Des partisans des houthis scandent des slogans lors d’un rassemblement hostile à l’Arabie saoudite, sur fond d’escalade avec le royaume, à Sanaa, au Yémen, le 31 juillet 2026. Photo REUTERS/Khaled Abdullah/Archives
Le chef du Conseil présidentiel yéménite, Rachad al-Alimi, a appelé vendredi à une mobilisation générale face aux houthis pro-iraniens, qui ont intensifié leurs attaques contre les forces gouvernementales du Yémen et leur allié saoudien.
« J'appelle les fils de notre grand peuple à s'engager dans la mobilisation générale (...), à se rallier autour de leurs forces armées et de sécurité », a-t-il déclaré dans un discours. Il a tendu la main à tous ceux qui feraient défection dans les rangs houthis pour rejoindre le camp du gouvernement, leur promettant une grâce dans le cadre d'une prochaine amnistie. Après plusieurs années d'accalmie, le Yémen a replongé en juillet dans la guerre, nouveau front du conflit au Moyen-Orient.
Les hostilités opposent les houthis, qui tiennent la capitale Sanaa et le littoral yéménite sur la mer Rouge, au gouvernement reconnu par la communauté internationale, exilé lui à Aden (sud) et contrôlant une grande partie du sud et de l'est - une superficie plus vaste mais moins peuplée.
Le conflit s'est intensifié en septembre lorsque les combattants antigouvernementaux ont lancé une offensive meurtrière, consolidant leur contrôle sur le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, qui relie l'Europe à l'Asie via le canal de Suez. Ils ont aussi instauré un blocus contre la flotte saoudienne et visé des infrastructures pétrolières du royaume, premier exportateur mondial de brut, ainsi que sa capitale Ryad, pour la première fois depuis des années. Malgré des bombardements saoudiens quotidiens et des combats qui se poursuivent sur le terrain, les forces gouvernementales et Ryad n'ont pas réussi à faire reculer les houthis. Et leurs appels à une aide internationale ont pour l'instant été infructueux. Donald Trump s'est entretenu il y a quelques jours avec Rachad al-Alimi mais ne lui a pas promis de soutien militaire, selon l'entourage du responsable yéménite.
D'après le New York Times, le prince héritier Mohammed ben Salmane, dirigeant de fait de l'Arabie saoudite, a également exhorté le président américain à intervenir et à frapper les houthis. En vain pour l'instant. Quant à la Turquie et au Pakistan, liés par un pacte de défense mutuelle avec Riyad, ils n'ont jusqu'à présent pas riposté à l'offensive houthie, même si une rencontre a eu lieu entre les états-majors des trois pays.
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