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Politique - Focus

Avec l’Observatoire du gouvernement, le CPL veut « prouver qu’il est l’opposition »

Ce nouvel appareil chargé de scruter l’action du cabinet a recensé « 64 infractions » à la déclaration ministérielle.

Avec l’Observatoire du gouvernement, le CPL veut « prouver qu’il est l’opposition »

Le chef du Courant patriotique libre s’exprimant lors du lancement de l’Observatoire du gouvernement, au Parlement, le 30 septembre 2026. Photo tirée du compte X du parti

Deux semaines après avoir perdu une manche contre le gouvernement, le Courant patriotique libre a trouvé un nouveau moyen de (ré)affirmer son positionnement de fer de lance de l’opposition à l’équipe de Nawaf Salam : l’Observatoire du gouvernement.

La création de ce nouvel appareil affilié au CPL a été annoncée lors d’une conférence tenue mercredi à la bibliothèque du Parlement, en présence du chef du parti, Gebran Bassil, et de plusieurs députés de la formation. L’Observatoire sera chargé de suivre de près les dossiers sur lesquels se penche le gouvernement en vue de « mettre la lumière sur les erreurs quand elles existent », pour reprendre les termes de Nicolas Sehnaoui, député CPL de Beyrouth.

Un chantier déjà entamé mercredi. Car le courant aouniste s’est attardé sur tous les dossiers d’actualité, des négociations avec Israël et le désarmement du Hezbollah à la situation des réfugiés et migrants syriens, en passant par l’éducation et – surtout – l’électricité. Depuis que le ministère de l’Énergie est passé aux mains des Forces libanaises – son grand rival chrétien –, le CPL concentre ses attaques sur le ministre Joe Saddi, sachant que les aounistes ont monopolisé ce portefeuille de 2008 à 2025. « Nous sommes une opposition qui ne veut pas faire du populisme. Nous avons donc présenté, chiffres à l’appui, le bilan des sujets d’actualité en mettant la lumière sur le manquement du gouvernement à ses devoirs », se défend Nicolas Sehnaoui, estimant qu’« il est temps que le Liban devienne une démocratie digne de ce nom, avec une majorité au pouvoir et une minorité dans l’opposition ». « Mercredi, nous avons prouvé que nous sommes l’opposition », lance de son côté Antoine Constantine, conseiller de Gebran Bassil.

Le CPL a déjà recensé 64 « entorses » à la déclaration ministérielle de l’équipe Salam, selon M. Bassil. Au menu, les réformes économiques qui se font attendre, l’approvisionnement en électricité de plus en plus rare et... le retard dans le désarmement du Hezbollah, cet ancien allié auquel le CPL a longtemps octroyé une légitimité chrétienne. Plusieurs observateurs rappellent toutefois que la déclaration ministérielle n’a aucune valeur juridique ni constitutionnelle contraignante. Il s’agit, selon eux, d’un texte dans lequel le gouvernement expose les grandes lignes de sa politique publique.

En attendant Berry

Mais le leader du CPL, lui, ne l’entend pas de la même oreille. Les « 64 infractions à la déclaration ministérielle exigent une reddition de comptes et des interpellations parlementaires, a lancé Gebran Bassil lors de sa conférence mercredi. Nous attendons que le président du Parlement, Nabih Berry, tienne sa promesse de convoquer une séance pour nous permettre d’adresser une cinquantaine d’interpellations ». Une référence à un engagement arraché au maître du perchoir lors du débat de politique générale de convoquer le Parlement une nouvelle fois en octobre pour demander des comptes au gouvernement, mais dont la date n’a pas encore été fixée. Rappelons, dans ce cadre, que Nabih Berry, qui règne en maître absolu à la Chambre, avait décidé de limiter les interventions du bloc du Liban fort à un seul long discours (30 minutes) prononcé par Gebran Bassil. Les députés lésés se sont donc exprimés sur des sujets précis mercredi. « Il n’est pas normal que l’opposition ne puisse parler que pendant une demi-heure. Mais dans la prochaine phase, nous allons jouer notre rôle à fond à travers l’Observatoire, même s’ils se targuent d’avoir obtenu une nouvelle fois la confiance de 68 députés », affirme à L’OLJ Eddy Maalouf, ancien député du Metn et proche collaborateur de Gebran Bassil.


Deux semaines après avoir perdu une manche contre le gouvernement, le Courant patriotique libre a trouvé un nouveau moyen de (ré)affirmer son positionnement de fer de lance de l’opposition à l’équipe de Nawaf Salam : l’Observatoire du gouvernement.La création de ce nouvel appareil affilié au CPL a été annoncée lors d’une conférence tenue mercredi à la bibliothèque du Parlement, en présence du chef du parti, Gebran Bassil, et de plusieurs députés de la formation. L’Observatoire sera chargé de suivre de près les dossiers sur lesquels se penche le gouvernement en vue de « mettre la lumière sur les erreurs quand elles existent », pour reprendre les termes de Nicolas Sehnaoui, député CPL de Beyrouth. Pour mémoire Débat de politique générale : le tandem chiite et le CPL face à leurs limites Un...
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