicité par notre publication, le leader druze Walid Joumblatt s'est contenté pour sa part d'une réaction laconique. « C'est bien que l’État fasse son devoir et saisisse toute arme et tout engin explosif. Il y a beaucoup d'explosifs dans ce pays », a-t-il déclaré, sans vouloir commenter le fait que les explosifs saisis appartiennent au Hezbollah.
  • Tony Frangié, député du parti Marada, un allié de longue date du Hezbollah, a estimé que la tentative de reconstruction par le parti de son arsenal ne devrait pas surprendre. « Tout le monde sait qu'ils sont en train de se réarmer en vue de la prochaine étape de la confrontation. Et dans cette optique, la saisie des armes n’est qu’un détail », a-t-il déclaré à L'Orient-Le Jour. « La véritable solution commence par un retrait israélien du Liban et un retour à la résolution 1701 (2006) pour le monopole des armes », a-t-il ajouté.
  • De son côté, le député sunnite de Tripoli Achraf Rifi, connu pour son opposition au parti chiite, a appelé à mettre fin à la présence armée du Hezbollah. « La gravité de cette affaire est exacerbée par le lourd passif du Liban en matière d'assassinats perpétrés à l'aide d'explosifs, notamment la tentative ayant visé l'ancien ministre Marwan Hamadé, ainsi que les assassinats du Premier ministre Rafic Hariri, du général Wissam al-Hassan et du commandant Wissam Eid », a-t-il souligné dans un communiqué, en référence à la série d'attentats perpétrés au début des années 2000 à Beyrouth et imputés au régime syrien et à ses alliés au Liban. « Il est temps de mettre un terme définitif à une situation où le Hezbollah impose ses armes et ses décisions à l'État libanais, tout en liant une partie de la décision nationale au projet iranien », a ajouté le député. Il a enfin appelé « à démanteler la structure militaire et sécuritaire parallèle à l'État mise en place par le Hezbollah, à mettre fin à sa présence armée illégitime, à interdire ses activités armées et organisationnelles illégales, et à poursuivre toute personne impliquée dans des crimes ou des complots terroristes ».


La saisie samedi de plusieurs centaines de kilos d’explosifs à bord d’un véhicule à un barrage de Dahr el-Baïdar dans la Békaa, conduisant à l'implication de deux éléments du Hezbollah dans cette affaire, continue de faire réagir la classe politique libanaise. Cet incident relance le débat sur l'arsenal militaire du parti pro-iranien que le Liban s'est engagé à désarmer, tout en menant des négociations directes avec Israël. L'affaire ravive aussi les craintes de nouveaux attentats et autres projets d'assassinats qui pourraient secouer le pays.Le Liban a connu, notamment au début des années 2000, une série d’assassinats qui avaient ciblé des personnalités politiques et médiatiques opposées à l’ancien régime syrien de Bachar el-Assad, allié du Hezbollah. Nombre de ces meurtres demeurent...
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