Un religieux iranien assiste à un défilé militaire à Téhéran, en Iran, le 18 septembre 2026. Photo Majid Asgaripour/WANA (West Asia News Agency) via REUTERS.
L’info du jour
Washington et Téhéran ont de nouveau multiplié ces derniers jours les échanges de menaces, sur fond de tensions persistantes autour du détroit d'Ormuz et d'escalade au Yémen. Les invectives les plus récentes ont été lancées lundi matin, lorsque les gardiens de la révolution iraniens ont menacé de viser « de nouvelles cibles », avec « de nouvelles armes », en cas d'attaque des États-Unis sur l'Iran. La puissante force armée iranienne émet régulièrement ce genre d'avertissements depuis le début du conflit au Moyen-Orient, et notamment ces derniers jours. De son côté, le commandement militaire central iranien a souligné que Téhéran fera « goûter à ses adversaires américains, israéliens et alliés le goût amer de nouvelles défaites » en cas d'offensive, selon l’agence de presse officielle iranienne IRNA.
Des mises en garde qui semblent répondre aux menaces du président américain Donald Trump, qui avait évoqué la veille la possibilité de « faire exploser » l’Iran. Le locataire de la Maison-Blanche « est en train de prendre sa décision et de très grandes choses vont se produire dans un avenir assez proche », avait rapporté Fox.
Pourquoi c’est important
Après plus de six mois de guerre entre les États-Unis et l'Iran, les négociations sont dans l'impasse et le conflit s'est désormais étendu au Yémen et à l'Arabie saoudite, après que les houthis ont pris le contrôle du détroit de Bab el-Mandeb. Les échanges de frappes entre les États-Unis et l'Iran se sont de nouveau intensifiés fin août après un mois d'accalmie, notamment dans le stratégique détroit d'Ormuz, même s'ils semblent avoir diminué ces derniers temps. Pendant le week-end, Washington avait averti samedi redouter une « escalade rapide » des hostilités au Moyen-Orient face aux attaques des houthis du Yémen contre l'Arabie saoudite, dont la capitale a été visée pour la première fois depuis des mois par ces combattants pro-iraniens.
Ce sur quoi il faut garder un oeil ce lundi :
- Au lendemain d’un week-end sous tension au Liban-Sud, l’armée israélienne s’est acharnée lundi à l’aube sur cette région, y menant une série de frappes israéliennes, notamment sur la région de Nabatiyé et la vallée de Zebqine, dans le caza de Tyr. Des bombardements suivis de tirs constants d'artillerie et mitrailleuse sur plusieurs secteurs de la zone frontalière, et d'une incursion à la périphérie du village, toujours habité, de Kfarchouba, à la lisière de la « zone tampon » occupée par Israël.
- Alors que les attaques israéliennes se poursuivent, le chef de la diplomatie libanaise, Joe Raggi, a de nouveau défendu le processus de négociations avec Israël sous égide américaine, qui piétine depuis plusieurs semaines, tout en reconnaissant qu’il était « long et complexe ». Le dernier cycle de négociations, prévu début septembre, a été reporté à octobre. Il a insisté sur le fait qu’« il n’existe d’autre choix que la négociation pour mettre fin à l’occupation israélienne » dans le Sud qui s'étend sur une superficie de plus de 600 km2 soumise à des raids quotidiens, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis juin. Reçu à Baabda, le député Alain Aoun a, lui, estimé que la réussite du processus mené par le président libanais Joseph Aoun pour mettre fin à la guerre nécessitait l'adhésion de « tous les Libanais » au processus visant à assurer le monopole des armes par l’État. Il a appelé le Hezbollah, dont le désarmement, parallèlement au retrait israélien du Sud, est prévu par l’accord-cadre conclu en juin entre le Liban et Israël, à se rendre à Baabda et à ouvrir un dialogue avec le président afin de convenir d’une « feuille de route ».
Dans le reste de l’actualité :
- Des tirs visant un café dans le secteur de Cola, dans le sud de Beyrouth, ont fait plusieurs blessés, un incident qui a lieu deux semaines après le meurtre d'un responsable du courant du Futur à Bourj Abi Haïdar. Une fusillade qui a fait réagir le député Ibrahim Mneimné qui a appelé le gouvernement à présenter « un plan clair » pour rétablir la sécurité, lutter contre les armes incontrôlées et en réserver le monopole à l’État, alors qu'un appel avait été lancé il y a plusieurs mois pour faire de Beyrouth une « ville sans armes ».
- Dans un contexte de hausse de l’inflation, alimentée notamment par l’augmentation des prix des carburants en raison du conflit régional, le président de la Confédération générale des travailleurs du Liban (CGTL), Béchara Asmar, réunit le bureau exécutif de la Confédération pour examiner la flambée des prix et la question des salaires.
- Ce matin une série d'explosions sur un site militaire près d’Alep, dans le nord de la Syrie, a fait quatre blessés. Il s'agit du quatrième épisode impliquant des explosions en moins d'un mois dans ce pays qui a connu une longue guerre civile à partir de 2011.


