Des soldats libanais déployés à la périphérie de Deir Mimas, dans le secteur est au Liban-Sud, le 18 septembre 2026. Photo AFP
Un face-à-face tendu a opposé vendredi les armées libanaise et israélienne au Liban-Sud, près de Deir Mimas, dans le secteur est. Une situation qui s'est clôturée par une désescalade, mais qui a plongé les habitants du village, toujours habité bien qu'il se situe dans la « zone tampon » imposée par Israël, dans plusieurs heures de tensions et de panique.
Cet incident est survenu au lendemain d'une réunion à Paris, qui a rassemblé des responsables militaires d'une quinzaine de pays, afin de mobiliser des aides internationales pour l'armée libanaise, chargée de se déployer dans le Sud et de désarmer le Hezbollah mais dont la lenteur d'action est critiquée par les autorités israéliennes.
La situation s'est envenimée, selon les sources locales de notre correspondant dans le Sud, Mountasser Abdallah, lorsque l'armée israélienne a établi un nouveau point de contrôle à l'entrée nord de Deir Mimas, sur une route secondaire menant vers la station-service Morcos, au niveau du carrefour reliant Kfar Tebnit-Deir Mimas et Bourj el-Mlouk. Ce déploiement, au moyen de deux véhicules de type Humvee n'aurait pas été préalablement coordonné avec les Israéliens, qui ont en outre estimé, selon certains médias locaux, que le nouveau poste était érigé au delà de la « Ligne jaune » qui délimite de facto la zone d'occupation israélienne, sans toutefois être balisée.
Retraits libanais et israélien de Deir Mimas
Des véhicules blindés israéliens ont alors avancé en direction de Deir Mimas et ont forcé l'armée libanaise à se retirer de cette nouvelle position. Les soldats libanais ont reculé de plusieurs dizaines de mètres, tout en restant face aux forces israéliennes, et l'armée a envoyé des renforts. Ces mouvements ont provoqué des insultes et menaces de la part des militaires israéliens, qui ont également tiré des grenades assourdissantes en direction des Libanais.
L’armée libanaise s’est alors retirée des abords du village et s’est repositionnée le long de la route principale menant à Bourj el-Mlouk. Les forces israéliennes ont, elles, fouillé plusieurs maisons situées dans les alentours de la position avant de se replier vers la colline de Tell el-Nahas, où elles ont une position en territoire libanais occupé. Selon les sources locales, des contacts ont été engagés afin de régler le différend et d’empêcher qu'il ne dégénère. L’armée libanaise n’a pas immédiatement répondu aux sollicitations de L’Orient-Le Jour concernant les tensions. Tout au long de cet incident, les habitants du village sont restés terrés chez eux, sans pouvoir rentrer ni sortir de la localité. Certains d'entre eux ont confié à notre correspondant avoir eu l'impression que Deir Mimas était « assiégée ». Dans la nuit, l’aviation israélienne avait mené une série de raids dans la région de Marjeyoun, visant Wadi Slouki, Qantara, Bani Hayyan et Talloussé.
Trois blessés à Chakra
Par ailleurs, des tirs d’artillerie israéliens ont visé dans la journée le secteur de Wadi Nahlé, à la périphérie de Chakra (Bint Jbeil), blessant trois civils, dont l'un grièvement, rapporte notre correspondant. Dans la même région, dans la matinée, une avancée de huit véhicules militaires israéliens et des tirs d'artillerie avaient été signalés au niveau de la périphérie de Haris, également à la lisière de la « zone tampon ». Ces blindés s'étaient retirés de la zone après avoir « effrayé » des habitants qui s'y trouvaient, selon les informations obtenues de sources locales. Dans le village voisin de Haddatha, d’intenses tirs d’artillerie ont visé plusieurs habitations, provoquant un incendie.
Dans le caza de Tyr, l’armée israélienne a continué ses attaques sur Mansouri, village côtier où les forces occupantes mènent des opérations quasi-quotidiennes ces dernières semaines. Le village coupé en deux par la « Ligne jaune », qui délimite les zones occupées par Israël dans le Sud, avait déjà été pris pour cible durant la nuit par des tirs d’artillerie continus. Après minuit, un hélicoptère Apache israélien a effectué des tirs de ratissage sur le village, audibles jusque dans les localités voisines, tandis que des dizaines d’obus se sont abattus sur plusieurs de ses quartiers.
Des tirs d’artillerie ont par ailleurs visé les hauteurs de Ali Taher et les abords de Kfar Tebnit (Nabatiyé). Les forces israéliennes ont en outre procédé à une explosion à Meis el-Jabal (Bint Jbeil). Dans la nuit, elles avaient déjà dynamité des bâtiments aux abords de Kounine et de Beit Yahoun, dans le même caza.
Les attaques israéliennes dans le Sud, et les discussions tenues la veille sur le soutien international à l'armée libanaise, ont en outre été évoqués lors d'un entretien entre le président Joseph Aoun, rentré jeudi soir de Paris, et le Premier ministre, Nawaf Salam.

