Le bâtiment de la Réserve fédérale américaine à Washington, le 1er mai 2020. Photo d’archives Kevin LAMARQUE / Reuters
La plupart des marchés actions étaient en hausse jeudi après que la Réserve fédérale américaine a relevé ses taux d’intérêt pour la première fois en trois ans, renforçant les paris sur une nouvelle hausse des taux dans un contexte d’inflation galopante.
Le sentiment des investisseurs a également été soutenu par l’espoir d’une hausse de l’offre de pétrole saoudien, après que le royaume a entrepris de rétablir une partie de ses capacités de production à partir d’un oléoduc fermé durant le week-end à la suite d’attaques de drones.
À l’unanimité, la Fed a relevé ses taux directeurs pour la première fois depuis 2023, défiant les appels du président Donald Trump en faveur de baisses de taux, alors que le patron de la Fed Kevin Warsh a souligné la nécessité de lutter contre une inflation qui est restée « trop élevée » pendant « trop longtemps ». Les taux ont ainsi été augmentés d’un quart de point pour atteindre une fourchette comprise entre 3,75 % et 4 %.
« Nous avons retiré une dose de soutien monétaire afin que les conditions financières et de crédit soient davantage conformes à nos objectifs finaux », a déclaré Kevin Warsh après l’annonce.
« La décision prise aujourd’hui commence à montrer que nous prenons cette question au sérieux et que nous atteindrons notre objectif de stabilité des prix. »
La décision a été annoncée parallèlement à la publication d’un graphique montrant que la grande majorité des responsables de la Fed estimaient qu’au moins une nouvelle hausse des taux serait probablement nécessaire avant la fin de l’année.
Les traders estiment désormais à 50 % la probabilité d’une hausse des taux en octobre.
« Rapidement »
La décision n’a, sans surprise, pas réjoui le président américain.
Donald Trump a réclamé que les taux d’intérêt baissent « RAPIDEMENT », dans un message sur sa plateforme Truth Social. Il les voudrait à « 1 %, ou moins ».
Il a aussi accusé le conseil de la Fed, qu’il juge « hostile », d’avoir relevé les taux pour des « raisons politiques » et pour lui « nuire autant que possible ».
Le locataire de la Maison-Blanche s’est néanmoins gardé d’attaquer personnellement Kevin Warsh, qu’il a lui-même désigné cette année, après avoir agoni d’injures le précédent patron de la Fed, Jerome Powell.
Les prix ont encore progressé de 3,7% sur un an en juillet aux Etats-Unis, selon l'indice PCE de référence. Or, depuis, l'essence s'est fortement renchérie.
Kevin Warsh a succédé à Jérôme Powell en mai dernier.
