Le haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l’homme, Volker Türk (au centre), lors de sa conférence de presse à la Maison des Nations unies, à Beyrouth, le 27 juillet 2026. Crédit : NNA
Guerre, chaos climatique, divisions, cupidité : en parcourant les médias, on pourrait croire que le monde se résume à ces mots. Les lois de la guerre sont bafouées. La paix nous échappe. L’autoritarisme se nourrit de la division. Le pouvoir est l’apanage d’une poignée d’individus.
Mais tout ne s’arrête pas là. Derrière les gros titres, une autre réalité se dessine : plus discrète, moins visible, et bien plus positive.
Partout dans le monde, les populations sont en grande majorité révoltées par la brutalité, la haine et l’injustice. Elles ne veulent pas que la richesse et le pouvoir dictent le respect ou le déni des droits selon leurs titulaires. Elles voient bien que la destruction et la souffrance mènent notre monde dans une impasse.
Les gens veulent que les règles qui protègent l’humanité soient respectées par tous et toutes, en tout temps. Ils veulent protéger notre planète des menaces qui la rendent déjà invivable pour beaucoup de ses habitants. Ils estiment que leurs aspirations ne devraient pas être déterminées par leur genre. Et ils ne veulent pas que leurs droits soient sacrifiés au profit d’une technologie qui évolue à une vitesse fulgurante, sans grand contrôle.
C’est cette réflexion qui est à l’origine de l’Alliance mondiale pour les droits humains, un mouvement lancé en juin 2026 par le Haut-Commissariat des Nations unies aux Droits de l’homme (HCDH), dans le but de réunir toutes les personnes qui se soucient des droits humains et œuvrent en leur faveur ; de donner la parole à la majorité ; et de canaliser leur immense énergie au profit d’un véritable changement.
Car si une seule personne, un gouvernement, une organisation ou une institution peut agir pour relever les défis actuels en matière de droits humains, un mouvement mondial uni peut accomplir bien plus.
Aujourd’hui, je vois autour de moi la même énergie qui a animé les mouvements qui ont lutté contre l’esclavage, le colonialisme, le patriarcat et l’apartheid. Cela ne me surprend pas. Les gens se mobiliseront toujours pour ce qui est juste, au sein de leurs communautés et même pour celles et ceux ailleurs dans le monde.
Pour une vie meilleure
L’Alliance mondiale relie les gouvernements, les villes, la société civile, les jeunes, les entreprises, les œuvres et fonds philanthropiques, les penseurs, les artistes et les scientifiques de manière concrète pour apporter des réponses aux problèmes des personnes et améliorer leur vie.
L’une des premières initiatives de l’Alliance porte sur les « Villes pour les droits humains ». Dans le monde entier, des villes et des collectivités locales se tournent vers les droits humains pour trouver des solutions pragmatiques et non idéologiques aux défis de la vie urbaine moderne, du transport à l’éducation en passant par la protection sociale.
Par exemple, à Baguio, aux Philippines, les habitants peuvent suivre les budgets publics et les procédures d’appels d’offres grâce à une application, ce qui renforce la responsabilité et la transparence des décisions prises par les autorités locales. Au Kenya, le personnel du HCDH soutient la formation aux droits humains des collectivités locales, aidant ainsi la population à participer aux décisions qui affectent leur vie. Les autorités locales et régionales savent qu’une plus grande participation permet d’améliorer l’efficacité, la résilience et la stabilité.
D’autres initiatives de l’Alliance mondiale portent sur la mobilisation des jeunes, les droits humains dans le monde des affaires et la technologie, l’action climatique, la science, la philosophie, le sport et la foi.
Les projets qui concrétisent les droits humains au quotidien sont partout autour de nous, dans la rue, dans les salles de classe et de réunion, et dans nos communautés, ainsi que dans les Parlements et les gouvernements du monde entier. Je suis inspiré par les étudiants et étudiantes, les personnes à la tête de la société civile, les organisateurs et organisatrices communautaires, les responsables à l’échelle locale et les défenseurs et défenseuses des droits humains qui œuvrent, souvent dans l’ombre, pour rendre leurs communautés plus sûres et la vie des gens meilleure.
L’Alliance mondiale vise à relier et renforcer tous ces projets et initiatives. C’est une véritable ruche vivante et bourdonnante d’activité qui s’appuie sur ce qui existe déjà et élabore son programme de manière collaborative pour s’adapter à des réalités en constante évolution. Cela permettra à la majorité discrète de se faire entendre davantage et de gagner en visibilité.
Imaginer, dialoguer, agir
Nous devons être lucides. Les défis auxquels nous sommes confrontés sont complexes, et les gouvernements ainsi que les sociétés doivent faire des choix difficiles. Les droits humains servent de boussole pour faire ces choix de manière plus intelligente, plus avisée et plus équitable.
À un moment ou à un autre, nous nous sommes tous et toutes demandé : comment pouvons-nous aider cet enfant affamé que nous voyons à l’écran ? Comment pouvons-nous nous assurer que des familles ne se ruinent pas pour payer des factures médicales ? Comment pouvons-nous protéger notre vie privée en ligne ? En abordant ces questions, en écoutant différents points de vue et en travaillant dans plusieurs secteurs et régions, des solutions commencent à émerger. C’est la clé de la méthodologie de l’Alliance mondiale : imaginer, dialoguer, agir.
Vous pouvez dès à présent y participer. Nous accueillons toutes les personnes qui considèrent que l’équité, la dignité et le respect sont les fondements d’un avenir plus sûr et plus stable pour nos communautés et notre planète, et tout particulièrement celles qui proposent des solutions et sont prêtes à ancrer ces valeurs dans la vie quotidienne.
Depuis son lancement il y a 100 jours, l’Alliance a suscité l’intérêt de toutes les régions et de tous les secteurs. Quelque 600 organisations différentes, allant des gouvernements et collectivités locales aux groupes de société civile, établissements universitaires, entreprises et individus, ont manifesté leur intérêt. Notre réseau de Villes pour les droits humains s’est rapidement étendu à plus de 120 villes dans le monde. Cinq personnalités de premier plan dans le monde du sport ont été parmi les premiers à apporter leur soutien à l’Alliance. Par ailleurs, 12 jeunes acteurs exceptionnels du changement ont rejoint son groupe consultatif « Youth4Rights ».
Le mouvement existe. L’énergie est bien réelle. L’engagement est là.
Il a désormais un nom et un foyer commun.
Je vous invite à nous rejoindre, en apportant vos idées et votre énergie.
Alliance mondiale pour les droits humains
Volker TÜRK
Haut-commissaire des Nations unies aux Droits de l’homme
