Le ministre des Transports Fayez Rassamny (deuxième à partir de la gauche), l'ambassadeur d'Oman et le directeur général de l'OCFTC, Ziad Chayya, posant devant l'un des bus remis, le lundi 28 septembre 2026, par le sultanat d'Oman au Liban, lors d'une cérémonie organisée dans la station de trains de Mar Mikhael, à Beyrouth. Photo ANI
Le sultanat d'Oman a officiellement remis lundi au Liban 20 bus destinés à être utilisés dans le réseau de transport public, dans le cadre d’un don à l’État libanais, lors d’une cérémonie organisée par l’Office des chemins de fer et des transports en commun (OCFTC) dans le quartier de Mar Mikhayel à Beyrouth, en présence du ministre des Travaux publics et des Transports, Fayez Rassamny.
La cérémonie s’est déroulée en présence de l’ambassadeur d’Oman au Liban, Ahmad ben Mohammad ben Saïd el-Saïdi, du directeur général de l’OCFTC, Ziad Chayya, et du mohafez de Beyrouth, Marwan Abboud.
Lors de son allocution, M. Rassamny a longuement appuyé sur l’importance de développer le secteur des transports en commun, à un moment où la situation économique des Libanais est si critique. « Pour changer les mentalités concernant le transport public, il faut fournir une alternative », a-t-il dit. Le Liban vit une crise financière et économique sévère depuis 2019, à laquelle est venue s'ajouter une guerre avec Israël depuis 2023, puis l'impact de la guerre américaine en Iran, qui a influé sur le prix des carburants dans le monde entier.
Le ministre a précisé que le transport en commun est actuellement opérationnel sur 11 axes, et que le développement de 5 autres est en cours. L’OCTFC « peut faire fonctionner un parc plus important dès que les capacités et le nombre de bus nécessaires seront disponibles, jusqu’à 500 bus supplémentaires », a-t-il ajouté.
M. Rassamny est revenu sur l’expérience du partenariat avec le secteur privé, depuis la mise en marche des bus offerts par la France, qu’il a jugée « encourageante en vue de développer le secteur ». La société privée Ahdab Commuting & Trading Company (ACTC), a été chargée de la gestion et de la maintenance de 93 bus appartenant à l’État, dont 49 offerts en mai 2022 par la France.
Pour sa part, M. Chayya a remercié le sultanat d’Oman, affirmant que cela fait un mois environ que son institution a été informée de ce don, saluant la rapidité avec laquelle Oman a mis sa démarche à exécution. « Ce don arrive au bon moment pour contribuer à nos efforts de développement du secteur de transports en commun », a-t-il ajouté.
De son côté, M. Saïdi a insisté sur l’importance, pour son pays, de contribuer au développement de ce secteur, « ce qui aidera à régler le problème du trafic dans les villes libanaises aux heures de pointe ». « L’un des principaux défis sera d’encourager la culture des transports en commun auprès des Libanais », a ajouté l’ambassadeur d’Oman.
Le gouvernement libanais avait approuvé en juillet un projet d’acquisition de cent bus pour l'OCFTC, financé par un don du gouvernement de la République populaire de Chine, afin de renforcer le réseau libanais après la mise en circulation d’autres bus offerts par la France. En décembre 2025, le Qatar avait fourni au Liban, dans le cadre d'un don, 30 bus destinés à enrichir ses transports en commun.
Dans un pays où les intérêts privés dominent souvent les décisions des pouvoirs publics, et où l’usage de la voiture privée reste largement privilégié, l’avènement d’un transport public de qualité est une gageure. Grands absents des projets de reconstruction au sortir de la guerre civile (1975-1990), les transports en commun sont restés dès lors confinés à un réseau informel de minivans et de bus privés. Seuls 35 bus vétustes appartenant à l’OCFTC, une structure d’État héritée du mandat français, fonctionnaient encore en 2019, opérant essentiellement dans l’est de Beyrouth, avant leur mise à l’arrêt à la suite de la double explosion au port le 4 août 2020.

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