Des membres des forces de sécurité des houthis lors d'une parade militaire à Sanaa, le 20 septembre 2026. Photo Mohammed Huwais / AFP
Les combattants pro-iraniens houthis du Yémen ont lancé samedi de nouvelles attaques contre l'Arabie saoudite, visant sa capitale Riyad et une grande ville du sud-ouest, alors que les appels pour mettre fin à ce conflit se multiplient.
« Les défenses aériennes ont intercepté et détruit deux drones lancés par la milice terroriste houthie en direction de la région de Riyad », a indiqué le porte-parole de la coalition sur X. Ce même porte-parole a également annoncé l'interception de deux missiles balistiques tirés vers Khamis Mushait, ville du sud-ouest de l'Arabie saoudite qui héberge une importante base aérienne.
Les houthis ont confirmé avoir attaqué le royaume. « Malgré la force, l'ampleur et l'impact de l'opération, nos forces armées ne la considèrent que comme une répétition à petite échelle en vue d'une escalade à grande échelle », a écrit sur X un membre du bureau politique du mouvement, Hazem el-Assad.
Après plusieurs années d'accalmie, le Yémen a replongé en juillet dans la guerre, nouveau front du conflit au Moyen-Orient. Les hostilités opposent les houthis, qui tiennent la capitale Sanaa et le littoral yéménite sur la mer Rouge, au gouvernement reconnu par la communauté internationale, exilé à Aden (sud) et contrôlant une grande partie du sud et de l'est - une superficie plus vaste mais moins peuplée. Le conflit s'est intensifié en septembre lorsque les combattants antigouvernementaux ont lancé une offensive meurtrière, consolidant leur contrôle sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, qui relie l'Europe à l'Asie via le canal de Suez. Ils ont aussi instauré un blocus contre la flotte saoudienne et visé des infrastructures pétrolières du royaume, premier exportateur mondial de brut, ainsi que sa capitale Riyad, pour la première fois depuis des années.
Condamnation de l'ONU
Malgré des bombardements saoudiens quotidiens et des combats qui se poursuivent sur le terrain, les forces gouvernementales et Riyad n'ont pas réussi à faire reculer les houthis, et leurs appels à une aide internationale ont pour l'instant été infructueux.
Le chef du conseil présidentiel yéménite Rachad al-Alimi a appelé vendredi à « la mobilisation générale », et promis une amnistie à tous les houthis qui se rallieraient au camp du gouvernement. Le président américain Donald Trump s'est entretenu il y a quelques jours avec M. al-Alimi, mais ne lui a pas promis de soutien militaire, selon l'entourage du responsable yéménite.
D'après le New York Times, le prince héritier Mohammad ben Salmane, dirigeant de fait de l'Arabie saoudite, a également exhorté M. Trump à intervenir et à frapper les houthis. En vain pour l'instant.
Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jasem Mohamed Albudaiwi, a dénoncé samedi « une dangereuse escalade et une menace directe à la sécurité régionale », et appelé « la communauté internationale à adopter une attitude ferme pour mettre fin à ces attaques terroristes répétées des houthis ».
Quant à la Turquie et au Pakistan, liés par un pacte de défense mutuelle avec Riyad, ils n'ont jusqu'à présent pas riposté à l'offensive houthie, même si une rencontre a eu lieu vendredi entre les états-majors des trois pays.
Également vendredi, le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné « dans les termes les plus fermes » l'offensive des houthis contre l'Arabie saoudite et appelé à « une coopération concrète, notamment avec le gouvernement yéménite, afin d'empêcher les houthis d'acquérir les armes et matériels connexes, l'assistance technique, la formation, le financement » qui permettent leurs opérations.
Jeudi, le grand mufti d'Arabie saoudite, Saleh al-Fawzan, a appelé les soldats à « se tenir prêts à accomplir leur devoir » et a prié Dieu d' « éradiquer le groupe houthi et ses soutiens ».
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