Des Palestiniens inspectent les lieux où se trouvait une maison visée par des frappes aériennes israéliennes, après que l’armée israélienne a appelé ses habitants à évacuer jeudi soir, à Gaza, le 9 octobre 2026. REUTERS/Dawoud Abu Alkas
Le chef de la diplomatie israélienne a accusé vendredi l'Autorité palestinienne de « tromper la communauté internationale » en prévoyant de reporter les élections législatives prévues le mois prochain, alors que les signes en ce sens se multiplient.
L'Autorité palestinienne, dirigée par Mahmoud Abbas, n'a pas annoncé à ce stade le report de ces élections, officiellement toujours prévues le 28 novembre. Mais de nombreux Palestiniens et analystes s'attendent à ce que ce scrutin, qui serait le premier depuis 2006, soit ajourné.
Quatre factions palestiniennes, dont le Fatah de M. Abbas et le Hamas, sont convenues lors d'une réunion au Caire mercredi de tenir un « dialogue national » avant les législatives, une source proche des discussions indiquant à l'AFP qu'elles allaient demander un report du vote.
« Mahmoud Abbas trompe la communauté internationale en annulant une nouvelle fois les élections promises », a déclaré sur X le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar.
« Ils passent leur temps à leurrer les autres. Y a-t-il des conséquences ? Pas pour cette (Autorité palestinienne) corrompue ! », a-t-il fustigé.
La tenue de ces législatives s'inscrit dans le cadre des réformes demandées par la communauté internationale, y compris l'Union européenne, qui apporte un soutien financier à l'Autorité palestinienne, basée à Ramallah.
Mais les autorités palestiniennes ont affirmé cette semaine que leurs responsables électoraux se voyaient refuser par Israël l'accès à Jérusalem-Est et à la bande de Gaza.
En 2021, Mahmoud Abbas avait déjà convoqué des législatives et une présidentielle, finalement reportées sine die faute de garanties concernant leur organisation à Jérusalem-Est, annexée par Israël.
Les dernières élections législatives de 2006 dans les territoires palestiniens ont été remportées par le Hamas, qui contrôle Gaza, surpassant le Fatah, qui contrôle l'Autorité palestinienne en charge de parties de la Cisjordanie occupée, ce qui a accentué les différends entre les deux mouvements rivaux.
Depuis la rupture entre les deux mouvements en 2007, le Conseil législatif palestinien, équivalent d'un Parlement, ne siège plus. Mahmoud Abbas, élu président en 2005, est resté au pouvoir malgré l'expiration théorique de son mandat en 2009 et gouverne depuis par décrets.
En juin, le dirigeant palestinien, âgé de 90 ans, avait signé un décret prévoyant la tenue d'une élection présidentielle au début de l'année 2027.