Les visages des six journalistes de Matsaddaqsh représentés par le média qui interroge sur X : « Où est l’équipe de Matsaddaqsh ? 48 heures sans nouvelles des six journalistes. » Image tirée du compte X de Matsaddaqsh
La justice égyptienne a inculpé mercredi d'infractions liées au terrorisme six journalistes accusés de travailler pour les Frères musulmans - confrérie interdite - et d'avoir reçu des financements de l'étranger pour diffuser de « fausses informations ». Les six journalistes, qui forment la rédaction de la plateforme indépendante Matsaddaqsh, ont été arrêtés lors de plusieurs raids les 28 et 29 septembre, selon la direction du média et des organisations de défense des droits.
Créée en 2018 et spécialisée dans le fact-checking, Matsaddaqsh (« N'y crois pas » en arabe) dit être engagée dans une démarche « fondée sur la vérification des informations et la rectification des déclarations trompeuses, quelle qu'en soit la source ». Elle remet souvent en cause les déclarations des autorités et d'organismes gouvernementaux.
Dans un communiqué publié mercredi, les procureurs indiquent que l'affaire est le fruit d'enquêtes sur les activités de dirigeants des Frères musulmans à l'étranger. Ils affirment que ces dirigeants ont donné pour consigne à leurs membres de créer des plateformes en ligne pour diffuser « rumeurs, fausses nouvelles et déclarations », miner la confiance dans les institutions de l'État égyptien et inciter la population à participer à des manifestations.
Le communiqué désigne Matsaddaqsh comme « l'une des plateformes médiatiques du groupe » opérant depuis l'étranger. Les enquêteurs affirment également que les prévenus ont reçu un « financement mensuel » en devises étrangères via des virements provenant d'une entreprise appartenant à un membre de la confrérie vivant hors du pays. L'ONG Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR) a affirmé lundi que les six journalistes ont été victimes de « diverses formes de torture et de mauvais traitements » en détention, ce que le ministère de l'Intérieur a démenti.