Le ministre de l'Énergie, Joe Saddi, visite les locaux d'Électricité du Liban le vendredi 11 avril 2025. Photo prise depuis son compte X.
Le ministre de l’Énergie, Joe Saddi, a rencontré mercredi le président Joseph Aoun et le Premier ministre Nawaf Salam, au lendemain de l’annonce de la suspension de sa participation aux réunions du Cabinet pour protester contre la gestion du dossier de l’électricité par le gouvernement, et à la veille d’une séance du Conseil des ministres.
Mardi, M. Saddi avait annoncé qu’il ne participerait plus aux séances tant que le gouvernement n’aurait pas répondu à ses revendications concernant le secteur de l’électricité, notamment l’augmentation de la production, la réduction du coût du carburant et le règlement des factures impayées dues à Électricité du Liban (EDL).
Après sa rencontre avec M. Aoun, M. Saddi a indiqué sur X avoir exposé au chef de l'État les raisons ayant motivé sa décision. Il a toutefois précisé qu’il « confirmait la poursuite de l’exercice de ses responsabilités ministérielles », tout en espérant que les problèmes à l’origine de sa démarche seraient pris en compte.
Avec M. Salam, M. Saddi a discuté des moyens d’augmenter la fourniture d’électricité aux citoyens, notamment de mesures concrètes permettant d’accroître progressivement les heures d’alimentation au cours des prochaines semaines et des prochains mois, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle). « Les discussions sur le dossier de l’électricité se poursuivront lors d’une réunion dédiée vendredi », a rapporté l’agence. Les deux responsables sont également convenus d’examiner des projets visant à apporter une solution durable à la crise de l’électricité à moyen terme.
La décision de M. Saddi est intervenue après l’approbation, jeudi dernier, par le Cabinet du projet de budget pour 2027. Elle avait suscité les objections des Forces libanaises (FL), qui reprochaient au texte de ne pas accorder suffisamment d’attention au secteur de l’électricité. M. Saddi avait notamment réclamé l’instauration d’un tarif d’électricité variable, le règlement par les institutions publiques de leurs factures impayées auprès d’EDL, la suppression de la taxe de 300 000 livres libanaises sur le carburant et la prise en charge par l’État du coût de l’électricité correspondant aux exemptions accordées à certaines zones. Le ministre avait insisté sur le fait que sa démarche ne constituait pas un abandon de ses responsabilités, mais visait à faire pression sur le gouvernement afin qu’il s’attaque aux problèmes du secteur. Il avait également affirmé qu’il continuerait à exercer ses fonctions ministérielles.
La crise chronique de l’électricité au Liban est le résultat de décennies de mauvaise gestion structurelle et de corruption au sein d’EDL, l’opérateur public. La situation s’est fortement aggravée après l’effondrement financier de 2019, qui a privé l’État des devises nécessaires à l’achat de carburant.