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Nos lecteurs ont la parole

Abolition de la peine de mort oui... et...

Quelle fierté pour le Liban d’avoir franchi cette barrière infranchissable dans notre région. Nos convictions sont profondément ancrées autour de la nécessité d’assurer la sécurité par la peur et le prétendu pouvoir dissuasif de l’exemple.

Oui, le Liban peut s’enorgueillir d’avoir rejoint le camp, qui est naturellement le sien, des pays les plus avancés humainement et démocratiquement.

Cela ne peut être considéré comme un simple geste médiatique de rattrapage civilisationnel, c’est un nouvel ancrage philosophique moral et humaniste.

Il nous suffit d’écouter Robert Badinter dont le discours « plaidoirie » devant l’Assemblée nationale française reste la référence dans la défense de ce choix fondamental.

« La justice humaine est faillible, donc moralement problématique. » La justice n’est pas la vengeance, l’État ne doit pas reproduire la violence qu’il condamne. « La gravité du crime ne doit pas déterminer le niveau moral de la justice. » « La grandeur d’une nation tient aussi aux idées qu’elle porte. »

Il ressort clairement que cette décision relève du champ des valeurs fondamentales, de la démocratie et de la morale, et nous sommes bien au-delà du pur effet cosmétique ou médiatique, ce qui m’amène à ces deux réserves.

D’abord, le texte de loi tel que voté par le Parlement prévoit une peine de remplacement qui se traduit par une perpétuité incompressible, ce qui revient à autoriser une autre forme de mort incompatible avec les principes évoqués. J’ose espérer que cela ne serait qu’une étape qui, en désacralisant le sujet, pourra ouvrir la voie à son évolution.

Ensuite, et toujours en cohérence avec tout ce qui précède, le pays ne peut plus dorénavant extrader vers des pays qui continuent d’appliquer la peine de mort. Je suis conscient des difficultés diplomatiques régionales qui en découlent et que probablement le temps et la pratique finiront par en venir à bout, mais la souveraineté s’exerce aussi dans le domaine des valeurs.

En attendant, ne boudons pas notre fierté d’avoir franchi ce premier pas et continuons d’espérer dans l’évolution des consciences et perceptions.

Ibrahim HANNA EL-DAHER

Ancien ministre

Les textes publiés dans le cadre de la rubrique « Courrier » n’engagent que leurs auteurs. Dans cet espace, « L’Orient-Le Jour » offre à ses lecteurs l’opportunité d’exprimer leurs idées, leurs commentaires et leurs réflexions sur divers sujets, à condition que les propos ne soient ni diffamatoires, ni injurieux, ni racistes.

Quelle fierté pour le Liban d’avoir franchi cette barrière infranchissable dans notre région. Nos convictions sont profondément ancrées autour de la nécessité d’assurer la sécurité par la peur et le prétendu pouvoir dissuasif de l’exemple.Oui, le Liban peut s’enorgueillir d’avoir rejoint le camp, qui est naturellement le sien, des pays les plus avancés humainement et démocratiquement.Cela ne peut être considéré comme un simple geste médiatique de rattrapage civilisationnel, c’est un nouvel ancrage philosophique moral et humaniste.Il nous suffit d’écouter Robert Badinter dont le discours « plaidoirie » devant l’Assemblée nationale française reste la référence dans la défense de ce choix fondamental.« La justice humaine est faillible, donc moralement problématique. » La justice...
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