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Politique - Décryptage

Syrie-Hezbollah : la confrontation reste-t-elle une possibilité ?


Entre le Hezbollah et les nouvelles autorités syriennes, les échanges d’amabilités n’ont pas duré longtemps. Après la déclaration du président Ahmad el-Chareh, qui a affirmé être prêt à discuter avec le parti si c’était dans l’intérêt des deux pays, et la réponse positive de Naïm Kassem, on avait cru qu’un rapprochement était possible. Mais voilà que, du côté syrien, les accusations concernant l’existence de cellules chargées de mener des attaques en Syrie et affiliées au Hezbollah ont recommencé à apparaître, comme tout récemment la cellule dite « de Deraa ». Si le Hezbollah s’est empressé de démentir, cet échange indirect montre que les relations restent compliquées, à l’heure où les propos du président américain sur un rôle du président syrien dans le désarmement du Hezbollah demeurent dans tous les esprits.

La Turquie essaye de pacifier les relations en organisant, sur son territoire, il y a quelques semaines, une rencontre entre des représentants des deux parties. Une rencontre technique aurait également eu lieu avant celle-ci à la frontière libano-syrienne. Beaucoup avaient même misé sur les efforts turcs pour établir de nouvelles relations entre les deux parties dans l’espoir de tourner définitivement la page de l’intervention du parti en Syrie aux côtés du régime Assad. Mais apparemment, la cellule dite de Deraa a mis un frein aux efforts turcs.

Entre les deux parties, il y a bien sûr le dossier des anciens membres du régime Assad auxquels, dans de nombreux cas, le Hezbollah a apporté sa protection. Le démantèlement récent d’une cellule pro-Assad au Akkar a d’ailleurs montré l’implication d’un membre du parti, un certain « Hajj Alaa », qui dirigerait un camp d’entraînement pour des Syriens proches de l’ancien régime dans la Békaa. Toutefois, d’autres facteurs entrent aussi en jeu et rendent pratiquement impossible tout rapprochement entre les deux parties, dans le contexte actuel.

Dans ce cadre, certains estiment que les encouragements de Donald Trump à Ahmad el-Chareh pour qu’il contribue au désarmement du Hezbollah, sous prétexte qu’il serait plus efficace dans cette mission que les Israéliens, redeviennent d’actualité. La soudaine annonce de la découverte de la cellule de Deraa pourrait être un prélude à une action plus musclée de la part de la Syrie contre le Hezbollah au Liban. Selon les sources qui évoquent ce scénario, celui-ci serait encore plus plausible si l’armée libanaise continuait de refuser une confrontation directe avec le Hezbollah, afin de le désarmer. Ce serait même, selon ces sources, le scénario idéal pour les Israéliens, puisqu’il consisterait à entraîner l’armée syrienne et le Hezbollah dans une confrontation épuisante pour les deux parties, ce qui les obligerait à renoncer à toute velléité d’attaquer Israël. Selon ces mêmes sources, le nouveau pouvoir en Syrie pourrait même considérer qu’un combat contre le Hezbollah serait populaire dans son pays et pourrait accélérer le processus de réhabilitation de la Syrie au sein de la communauté internationale.

Jusqu’à présent, aucun indice concret ne vient confirmer cette thèse, et plusieurs sources arabes et européennes restent convaincues que le nouveau pouvoir en Syrie a bien d’autres soucis que celui d’attaquer le Hezbollah. Il doit d’abord consolider son pouvoir sur le plan interne et essayer par tous les moyens d’assurer de meilleures conditions de vie à son peuple, tout en établissant un dialogue constructif avec les partenaires arabes et internationaux. Sa priorité n’est donc pas de se lancer dans une nouvelle confrontation. De plus, la Turquie ne serait certainement pas favorable à un tel scénario.

Mais le risque d’une confrontation entre le Hezbollah et des factions syriennes, même en dehors de l’armée régulière, reste possible. Le parti garde le silence sur le sujet, mais ceux qui suivent de près ses activités estiment qu’il se prépare à toutes les éventualités. Il y a quelques mois, lorsqu’un tel scénario était évoqué, le Hezbollah s’empressait de le démentir avec véhémence, estimant qu’il n’était pas envisagé. Mais aujourd’hui, lorsque cette idée est évoquée, il préfère ne pas commenter, laissant entendre qu’elle n’est plus totalement écartée.

Sans le dire clairement, le Hezbollah estime que tous les facteurs régionaux et internationaux indiquent qu’un nouveau round de violence entre les États-Unis et l’Iran se prépare, avec la participation d’autres acteurs comme les Israéliens et peut-être d’autres pays. Les Américains cherchent visiblement à mobiliser le plus grand nombre de partenaires contre l’Iran et, forcément, contre ses alliés. Dans ce contexte, tous les scénarios de violence peuvent donc être envisagés. Ainsi, le parti multiplie les contacts à l’échelle régionale pour tenter d’en savoir plus sur la position syrienne.


Entre le Hezbollah et les nouvelles autorités syriennes, les échanges d’amabilités n’ont pas duré longtemps. Après la déclaration du président Ahmad el-Chareh, qui a affirmé être prêt à discuter avec le parti si c’était dans l’intérêt des deux pays, et la réponse positive de Naïm Kassem, on avait cru qu’un rapprochement était possible. Mais voilà que, du côté syrien, les accusations concernant l’existence de cellules chargées de mener des attaques en Syrie et affiliées au Hezbollah ont recommencé à apparaître, comme tout récemment la cellule dite « de Deraa ». Si le Hezbollah s’est empressé de démentir, cet échange indirect montre que les relations restent compliquées, à l’heure où les propos du président américain sur un rôle du président syrien dans le désarmement du Hezbollah...
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