Le ministre syrien des Affaires étrangères Assad el-Chaïbani en compagnie de son homologue libanais Joe Raggi, au Palais Bustros, à Beyrouth. Photo Salah Hijazi / L'Orient-Le Jour
L’info du jour
Beyrouth se préparait mardi à accueillir la plus importante délégation gouvernementale syrienne depuis la chute du régime Assad. Six ministres syriens et plusieurs hauts responsables sont attendus dans la capitale libanaise pour discuter de plusieurs dossiers économiques, dont le développement des services publics et des investissements, entérinant ainsi une nouvelle phase du rapprochement entre les deux pays depuis le renversement en décembre 2024 de la dictature de Bachar el-Assad.
Selon les médias officiels syriens, cette délégation en partance de Damas comprendra les ministres de l’Économie et de l’Industrie, de l’Agriculture, du Tourisme, de l’Éducation, des Transports, ainsi que celui de la Santé, Mossab el-Ali. Participeront également à la délégation, le président de l’Autorité de l’aviation civile et de l’Autorité syrienne de l’investissement, ainsi que le directeur général de la Syrian Petroleum Company, aux côtés d’autres responsables et représentants d’organismes gouvernementaux de premier plan. La délégation doit tenir des réunions élargies sous la présidence du vice-Premier ministre libanais Tarek Mitri, avant des rencontres sectorielles directes entre les ministres syriens et leurs homologues libanais.
Pourquoi c’est important
Après le changement de régime en Syrie, ancienne puissance tutellaire au Liban entre 1976 et 2005, les relations entre Beyrouth et Damas sont entrées dans un nouveau cycle, bien plus apaisé que lors des dernières décennies. Plusieurs visites officielles, en Syrie et au Liban, ont déjà eu lieu depuis début 2025 entre les responsables des deux pays voisins, dont la dernière en date fut celle du ministre des Affaires étrangères syrien, Assad el-Chaïbani, venu pour la deuxième fois au pays du Cèdre en juillet. Cette visite avait donné lieu à la création d’une commission libano-syrienne, appelée « Commission supérieure libano-syrienne conjointe ».
Reste à savoir si cette nouvelle visite débouchera sur des accords concrets ou sur la création d'autres commissions bilatérales chargées du suivi des dossiers en suspens. Un premier accord sur le rapatriement de 300 détenus islamistes syriens incarcérés dans les geôles libanaises avait déjà été conclu en février dernier.
Ce sur quoi il faut garder un œil ce mardi :
Dans ce contexte, le Premier ministre Nawaf Salam devait poursuivre mardi sa tournée diplomatique aux États-Unis en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, à l'heure où la diplomatie libanaise se démène pour préparer une alternative à la Finul, la Force intérimaire de l'ONU au Liban-Sud, dont le mandat expire le 31 décembre 2026, sur fond de bombardements et dynamitages israéliens continus dans le Sud occupé.

Une possible rencontre avec le président iranien Massoud Pezeshkian, en route pour New York pour y rejoindre son ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, pourrait se tenir, d'après les informations du média al-Modon, ce qui serait une première entre les responsables des deux pays depuis de nombreux mois et la reprise de la guerre sur le sol libanais le 2 mars après l'offensive israélo-américaine contre l'Iran du 28 février.
Lors de son entretien lundi avec le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, le Premier ministre a appelé au maintien d'une « présence internationale sous l’égide des Nations unies » dans le sud du pays après le retrait de la Finul ». Comme annoncé à l'issue de la réunion préparatoire de Paris le 17 septembre, une nouvelle conférence internationale consacrée au soutien à l’armée libanaise et aux Forces de sécurité intérieure (FSI) doit se tenir « fin 2026 ou début 2027 ».
Dans le reste de l’actualité :
- L’armée israélienne a continué pendant la nuit ses bombardements et ses destructions quotidiennes à travers la zone d'occupation dans le sud du Liban. Les troupes occupantes ont notamment poursuivi leur destruction méthodique du village côtier de Mansouri, dans le caza de Tyr, où elles ont effectué pas moins de 17 dynamitages pendant la nuit, selon notre correspondant au Liban-Sud Mountasser Abdallah.
- La poursuite de la guerre civile au Yémen entre les forces gouvernementales, soutenues par l'Arabie saoudite, et les rebelles houthis pro-iraniens, ont fait 154 morts ces deux derniers jours, ont indiqué à l'AFP des sources militaires dans les deux camps. L'Arabie saoudite a brièvement émis mardi une alerte de risque d'attaques dans la région de Najran, dans le sud du royaume géographiquement proche du Yémen, la première depuis une rare attaque contre la capitale Riyad samedi. Les ministres des Affaires étrangères du G7 ont par ailleurs exhorté les Houthis à « cesser immédiatement toutes leurs actions militaires, menaces et attaques » contre le transport maritime dans le détroit de Bab el-Mandeb.
- Le ministère libanais des Travaux publics, Fayez Rassamny, a annoncé avoir déposé une plainte devant le parquet général près la Cour de cassation sur les inondations qui ont touché la région de Mkallès, dans l'est de Beyrouth, vendredi dernier. Les routes du secteur avaient été recouvertes de plusieurs dizaines de centimètres d'eau après des averses, présumément en raison d'un chantier en amont, à Mansourié. Chaque année, les pluies automnales provoquent des inondations d'ampleur sur les routes du pays.
- Le ministre de la Justice, Adel Nassar, effectuait une visite à Nabatiyé depuis la matinée, au cours de laquelle il doit notamment se rendre au palais de justice de la ville, dont la périphérie reste régulièrement bombardée par Israël. Il y a deux semaines, après la prise par l'armée israélienne de la colline de Ali Taher, et alors que des habitants avaient exprimé leurs craintes d'une offensive israélienne, les autorités s'étaient engagées à y mobiliser les forces de sécurité et l'armée et à y restaurer les administrations publiques.




