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Après la contrebande d’armes, des stupéfiants, et des médicaments, c’est au tour de la contrebande d’or de faire parler d’elle au Liban. Un trafic clandestin qui est vraisemblablement favorisé par les failles dans les dispositifs de contrôle à l’Aéroport international de Beyrouth. Dans ce contexte, ce sont les autorités turques qui ont informé leurs homologues libanaises de l’interpellation, dans un aéroport turc, d’un ressortissant libanais, en provenance de Beyrouth, qui était en possession de 10 kilogrammes d’or, indique à L’Orient-Le Jour une source judiciaire. Elle indique que les faits remontent à bien plus d’un an, mais n’ont été portés à la connaissance de la justice libanaise que tout récemment.
À son arrivée en Turquie, le suspect avait emprunté la zone verte réservée aux voyageurs qui n’ont rien à déclarer, alors qu’il aurait dû passer par la ligne rouge. Dans le cadre d’un contrôle de routine, les autorités turques l’avaient intercepté et avaient découvert l’or qu’il transportait. Selon nos informations, les faits avaient été considérés comme une infraction douanière pour non-déclaration de marchandise. L’or avait été confisqué et le voyageur avait dû s’acquitter de droits de douane correspondant au double du montant normalement dû, avant d’être renvoyé à Beyrouth. La source précitée n’a toutefois pas été en mesure d’expliquer pourquoi le prévenu avait été poursuivi pour une simple infraction douanière, et non pour contrebande, alors que la quantité d’or saisie dépassait largement la quantité autorisée.
A l’époque des faits, le contrebandier présumé était retourné à l’Aéroport international de Beyrouth sans être inquiété au Liban. Ce n’est que durant les vacances judiciaires de 2026, dans le cadre de l’entraide entre le Liban et la Turquie, que la justice libanaise a reçu une commission rogatoire de la justice turque qui l’informait du délit et lui demandait de prendre les mesures nécessaires. L’avocate générale près du parquet de cassation, Myrna Kallas, a alors ordonné la comparution du suspect devant la police judiciaire centrale, avant de faire procéder à son arrestation après un interrogatoire au cours duquel il a reconnu avoir fait sortir du pays les dix kilos de métal précieux.
Sac noir et ceinture
L’élargissement de l’enquête a permis de révéler que le suspect n’a pas opéré seul. D’après nos informations, ce dernier a affirmé avoir agi pour le compte d’un individu, H.Kh., qui lui aurait demandé de passer les portiques et les différents points de contrôle de l’aéroport de Beyrouth. Selon sa déposition, un homme devait ensuite le retrouver dans la salle d’attente des voyageurs pour lui remettre la marchandise « dans un sac noir ». Le suspect a décrit cet homme comme étant « vêtu d’un uniforme couleur kaki », tout en affirmant ignorer s’il est affilié à un service sécuritaire, et le cas échéant, lequel (douanes, Sûreté générale…). Il aurait indiqué qu’il s’était rendu dans l’une des toilettes de l’aéroport pour dissimuler l’or - sous forme de lingots de 24 carats - dans une ceinture qu’il avait cachée sous ses vêtements.
La scène de la remise du sac noir n’a pas pu être retrouvée sur les images des caméras de surveillance de l’aéroport, les faits étant anciens et les enregistrements ayant depuis été effacés. À ce stade, l’identité de l’homme en uniforme kaki demeure donc indéterminée. En revanche, H. Kh. a été identifié et fait actuellement l’objet d’un mandat de recherche.
Le suspect a également affirmé que son présumé recruteur lui avait communiqué un mot de passe qu’il devait transmettre à une personne chargée de réceptionner l’or en Turquie. Il a par ailleurs soutenu qu’il s’agissait de la première fois qu’il se livrait à ce type d’opération, et qu’il devait percevoir en échange une somme d’argent. Les investigations auraient toutefois révélé que ses entrées et sorties entre la Turquie et Beyrouth sont multiples.
Au cours de l’enquête menée en Turquie, il avait cependant affirmé que les lingots d’or lui appartenaient et qu’il les avait achetés après avoir vendu deux terrains hérités de sa famille. Il avait alors fait valoir qu’il s’était rendu en Turquie dans l’intention de les vendre et d’investir les fonds ainsi obtenus dans une activité professionnelle.
Les investigations du parquet de cassation ont été achevées. Le dossier devrait parvenir prochainement à la première juge d’instruction du Mont-Liban, Nada el-Asmar. En attendant, selon nos informations, le suspect aurait été relâché sous caution financière.

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