Le président de la FIFA, Gianni Infantino, à l'hôtel Fairmont de Hanoï avant le match retour de la finale de la Coupe de l'ASEAN 2026 opposant le Vietnam à la Thaïlande, le 26 août 2026. Photo Thinh Nguyen/Reuters
La Fédération néerlandaise de football (KNVB) a appelé dimanche à la tenue d'un sommet international à Amsterdam, sans Gianni Infantino, pour discuter d'une réforme profonde de la gouvernance de la FIFA.
Dans un communiqué, la KNVB affirme que l'instance mondiale a besoin « d'un nouveau leadership à partir de 2027 », tout en soulignant qu’un changement de président ne suffira pas.
La fédération, qui avait soutenu Infantino lors de sa dernière ré-élection en 2023, dit avoir fondé à l'époque son appui sur des engagements en matière de bonne gouvernance, de droits humains, de durabilité et de coopération internationale. « Nous avons désormais atteint un point où notre confiance est perdue », écrit-elle, dénonçant une concentration excessive du pouvoir autour du président et une séparation insuffisante entre celui-ci et l'administration de la FIFA.
La KNVB estime que le processus entourant le projet FIFA Forward Enterprise, désormais retiré, qui prévoyait de privatiser les droits commerciaux des compétitions de la FIFA, a constitué un « tournant » dans sa relation avec Infantino, naturalisé Libanais en février.
Depuis la fin du Mondial-2026 de football, qui s'est tenu cet été en Amérique du nord, le patron de la FIFA fait l'objet d'un vent de contestation sans précédent depuis sa prise de pouvoir en 2015. Plusieurs confédérations, dont celles d'Europe et d'Asie, ont ouvertement appelé à sa démission et au boycott des compétitions de la FIFA, dont la Coupe du monde.
De son côté, la Fédération néerlandaise appelle désormais à un débat plus large sur la structure même de la FIFA avant d'aborder la question de son futur dirigeant. « Il faut d'abord déterminer le type de FIFA dont le football international a besoin », souligne-t-elle.
Celle-ci plaide pour une organisation « forte et crédible », dotée d'une gouvernance renforcée, d'une transparence accrue et d'un contrôle indépendant. Elle souhaite que les droits humains, la durabilité et la lutte contre le racisme et les discriminations deviennent des éléments centraux des décisions de la FIFA, et que l'instance réinvestisse une part plus importante de ses revenus dans le développement du football mondial.
Pour lancer cette réflexion, la KNVB propose d'accueillir à Amsterdam un sommet réunissant fédérations nationales et confédérations de tous les continents. « En tant que membre fondateur de la FIFA, nous avons une responsabilité particulière », affirme-t-elle, disant vouloir agir « comme acteur à part entière de la communauté internationale du football ».
La Fédération néerlandaise résume sa démarche en deux étapes : « d'abord définir la FIFA que nous voulons, puis identifier le leadership capable de la mettre en oeuvre ».

