Anaïs Demoustier dans le rôle de Suzanne dans le film "La Vénus électrique" de Pierre Salvadori. Photo Guy Ferrandis/Frenetic films
Un peintre inconsolable, une foraine qui s’improvise voyante et un galeriste prêt à entretenir la supercherie : le Festival du cinéma européen au Liban ouvrira sa 30e édition sous le signe des sentiments et de l’imposture. La Vénus électrique, de Pierre Salvadori, sera projeté le jeudi 8 octobre à 19h au cinéma Metropolis, à Beyrouth. Cette coproduction franco-belge, également choisie pour ouvrir le Festival de Cannes 2026, réunit Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche et Vimala Pons.
Dans le Paris de 1928, Antoine Balestro, peintre en vogue, a perdu le goût de travailler depuis la mort de son épouse. Un soir d’ivresse, il croit trouver auprès d’une voyante le moyen de communiquer avec la disparue. Mais Suzanne, son interlocutrice, est une modeste foraine entrée dans la roulotte pour voler de quoi manger. Elle saisit l’occasion et se prête au jeu. Armand, le galeriste d’Antoine, l’aide bientôt à organiser de fausses séances, dans l’espoir de remettre son protégé au travail. L’inspiration revient ; les sentiments viennent compliquer l’arrangement lorsque Suzanne tombe amoureuse de l’homme qu’elle trompe. Présenté en français avec des sous-titres anglais, le film sera repris le 17 octobre à 17h.
Organisée par la Délégation de l’Union européenne (UE) au Liban, sous le patronage du ministère de la Culture, en partenariat avec l’association Metropolis et en coopération avec les États membres de l’UE, cette édition se déroulera jusqu’au 17 octobre. Le programme actuellement publié réunit 25 titres, dont plusieurs bénéficieront d’une seconde séance.
Dès le 9 octobre à 18h30, Jeunes mères, de Jean-Pierre et Luc Dardenne, suivra cinq adolescentes accueillies dans une maison maternelle, qui cherchent à construire une vie meilleure pour elles-mêmes et leurs enfants. Le film a reçu le prix du scénario à Cannes en 2025. Le même soir, à 20h30, Late Shift, de Petra Volpe, avec Leonie Benesch, entraînera le public dans un hôpital suisse, auprès d’une infirmière confrontée aux exigences d’un service en sous-effectif.
Les vies d’artistes nourrissent également la sélection. Chopin, Chopin !, de Michał Kwieciński, le 9 octobre à 20h45, s’attache au compositeur dans les milieux parisiens, tandis que la maladie rend la création plus urgente. Le lendemain à 18h, Franz, d’Agnieszka Holland, retrace le parcours de Kafka, entre son désir d’une existence ordinaire et la nécessité d’écrire. Avec Romería, de Carla Simón, les 11 et 15 octobre, la recherche se fait familiale : une jeune femme rejoint des proches qu’elle ne connaît pas et découvre les silences entourant ses parents.
Le 12 octobre à 18h, Un simple accident, de Jafar Panahi, palme d’or 2025 et coproduction franco-irano-luxembourgeoise, figurera parmi les rendez-vous de la sélection. Deux jours plus tard, à 19h, Nouvelle Vague, de Richard Linklater, reviendra sur le tournage d’À bout de souffle. Cette séance sera introduite par Jean-Michel Frodon.
La mémoire du cinéma traverse aussi cette édition. The Maids of Wilko, d’Andrzej Wajda, sera présenté le 9 octobre à 18h, à l’occasion du centenaire de la naissance du réalisateur. Le 12 octobre à 19h, une copie restaurée de La Ragazza di Bube, de Luigi Comencini, sera projetée en hommage à Claudia Cardinale. Le Cheval de Turin, de Béla Tarr et Ágnes Hranitzky, suivra le 13 octobre à 18h, dans un hommage à Tarr. Jean-Michel Frodon introduira ces deux dernières séances.
L’animation aura sa place avec Les Contes du pommier, le 12 octobre à midi, et Arco, d’Ugo Bienvenu, le même jour à 16h. Enfin, le cinéma libanais sera représenté par Dead Dog, de Sarah Francis, le 15 octobre à 19h, en présence de l’équipe du film. Dans une maison de montagne, un couple séparé par des années d’expatriation se retrouve face à ce qui subsiste de sa vie commune.
Retrouver le programme complet sur le site de Metropolis.