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Sport - Sports Aquatiques

Aux Mondiaux d'apnée, Nour Issa et Marc Bou Mansour battent chacun quatre records du Liban

La jeune femme s'est hissée à la 23e place du classement général, alors que son compatriote a décroché la 17e place, lors des championnats du monde à Chypre.

Aux Mondiaux d'apnée, Nour Issa et Marc Bou Mansour battent chacun quatre records du Liban

À gauche Nour Issa, à droite, Marc Bou Mansour, après l'une de leurs plongées réussies lors des Mondiaux d'apnée, le 4 octobre 2026, au large de Limassol. Photos Federico Buzzoni/@fed.under.water, transmises à L'OLJ avec l'autorisation des deux sportifs

« J’étais venue avec des ambitions, mais je ne m’attendais pas à battre autant de records. » Après moins de deux ans de pratique, Nour Issa peut repartir de Chypre avec le sentiment d’avoir réussi son entrée dans le grand bain de l’apnée mondiale. En l’espace d’une semaine, la jeune plongeuse libanaise de 25 ans a raflé pas moins de quatre records nationaux au terme de sa toute première participation aux championnats du monde de la discipline, qui se sont ouverts le 27 septembre et se poursuivent jusqu'au 10 octobre au large de Limassol. Un exploit imité chez les hommes par Marc Bou Mansour, qui a lui aussi amélioré quatre records nationaux lors de la même compétition, clôturant une campagne historique pour la jeune délégation libanaise.

Nour Issa fut la première à s’illustrer. 40, 50, 53… puis 60 mètres. Une profondeur que la jeune plongeuse n’avait atteinte qu’une fois à l’entraînement, effaçant ainsi de près de dix mètres les précédentes marques libanaises établies un an plus tôt par sa compatriote Luciana Chbeir. Les différentes catégories se distinguent par les modes de propulsion auxquels ont recours les apnéistes une fois en immersion. D’abord en « poids constant » sans palmes (CNF), en monopalme (CWT), avec deux palmes (CWTB), et enfin en immersion libre (FIM), lorsque le plongeur se tracte le long d’un câble à la seule force des bras. « J’étais extrêmement nerveuse avant ma première plongée », raconte-t-elle par téléphone à L’Orient-Le Jour. « C’est la performance dont je suis la plus fière : c’était ma toute première coulée en compétition et ma première ‘‘carte blanche’’ (lorsque le jury valide une coulée sans pénalité, NDLR). Puis, au fil de la compétition, j’ai pris confiance en moi et mes ambitions ont naturellement grandi », ajoute-t-elle.

« C’est la première fois que nous sommes plusieurs plongeurs à battre en même temps nos propres records en compétition », abonde Marc Bou Mansour, dont l’un des records, 71 m en monopalme, a été établi conjointement avec son coéquipier Saïd Jabbour. En ayant également atteint 55 m sans palmes, 77 m en bipalmes, puis 81 m en immersion libre, le plongeur trentenaire originaire du Liban-Nord a totalisé 284 points, se hissant à la 17e place du classement général sur 61 participants. « Nous sommes très fiers d’avoir pu faire flotter aussi haut le drapeau du Liban au milieu de tous ces athlètes du monde entier », se réjouit-il.

Nour Issa a quant à elle cumulé 203 points sur ses quatre épreuves, figurant ainsi à la 23e place du classement sur les 43 plongeuses en lice. À titre de comparaison, les plongées les plus profondes réalisées lors de ces Mondiaux ont atteint 137 mètres chez les hommes, par le Russe Alexey Molchanov, et 113 mètres chez les femmes, par l’Ukrainienne Nataliia Zharkova, toutes deux en poids constant avec monopalme.

The Deepest Breath

Malgré la pression de l’événement, Nour Issa témoigne d’une sérénité sous l’eau qu’elle-même ne soupçonnait pas avant de débarquer à Chypre. « Pendant la descente, je m’efforce de rester calme et concentrée sur le prochain mouvement, le demi-tour puis la remontée. Je ne pense pas à la surface », décrit-elle. « À l’approche des 50 mètres, la pression est intense : les poumons se compriment, le corps donne des sensations très différentes et l’équilibrage devient plus exigeant (...) mais quand tout se passe bien, plonger peut être incroyablement paisible. »

Pourtant, deux ans auparavant, ces grandes profondeurs lui étaient encore totalement étrangères. Née et élevée au Liban, Nour Issa a grandi au contact de la Méditerranée avant de découvrir le monde de l’apnée à travers le cinéma. Il y a, bien entendu, eu d’abord Le Grand Bleu, le classique de Luc Besson, mais surtout The Deepest Breath, un documentaire consacré à la championne et recordwoman du monde italienne d’apnée, Alessia Zecchini. « C’est son histoire qui m’a poussée à me plonger dans ce sport. Dès le lendemain du visionnage de ce film, j’ai commencé à faire mes recherches sur l’apnée », explique-t-elle.

Une dépendance aux sponsors

Ses premiers entraînements se tiennent à Dahab, dans le Sinaï égyptien, haut lieu de l’apnée et des sports sous-marins. C’est ensuite à Tabarja, sur la côte du Kesrouan, que l’architecte de formation s’immerge sérieusement dans la discipline et rejoint l’école Freediving Lebanon, équipe fondée en 2022 par Marc Bou Mansour. Un processus qui aura duré « environ un an » avant de s’aligner sur ses premiers Mondiaux. « L’apnée au Liban est une petite communauté. Nous sommes environ 100 personnes à nous entraîner, dont une vingtaine sérieusement, et sept ou huit à l’exercer en compétition », indique-t-elle. « C’est devenu une façon de mieux me comprendre, d’apprendre sur la peur, la relaxation, la patience et la confiance. Une profondeur en a amené une autre et, finalement, je me suis retrouvée à participer à des compétitions internationales. »

Par le biais de son club, Mark Bou Mansour souhaite également éveiller une conscience écologique trop peu présente au Liban : « Aimer la mer, c’est la protéger, une mission essentielle au Liban où nos écosystèmes marins sont fragiles et menacés. En honorant la mer et en partageant les merveilles de la plongée en apnée, nous pouvons inspirer un profond respect et un engagement pour la protection de notre environnement marin », croit-il.

Le Liban n’ayant pas de fédération nationale officielle, les athlètes doivent s’organiser eux-mêmes pour mettre en valeur cette discipline dans un pays où certains sports de niche peinent à se développer. Pour ces Mondiaux, ils ont notamment pu bénéficier d’une donation de 10 000 dollars offerte par leur sponsor, PoilGroup, une entreprise libanaise spécialisée dans la production de biocarburants. « La plupart des coûts restent à la charge de l’athlète : l’équipement, l’entraînement, les voyages, l’hébergement et les frais de compétition, relate Nour Issa. « J’ai eu beaucoup de chance d’avoir des personnes autour de moi et des sponsors, notamment Poil Group et Balamida, qui m’ont soutenue, et j’en suis très reconnaissante. Mais si l’on veut voir davantage d’athlètes libanais participer à des compétitions internationales, ce sport a besoin de davantage de soutien et d’investissements. »

« J’étais venue avec des ambitions, mais je ne m’attendais pas à battre autant de records. » Après moins de deux ans de pratique, Nour Issa peut repartir de Chypre avec le sentiment d’avoir réussi son entrée dans le grand bain de l’apnée mondiale. En l’espace d’une semaine, la jeune plongeuse libanaise de 25 ans a raflé pas moins de quatre records nationaux au terme de sa toute première participation aux championnats du monde de la discipline, qui se sont ouverts le 27 septembre et se poursuivent jusqu'au 10 octobre au large de Limassol. Un exploit imité chez les hommes par Marc Bou Mansour, qui a lui aussi amélioré quatre records nationaux lors de la même compétition, clôturant une campagne historique pour la jeune délégation libanaise.Nour Issa fut la première à s’illustrer. 40, 50, 53… puis 60...
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