Rechercher
Rechercher

Politique - Décryptage

« La Rencontre nationale » : réédition du 8 Mars ou troisième voie ?


Officiellement, la « Rencontre nationale », qui doit se tenir le 19 octobre à Beyrouth, est une tentative de créer un espace de dialogue, en dehors des alignements politiques traditionnels. Les contacts ont déjà été établis et les grandes lignes des débats à venir ont été définies. Mais quand on y regarde de plus près, il apparaît que cette rencontre ressemble à d’autres groupes formés il y a quelques années et s’inscrivant dans la mouvance du Hezbollah, que ce soit au niveau des participants ou des points à adopter.

Pourtant, les organisateurs, Ali Hijazi en tête, démentent catégoriquement tout projet de former un « 8 Mars relifté ». Il souligne que plusieurs partis ont donné leur accord à cette initiative, comme Amal, le Hezbollah, la Jamaa islamiya, le Parti syrien national social, les Marada, ainsi que de nombreuses personnalités évoluant dans des mouvances centristes dans toutes les communautés. Le Courant patriotique libre n’a pas encore donné son accord définitif à prendre part. Il s’agit essentiellement d’entamer un dialogue ouvert et profond entre les différentes composantes, à un moment particulièrement critique dans la vie du Liban et de la région. En fait, les organisateurs affirment vouloir tracer une troisième voie, face aux deux déjà existantes, entre lesquelles le clivage est profond.

À ce stade, près de 200 personnalités devraient être présentes, et elles sont d’accord sur le fait que c’est justement l’absence de dialogue qui fait monter les tensions internes. C’est pourquoi une telle initiative devient nécessaire. Surtout que, jusqu’à présent, du côté officiel, aucune démarche concrète n’est envisagée pour lancer un dialogue interne, et que les récents débats parlementaires ont rapidement montré les risques de dérapage liés à toute tentative de discuter ouvertement des échéances qui attendent le pays. Les organisateurs insistent toutefois sur le fait que cette rencontre n’est nullement dirigée contre les responsables, en particulier contre le président de la République et le Premier ministre. Au contraire, elle reprend un point qui avait figuré dans le discours d’investiture du président Joseph Aoun : la nécessité d’adopter une stratégie de défense nationale. Elle rejette aussi toute tentative visant à faire chuter le gouvernement. Les organisateurs s’apprêtent d’ailleurs à se rendre à Bkerké et à Dar el-Fatwa pour les inviter à la rencontre et obtenir leur couverture.

Le petit noyau politique qui a décidé d’agir affirme justement qu’il ne cherche ni à créer un nouveau front politique ni à nouer une nouvelle alliance. Il a choisi de lancer un dialogue sur des sujets qui intéressent tous les Libanais, loin de toute tension et loin des clivages actuels. Il se concentre sur l’application de l’accord de Taëf, qui, selon les organisateurs, propose des réponses à toutes les questions qui se posent actuellement, qu’il s’agisse des armes en dehors de l’État, de l’intégrité du territoire, du retrait israélien total, de l’appui à l’armée et des formes de gouvernance. Deux principes de base ont toutefois été fixés, qui devraient faire l’unanimité en amont afin de ne pas faire échouer l'initiative, selon les organisateurs. Il s’agit du refus des négociations directes avec Israël et de l’accord-cadre déjà conclu.

Cela pousse ceux qui critiquent cette initiative à placer la « Rencontre nationale » dans la mouvance du Hezbollah. Les organisateurs s’en défendent, affirmant que ce parti est un partenaire, non un instigateur. Mais « l’étiquette pro-Hezbollah » est d’autant plus collante que l’initiative est lancée à un moment qui arrange cette formation. Isolée sur la scène politique, celle-ci chercherait par ce biais à faire revivre l’époque où elle était entourée d’un grand nombre de partis et de personnalités évoluant dans son orbite ou soucieux d’établir des liens privilégiés.

Avant même sa naissance effective, « la Rencontre nationale » commence donc à être critiquée. Pour ceux qui appuient l’initiative, ces critiques sont la preuve de sa capacité à créer un véritable groupe de pression, doté d’une large représentation politique et confessionnelle. Mais pour ceux qui y sont hostiles, le contenu est connu d’avance : il s’agit d’une tentative de montrer que le Hezbollah est toujours puissant et qu’un large éventail de la population et des forces politiques continuent de l’appuyer. Lancée officiellement pour rassembler, cette initiative commencerait donc par diviser...

Officiellement, la « Rencontre nationale », qui doit se tenir le 19 octobre à Beyrouth, est une tentative de créer un espace de dialogue, en dehors des alignements politiques traditionnels. Les contacts ont déjà été établis et les grandes lignes des débats à venir ont été définies. Mais quand on y regarde de plus près, il apparaît que cette rencontre ressemble à d’autres groupes formés il y a quelques années et s’inscrivant dans la mouvance du Hezbollah, que ce soit au niveau des participants ou des points à adopter.Pourtant, les organisateurs, Ali Hijazi en tête, démentent catégoriquement tout projet de former un « 8 Mars relifté ». Il souligne que plusieurs partis ont donné leur accord à cette initiative, comme Amal, le Hezbollah, la Jamaa islamiya, le Parti syrien national social, les Marada, ainsi que...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut