Des combattants fidèles aux houthis participent à un rassemblement visant à recruter davantage de combattants, à Sanaa, le 7 octobre 2026. Photo Mohammed Huwais/AFP
L'info du jour
Les houthis ont réitéré dimanche leurs menaces de frapper les aéroports et l'espace aérien saoudien, au lendemain de l'attaque contre l'aéroport de Riyad qui a fait au moins 12 morts, la plus meurtrière en dix ans dans le royaume wahhabite.
Sans revendiquer la frappe de samedi, les rebelles yéménites ont renouvelé, par la voix de leur porte-parole militaire, leur avertissement aux voyageurs, employés et compagnies aériennes de ne pas utiliser l'espace aérien saoudien et les aéroports, « à l'exception » de ceux des villes saintes de La Mecque et Médine. Ils « sont exposés aux frappes et constituent un théâtre d'opérations de la part de nos forces », a affirmé Yahya Saree dans un communiqué.
L'Autorité de l'aviation civile saoudienne a recensé 12 personnes tuées et 309 blessées samedi à l'aéroport international King Khalid, mais le bilan pourrait être plus lourd, incluant notamment d'autres blessés, a indiqué à l'AFP un diplomate occidental basé à Riyad. « Quatre ressortissants saoudiens, deux Bangladais, un Américain, un Égyptien, un Argentin, un Syrien, un Palestinien et un Soudanais », figurent parmi les morts, a précisé l'aviation civile, qui a également annoncé que l'aéroport restera à l'arrêt dimanche.
Les miliciens pro-iraniens avaient déjà revendiqué mercredi et jeudi des frappes contre l'aéroport de la capitale saoudienne, qui ont fait au total six morts.
Pourquoi c'est important
L'ampleur et la fréquence des attaques houthies visant Riyad ces derniers jours sont inédites depuis 2014 et le début de la guerre au Yémen opposant le groupe rebelle aux forces gouvernementales, qui avaient reçu le soutien militaire d'une coalition conduite par l'Arabie saoudite un an plus tard.
Cette dernière attaque meurtrière contre l'aéroport de Riyad a suscité une nouvelle vague de condamnations à travers la région et l'Europe, où de nombreuses chancelleries ont dénoncé une « escalade dangereuse ». De Beyrouth à Bagdad, en passant par Londres et Islamabad, de nombreux appels à une « cessation complète » des hostilités avertissent qu'elles mettaient en danger « la sécurité et la stabilité régionales ».
De son côté, le président américain Donald Trump a déclaré « possible » une reprise des frappes américaines contre les houthis au Yémen, en réponse à des questions de journalistes samedi à la Maison Blanche : « C'est possible. Nous allons examiner la question. Nous venons tout juste d'apprendre cette récente attaque (à Riyad), nous prendrons donc une décision. Nous agissons très rapidement », a-t-il dit.
Cette attaque intervient également quelques jours après l’activation, le 5 octobre, du « pacte de La Mecque », un accord de défense mutuelle conclu en août entre l’Arabie saoudite, la Turquie et le Pakistan, ces deux derniers pays ayant annoncé le déploiement rapide de forces et de moyens militaires en soutien à Riyad.
Ce sur quoi il faut garder un œil
Au Liban-Sud, une personne a été tuée dimanche matin par l’explosion d’une munition dans un champ d’oliviers à Froun (caza de Bint Jbeil), alors que la récolte dans le sud du pays est entravée par la présence d’engins non explosés datant de la dernière guerre, voire rendue impossible dans les zones sous occupation israélienne, qui s’étendent sur plus de 600 km². Le corps de la victime a été récupéré par l'armée libanaise et des secouristes de la défense civile des scouts al-Rissala (affiliée au mouvement chiite Amal).
Situé à la lisière de la « zone tampon », Froun fait partie des trois premières « zones pilotes » annoncées fin juillet par Washington pour lancer ce chantier devant permettre simultanément le désarmement du Hezbollah et le retrait israélien du Liban-Sud, mais aujourd'hui au point mort.
Cet incident survient en pleine recrudescence des bombardements de l'aviation israélienne dans le Sud, où quatre localités ont été la cible de frappes dimanche matin. Les avions de chasse israéliens ont ainsi bombardé à deux reprises le village de Mansouri au sud de Tyr, avant d'effectuer trois autres frappes contre Talloussé (caza de Marjeyoun), Kfar Tebnit (Nabatiyé) et Wadi Houjeir.
De nombreux autres tirs d'artillerie, contre une dizaine de localités, ainsi que des opérations de dynamitages de maisons ont également été signalés à travers la zone occupée pendant la nuit.
Dans le reste de l'actualité
- La saisie samedi de plusieurs centaines de kilos d’explosifs à bord d’un véhicule à un barrage de Dahr el-Baïdar, dans la Békaa, conduisant à l'implication de deux éléments du Hezbollah, continue de faire réagir la classe politique libanaise. Cet incident relance le débat sur l'arsenal militaire de la formation pro-iranienne, que le Liban s'est engagé à désarmer. Dans ce contexte, certains soupçonnent le Hezbollah de fomenter des projets potentiels d'attentats au Liban, alors que le pays a un lourd passif en matière d'assassinats perpétrés à l'aide d'explosifs.
- Au moins 109 personnes migrantes, dont 15 enfants, ont péri et plus de 116 autres sont portées disparues après le naufrage au large de Djibouti d'une embarcation partie en direction du Yémen, dans la nuit du 8 au 9 octobre, a indiqué l'ONU dimanche.
- Le pape Léon XIV a annoncé dimanche qu'il allait se faire opérer « dans les prochains jours » d'un nodule « circonscrit au poumon » et ayant été détecté « à un stade très précoce ».
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